22 novembre 2005
Une nouvelle région pétrolifère : l'Alberta
De fait, Fort McMurray, un véritable trou perdu, est devenu le centre d'intérêt des grandes compagnies pétrolières. La population locale a doublé en dix ans pour atteindre les 61.000 habitants, sans compter 11.000 autres travailleurs vivant dans des hôtels ou des campings. On s'attend à voir la population croître jusqu'à 100.000 habitants en 2010. Mais on écarte l'hypothèse selon laquelle, la fièvre de l'or noir passée, la localité se transformerait en ville fantôme. En effet, on estime que les ressources énergétiques de l'Alberta auront un poids significatif dans le PIB et les exportations canadiennes pour les 50 ou 100 prochaines années.
Les sables asphaltiques occupent une aire équivalente à la Floride et contiennent des réserves estimées à 175 milliards de barils de pétrole, seulement dépassées par celles de l'Arabie saoudite. Ces sables forment une strate de 6 à 10 mètres d'épaisseur qui permettent l'extraction à ciel ouvert. Deux tonnes produisent 1,25 baril de bitume et un baril de brut. Le bitume est traité pour le transformer également en brut envoyé au raffinage. Actuellement, est produit un million de barils quotidiennement, mais on prévoit de tripler ce chiffre pour l'année 2015. Le processus d'extraction devient rentable avec un baril à 20 dollars, ce qui laisse entrevoir un futur assuré. Signe qui ne trompe pas : en plus des compagnies pétrolières nord-américaines, des compagnies chinoises ont commencé à investir dans la région.
L'État d'Alberta pourrait ainsi se transformer en une espèce de Norvège, mais en termes libéraux. L'État a pu payer sa dette avec les bénéfices du gaz et du pétrole et peut compter sur un excédent budgétaire à long, très long terme. Mieux, l'Alberta est l'unique État du Canada sans TVA et qui possède le plus bas taux d'imposition sur les revenus du pays. Cette année, chaque résident recevra un "bon de prospérité" de 400 dollars canadiens (quelques 300 euros). Un authentique pays des merveilles. Bien que les températures descendent jusqu'à 40° en dessous de zéro en hiver et que - une fois vues les aurores boréales - la ville offre peu de distraction, à part le Boomtown Casino.
10:35 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ECONOMIE



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