21 novembre 2005

Bonne nouvelle de Tunis

Le lamentable Sommet mondial sur la société de l’information a finalement accouché d'une bonne nouvelle : l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) conserve le "contrôle" du Réseau. Reporters sans frontières avait, d'ailleurs, bien résumé le risque couru :

 

La Chine, Cuba et les pays les plus répressifs de la planète cherchent à attribuer la régulation du Réseau à une organisation supranationale indépendante, entendez l’ONU. Or, lorsque l’on connaît l’incurie de cette organisation en matière de droits de l’homme - rappelons que sa commission ad hoc a récemment été présidée par la Libye -, l’idée fait froid dans le dos. Souhaite-t-on vraiment que les pays qui censurent le Net et emprisonnent les internautes se mettent à réguler la circulation de l’information sur le Réseau ? Le simple fait d’organiser ce sommet en Tunisie, un État où le Président et sa famille contrôlent la presse et Internet d’une main de fer, démontre que la liberté d’expression n’est pas considérée comme un thème central du SMSI. Pourtant, dans toutes les dictatures de la planète, c’est aussi sur le Web que se diffusent désormais les informations indépendantes, celles qui échappent à la censure. Considérer le Réseau du seul point de vue technique, et ainsi décider que l’Iran et le Viêt-nam devraient participer à sa gestion au niveau mondial, est une erreur qui pourrait coûter cher à des centaines de millions d’internautes.

 

La bataille pour la gouvernance du Réseau est momentanément achevée (sans aucun doute, le débat sera rouvert prochainement) avec le maintien du système en vigueur. On ne peut que s'en réjouir. Tout d'abord, parce que le modèle actuel est efficace et parce que rien ne justifie un changement pour des motifs d'efficacité dans la gestion. Mais aussi parce que, et c'est la le point essentiel, jusqu'à présent l'ICANN s'est cantonné aux seuls questions techniques. De fait, il s'agit bien d'un organisme de gestion et non  de "contrôle" ou de "gouvernement".

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