« Sombres nuages au-dessus de la Nouvelle-Orléans | Page d'accueil | Infortunée Bolivie »
10 mai 2006
La pauvreté relative du Québec
Selon l’Institut économique de Montréal, le Québec est non seulement moins riche que ses voisins mais, contrairement à une idée répandue, il n’est pas plus égalitaire non plus. Si certains indicateurs pourraient laisser croire que le niveau de vie des Québécois est comparable à celui des Ontariens, l’économiste Norma Kozhaya estime qu’ils doivent être pris avec un grain de sel puisqu’ils sont contrebalancés par d'autres données plus objectives selon lesquelles le Québec fait beaucoup moins bonne figure :
- Le Québec a toujours le taux de chômage le plus élevé des provinces canadiennes à l'exclusion de trois des provinces atlantiques, soit 8,5% en mars 2006, contre 6,3% pour le Canada et 6,1% en Ontario.
- En 2005, 6,8% de la population québécoise était bénéficiaire d'aide sociale, la moyenne canadienne étant de 5,2% et le niveau ontarien de 5,4%.
- La valeur nette des ménages québécois (leurs avoirs moins leurs dettes) était de 61.300$ en 1999 contre 101.400$ en Ontario. Ces résultats sont influencés par le fait que les Québécois ont beaucoup plus tendance à être locataires que propriétaires de leur logement.
De plus, le Québec est moins performant que les autres provinces au chapitre de la productivité par travailleur et de la productivité par heure travaillée. Or, sans hausse de productivité il ne peut y avoir de croissance du niveau de vie. Pour Norma Kozhaya :
Tous ces indicateurs se fondent sur des mesures beaucoup plus objectives que celui du niveau de vie provincial ajusté au coût de la vie dans les grandes villes, et classent indéniablement le Québec plus bas sur l’échelle comparativement à l’Ontario et à la moyenne canadienne. Ils reflètent une performance économique relativement faible. Il est en effet impossible de maintenir un niveau de vie aussi élevé que celui de nos voisins à moins d’avoir une productivité qui croît au moins aussi vite que la leur. Par ailleurs, le nombre systématiquement plus élevé de chômeurs, d’assistés sociaux, et de ménages locataires au Québec est un indice clair du fait que le niveau de vie en général y est moins élevé que dans les autres provinces riches.
Aux groupes qui prétendent que ces chiffres ne rendent pas compte du fait que le Québec est une société où la richesse est mieux répartie, Kozhaya rétorque que le ratio de ménages dont le revenu est insuffisant pour répondre aux besoins essentiels est de 12% au Québec, un taux à peine inférieur à la moyenne canadienne (13%) mais légèrement supérieur à celui de l'Ontario (11%). Finalement, selon Norma Kozhaya, l’argument selon lequel le Québec est une société plus égalitaire que le reste du Canada ne tient donc pas la route :
De plus, le Québec compte relativement moins de riches, la proportion de contribuables gagnant des revenus
de 100.000$ et plus se situant à 2,2%, contre 4% en Ontario. Que les Québécois soient ou non plus solidaires, avoir moins de riches signifie qu’il y a de toute façon moins de richesse à redistribuer.
08:25 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique
Commentaires
L'entêtement québecois à parler français n'arrange rien.
Ecrit par : Wallace | 10 mai 2006
Euh... tu voulais sans doute dire : "L'entêtement québecois à NE parler QUE français..." ?
Ecrit par : Lucilio | 11 mai 2006



