13 juin 2006

Daniel Ortega ou le passé criminel à la poursuite de l'idole déchue

Dans les années '80, les espoirs des gauchistes latino-américains, et par delà, ceux du monde entier, reposaient sur la « révolution sandiniste », qui prenait le même chemin de roses qui mena à la tyrannie castriste, avec un leader, Daniel Ortega, qui adorait, à l'instar de Fidel Castro, se pavaner en uniforme vert olive. Les Nicaraguayens donnèrent une leçon au monde, en expulsant par la voie pacifique ces apprentis dictateurs, et continuent, encore aujourd'hui, en traînant Daniel Ortega devant les tribunaux pour l'assassinat en masse d'indiens miskitos. La plainte, présentée devant le procureur général du Nicaragua par l'organisation non gouvernementale Comisión Permanente de Derechos Humanos (CPDH), concerne également Humberto Ortega, frère de Daniel Ortega et ancien chef de l'armée sandiniste, Tomás Borge, ancien Ministre de l'Intérieur et député sandiniste,  Lenín [!] Cerna, ancien chef de la Sécurité d'État sandiniste, Omar Cabezas, actuel procureur des Droits de l'Homme du Nicaragua [!] et d'autres membres des forces armées. De manière plus concrète, la plainte déposée par la Commission permanente de Droits de l'Homme nicaraguayenne se porte sur l'épisode connu sous le nom de « Noël rouge », une opération réalisée par l'armée sandiniste qui se solda par l'expulsion de 8.500 indigènes de leurs habitat, logé sur les rives de la rivière Coco (frontière avec le Honduras), et vise plus précisément 64 cas d'assassinats, 13 de tortures et 15 disparitions.

Le régime sandiniste réprima brutalement les 150.000 indiens (miskitos, sumus, ramas, criollos, ladinos, etc.) qui vivaient sur la côte atlantique du Nicaragua et qui jouissaient d'une large autonomie (exemption d'impôts et du service militaire) héritée de l'époque coloniale et qui se résistaient à entrer dans le nouveau cadre politique. En octobre 1979, le dirigeant d'une des premières organisations indianistes miskitos, l’Alliance pour le progrès des Miskitos et des Sumus, était assassiné deux mois après son arrestation. En 1981, ce sont les dirigeants d'une autre organisation, Misurasata, qui sont arrêtés. Des milliers d'indiens furent emprisonnés, des centaines furent assassinés, d'autres encore étaient abattus alors qu'ils fuyaient la dictature socialiste en traversant la rivière Coco en direction du Honduras. Le Ministre de l'Intérieur, le maoïste Tomás Borge, avait prévenu : « La révolution ne peut tolérer d'exception. » En 1982, dans le plus pur style stalinien, la dictature sandiniste commença à déporter les populations indigènes sous prétexte de les « protéger contre les incursions des forces armées honduriennes ». Les communautés indigènes, regroupées dans le centre du pays recevaient une quantité limitée de nourriture ; la famine - classique procédé totalitaire - devenait une arme mortelle entre les mains du régime sandiniste. Si l'on ajoute les destructions systématiques des habitats indiens et les abus de pouvoir qui caractérisèrent cette dictature parrainée par le sanguinaire Castro, on se trouvait bien en face d'un régime qui, selon l'ethnologue Gilles Bataillon, pratiquait une « politique ethnocide ».

Commentaires

Pour votre information, l'ambassade de France à Managua vient de recevoir en grande pompe l'inénarrable Ignacio Ramonet, qui a sans doute profité de l'occasion pour aller saluer son pote Ortega.

http://www.ambafrance-ni.org/fr/actualites/dosfrnic/ignacioramonet/index.html

quelle honte...

Pour ceux qui ne visionnent pas bien le genre d'oiseau qui encadre ce torchon qu'est le monde diplo : http://francelatine.over-blog.com/article-2760783.html

A rajouter au catalogue d'infâmies que cautionne notre pauvre pays la France, gouvernée par l'UMP...

Ecrit par : phiconvers | 13 juin 2006

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