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15 juin 2006
L'État compatissant et solidaire
Tout le monde sait que les entreprises privées sont des monstres d'égoïsme et d'avarice. Et, bien sûr, les institutions et fonctionnaires publics ne sont qu'à un pas de la sainteté. Ils sont seulement trop humbles pour qu'on leur élève des autels.
Or donc, il semblerait que l'on se trompe un tantinet. Il y a moins de quinze ans, les Travaillistes britanniques militaient en faveur de l'abolition de la médecine privée en Grande-Bretagne, car il était « immoral » que quelqu'un puisse obtenir de meilleurs soins qu'un autre. Maintenant qu'ils sont au pouvoir, nous découvrons des cas comme celui-ci : Le Service national de Santé britannique a refusé à Jane Hewitt, atteinte du cancer, un médicament, l'Herceptin, bien que son oncologue l'ait décrite comme la patiente idéale pour ce remède. Si Jane Hewitt veut être traitée, elle devra débourser la bagatelle de 27.000£.
Le fonctionnaire qui refusa le traitement déclara qu'il serait « injuste » de lui fournir un tel médicament, bien qu'il n'expliqua jamais en quoi consistait cette « injustice ». Jane Hewitt a payé toute sa vie des milliers de livres sterling à l'État britannique pour pouvoir recevoir les soins médicaux nécessaires quand elle en aurait besoin. Mais à l'heure de vérité, un fonctionnaire les lui refuse. Et on se pose la question : Permettrait-on qu'une assurance privée fasse de même ?
09:30 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, État, Soins médicaux, NHS
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Commentaires
1/ Le privé pratique régulièrement ce genre de discrimination : tu paies selon tes moyens et tu reçois selon ce que tu paies. Il y a bel et bien différence de traitement en fonction des ressources financières.
2/Ici, le NHS refuse de faire une entorse considérée comme irrationnelle. Nous ignorons les motivations de ce raisonnement. En revanche, la patiente n'est pas victime d'une exception. Elle est victime, à la limite, d'un refus du NHS de faire exception. Il n'y a pas défection arbitraire de l'assurance publique.
3/ Alors il convient de se demander pourquoi le NHS ne prend pas systématiquement en charge pareil cas de figure...
Ecrit par : Quifaitquoi | 19 juin 2006
"Le privé pratique régulièrement ce genre de discrimination..."
Touit d'abord,s le privé n'a pas le monopole de la santé comme en Grande-Bretagne. Ensuite, le privé ne fait aucune "discrimination", il prévient à l'avance des riques qu'il ne couvre pas. Le privé prévoit de couvrir tous les risques en fonction de primes plus élevées. Ici, nous avons à faire avec un monopole étatique qui refuse de soigner quelqu'un qui ne peut pourtant s'adresser ailleurs (puisqu'elle doit obligatoirement cotiser au NHS).
"...le NHS refuse de faire une entorse considérée comme irrationnelle."
Refuser de soigner quelqu'un atteint d'un cancer est une "entorse irrationnelle" ? Admirons le caractère humanitaire de nos bons étatistes.
"Nous ignorons les motivations de ce raisonnement."
Évidemment, le fonctionnaire n'a pas besoin d'expliquer pourquoi il envoie à la mort une personne atteinte du cancer.
"En revanche, la patiente n'est pas victime d'une exception."
Splendide, c'est donc une règle du NHS de refuser d'accorder des soins aux personnes atteintes d'un cancer qui peut être traité.
"Alors il convient de se demander pourquoi le NHS ne prend pas systématiquement en charge pareil cas de figure..."
Pour un raison très simple : le NHS n'a plus les moyens ; comme dans toute administration publique, l'argent est englouti en frais de fonctionnement et il ne reste plus rien pour soigner les malades. Or les Britanniques se font spoliés toutes les années de milliers de livres sterling qui leur permettraient, si la santé n'était pas un monopole étatique en Grande-Bretagne, de souscrire des assurances-maladies privées qui pourraient couvrir prersque tous les cas de figures.
Ecrit par : Lucilio | 20 juin 2006
"Splendide, c'est donc une règle du NHS de refuser d'accorder des soins aux personnes atteintes d'un cancer qui peut être traité."
Est-ce que le système de soins 100% privé soigne chacun selon ses besoins indépendamment de ses moyens (le montant de sa cotisation auprès de son assureur) ?
Ecrit par : Quifaitquoi | 25 juin 2006



