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30 juin 2006
Captain Copyright
Intéressant post de Johan Norberg qui répond à une demande qui lui est faite de devenir, à la mode canadienne, un Captain Copyright qui explique aux enfants les droits de propriété intellectuelle. Entre parenthèses, espérons qu'il existe quelque part un General Property qui, lui, expliquerait le caractère sacré du droit de propriété tout court.
De fait, cette question du droit de propriété intellectuelle est des plus complexes et les libéraux sont loin d'être sur la même longueur d'onde à ce sujet. En effet, d'un côté, il y a le respect du droit de propriété sans lequel il n'y a pas de liberté. De l'autre côté se pose la question de la légitimité de ce droit de propriété intellectuelle, de son caractère raisonnable et de savoir s'il conduit à une plus grande fécondité intellectuelle ou artistique. Un argument utilitariste : le monde a parfaitement fonctionné durant des millénaires sans droit de propriété intellectuelle.
Many ask me what I think about copyrights in general and the activity of The Pirate Bay in particular, and recently, Joel Malmqvist, a young Swedish social democrat, urged me to become Sweden's Captain Copyright, who explains the benefit of intellectual property rights for the kids.
The reason why I have not been much engaged in this discussion is that it's a difficult one, where I think that both sides make mistakes, and since I try to learn more about it before I become involved, at least as a dressed-up super hero in defence of IPRs. In fact this is a big discussion in liberal/libertarian circles, where the whole spectrum of opinions exists, and where a small, but well-articulated minority does not see any similarities between physical and intellectual property rights, and wants to abolish the latter.
Here is a sketch of my own view so far:
I am in favour of intellectual property rights for both moral and practical reasons, just like physical property rights. Morally it is a way to recognize and the creator of new values and protect his rights to it, practically it is an incentive for more production and creativity. With patents and copyrights there are more shades of grey, it's not easy to say exactly what deserves protection and for how long. But a grey area does not rule out that there is black and white on both sides of it.
If someone sells me a DVD or a CD on a specific condition – for example that I am not allowed to distribute it to others – then this restriction is a result of freedom of contract. If I don't agree to those terms, I shouldn't buy them, I don't have a right to pretend that I agree and then break the conditions afterwards.
And I don't agree at all with the idea that this is suddenly less interesting and legitimate because technology makes it easier to spread and use ideas and creations of others, quite the opposite. As the cost of physical production keeps approaching zero, the ideas, science and knowledge that goes into them become the important and valuable aspect of our economy. A system that does not protect rights to that will not do well.
Contre le droit de propriété intellectuelle, un point de vue libertarien par N. Stephan Kinsella : « Against Intellectual Property ».
15:15 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Copyright, Propriété intellectuelle, Norberg
L'incroyable succès de McDonald’s en France
C'est la revanche de l'Histoire. Or donc, après les États-Unis, la France est le pays où McDonald’s gagne le plus d'argent. Surprenant ? Ce n'est pas vain que politiciens, intellectuels, cinéastes, musiciens et autres proclament à qui veut les entendre la supériorité de l'exceptionnelle culture française et l'insignifiance de l'américaine.
Le Français Denis Hennequin est le plus haut responsable de McDonald’s en Europe, où la multinationale américaine possède 6.276 restaurants en Europe. La France en possède 1.035 et se trouve en troisième position derrière la Grande-Bretagne et l'Allemagne. Selon Hennequin, les Français détestent en théorie tout ce qui est nord-américain, mais dans la pratique, apprécient sa nourriture, ses films, sa musique, ses programmes de télévision. Ainsi les Français se sont rapidement habitués aux McDonald’s, malgré la sophistiquée cuisine française, parce ceux-ci sont rapides et offrent un bon rapport qualité/prix, en plus d'être appropriés aux enfants, ce qui n'est pas vraiment le cas du restaurant français traditionnel.
Qu'il est loin José Bové, l'icône des globalophobes, qui faisait les premières pages des journaux en détruisant un Mcdonald's. Pour qui il ne s'agissait pas d'un problème de haine vis-à-vis des calories, mais de patriotisme. Car le restaurant yankee, avec ses emblématiques arches jaunes, était une menace pour l'identité française. Son attitude n'était pas excentrique : peu avant, et pour de pareilles raisons, Jack Lang, ministre de la Kultur, avait déclaré la guerre au cinéma nord-américain avec une passion similaire à celle que la poussiéreuse Académie française mettait à combattre les anglicismes qui « envahissent » la langue.
Aux États-Unis, curieusement, on a une autre vision, beaucoup plus intelligente, des influences étrangères. Il est vrai que musclé entrepreneur nord-américain, au grand dam des anti-mondialistes, a créé au Mexique 300 franchises de Mcdonald's, mais, dans le même temps, sans que cela ne soulève aucune protestation, aux États-Unis virent le jour plus de 6.000 Taco Bell qui servent une version apocryphe et moins piquante de la cuisine populaire mexicaine. Simultanément, fleurirent les chaînes de nourriture japonaise, chinoise, vietnamienne, italienne ou de quelque autre endroit de la planète qui avait quelque chose à offrir à l'infatigable palais américain.
Le paradoxe est que, pendant que la moitié du monde lutte contre l'influence nord-américaine, comme si elle mettait en danger l'identité nationale, les Nord-américains absorbent et métabolisent toutes les influences étrangères, modifiant constamment et sans crainte le propre profil du pays, sans perdre une seule minute à l'absurde définition et défense de « l'être américain », entre autres raisons, parce que cette créature, comme le Big Foot de Californie, n'a jamais pu être découverte. À personne, à part quelques racistes tarés, ne lui passe par la tête de définir quelle est l'essence de l'Homo americanus et se consacrer à proclamer ses vertus ou à le défendre des us et coutumes d'autres peuples. Au contraire, déambulent dans le pays près de 300 millions de personnes, provenant de tous les coins de la Terre, colorées par toutes les combinaisons possibles d'accent et de dose de mélanine, faiblement liées par les institutions, l'histoire et les intérêts, qui choisissent librement la manière de trouver la félicité selon ce que leur indiquent leurs préférences et leur sens commun.
Intuitivement - parce qu'il n'y a même pas de débat national -, c'est cette attitude qui a permis aux immigrants européens d'apporter le grand cinéma, aux Allemands du Bauhaus de placer leur svelte accent architectonique à New York, ou aux musiciens caribéens d'introduire le jazz latino dans l'ouïe affamée d'une société qui avala avec le même appétit les Beatles britanniques que la bossa nova des Brésiliens. En somme, le fondement sur lequel repose le pays est très simple : l'Américain, comme idée platonique, comme abstraction n'existe pas. L'Américain est un être dynamique, en constante évolution, qui sait que son incroyable vitalité n'est pas la conséquence de vertus d'une culture primitive non contaminée, mais bien de sa capacité à adopter et adapter un talent lointain qui immédiatement lui devient propre. C'est le génie du métissage culturel et non l'exclusion qui grandit la nation.
Et il est bon que cela soit ainsi. Il y a peu d'activités aussi dangereuses que celle que de définir l'être national. C'est le point de départ de tous les fascismes. L'Allemagne nazie n'a pas commencé avec Adolf Hitler, mais bien avec le nationalisme culturel, le Kulturkampf, imposé par Bismarck un demi siècle avant. Quand les groupes dominants d'une société définissent le périmètre sacré de la culture propre, inévitablement ils terminent par attaquer ceux qui échappent partiellement ou qui s'éloignent de cette définition. Quand, orgueilleusement, ils croient avoir identifié l'archétype national, moule et modèle du citoyen parfait, ce qu'ils font réellement c'est condamner à mort ou à la marginalité ceux qui se différencient de cette périlleuse construction. L'horreur de l'Holocauste ne se basait pas seulement sur un monstrueux préjugé sur la supposée nature des Juifs, mais bien plutôt dans l'idéalisation de l'archétype germain, somme et résumé de toutes les valeurs et talents. On commence, l'air de rien, par lancer des pierres sur les vitrines des Mcdonald's. On termine par construire des camps de concentration.
13:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Culture, McDonald's, Fast food
29 juin 2006
L'indice d'accessibilité
Le SRI International, un think tank, et la compagnie FedEx viennent de publier un indice d'accessibilité des pays. L'accessibilité est un processus qui permet les interactions, les contacts et les échanges entre les personnes, les entreprises et les nations. Alors que les marchés sont des plateformes où se tiennent les transactions, l'accessibilité fournit les moyens pour que les marchés puissent opérer. L'accessibilité indique la capacité : celle de mener à bien un éventail d'actions, depuis la présence physique jusqu'à la communication, de l'acquisition à l'emploi.
L'indice d'accessibilité est élaboré à partir de 22 variables, qui mesurent l'accessibilité physique et informative de 75 pays. Les composantes fonctionnelles de l'accessibilité sont le temps, l'espace et l'information. Les bénéficiaires, les personnes, les entreprises et les nations. Les opportunités générées par l'accessibilité sont la participation, le choix et l'amélioration. Plus concrètement, l'indice se réfère à la capacité à accéder à des biens et informations dans le plus court laps de temps. Les pays qui ont les meilleurs indices sont les plus riches, libres et petits. Le premier est Hong-Kong, suivi de Singapour, du Danemark, de la Suisse, des Pays-Bas, de la Finlande, de l'Allemagne, de la Suède, du Royaume-Uni et de la France. À la fin de la liste (des pays recensés) se trouvent le Vietnam, le Nigeria et la Bengladesh.
À la page 10 du document « Opportunities for Nations », on trouve un graphique qui indique le temps mis pour envoyer un paquet depuis New York à San Francisco à différents moments de l'histoire des États-Unis :
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vers 1840, ce paquet mettait six mois pour arriver à destination, selon les saisons ;
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en 1847, il ne mettait plus qu'un mois, par bateau, via l'isthme de Panama ;
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en1858, le délai se réduisait à 23 jours, grâce au Pony Express ;
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la même année, le trajet prenait trois semaines par l'isthme de Panama, avec le concours du chemin de fer ;
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en 1860, le délai fut réduit à deux semaines (dix jours et demi en chemin de fer jusqu'à St Joseph, au Missouri, et de là par Pony Express) ;
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1869, train transcontinental, 7 jours ;
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1920, 4 jours, premier service postal aérien ;
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1973, un jour, en comptant le temps d'envoi et de remise.
09:55 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Économie, Accessibilité, FedEx
26 juin 2006
La globalisation du football
Les critiques de la globalisation devraient tenir compte de ce qui se passe à l'occasion du Mundial : cette compétition montre clairement comment l'ouverture économique mondiale aide les pays émergents à être meilleurs et plus compétitifs au niveau international. Beaucoup de gens virent avec plaisir jouer Trinidad et Tobago, pays dont le sport national est le cricket et qui, avec 1,3 millions d'habitants - le plus petit pays qui ait jamais participé à une coupe du monde de football -, est parvenu à faire jeu égal avec la Suède. Comme nombreux furent ceux qui se réjouirent de la victoire de l'Équateur face à la Pologne, ou du Ghana face à la République tchèque.
Selon les experts, les petits pays jouent chaque fois mieux et posent chaque fois plus de problèmes aux grandes puissances footballistiques. Il y a quelques années encore, il n'était pas rare de voir les sélections européennes ou sud-américaines écraser sous une avalanche de buts des équipes caribéennes, africaines ou asiatiques. Ainsi, en 1982, la Hongrie pulvérisa le Salvador avec un 10 à 0. Mais ces beaux jours appartiennent désormais au passé. Maintenant, sauf exception - l'Argentine qui gagne par 6 à 0 contre la défunte Serbie-Monténégro -, les meilleurs équipes du monde ne gagnent que par un faible écart.
Comme l'explique Franklin Foer, auteur du livre How Soccer Explains the World: An Unlikely Theory of Globalization, les petites équipes jouent chaque fois mieux car la globalisation a fait en sorte que la concurrence soit plus équitable. Effectivement, le football est sans doute une des industries les plus mondialisées. Pourtant, jusqu'au début des années '90, il s'agissait d'un des secteurs les plus protégés de l'économie. Les équipes européennes ne pouvaient engager qu'un nombre limité de joueurs étrangers, en général deux par équipe. Mais en 1995, un joueur belge, Jean-Marc Bosman, déposa plainte contre la Fédération française de football qui refusait de le laisse jouer en France. L'affaire arriva jusqu'à la Cour de Justice européenne, et Bosman gagna.
Selon Branko Milanovic, économiste de la Banque mondiale, spécialisé dans la pauvreté et auteur d'un essai intitulé « Globalization and goals: Does soccer show the way? », l'affaire Bosman a changé l'histoire du football. Après l'arrêt de la Cour européenne, qui détermina clairement que les clubs français violaient le droit à la mobilité du travail consacré par l'Union européenne, les équipes de football européennes commencèrent à recruter chaque fois plus d'étrangers. Actuellement, bien que les quotas n'aient pas disparus, il existe des équipes comme le Chelsea de Londres qui jouent parfois avec 9 joueurs étrangers, dont nombre de latino-américains et d'africains. Plus de la moitié des joueurs du Real de Madrid sont étrangers, dont les étoiles Ronaldo et David Beckham. Les équipes d'Arabie saoudite, du Costa Rica, du Japon ont des directeurs techniques brésiliens, alors que le Mexique a un entraîneur argentin, l'Angleterre, un Suédois, le Ghana, un Serbe, et l'Iran, un Croate.
Résultat : la différence entre les sélections nationales se réduit chaque année car le football devient chaque fois plus compétitif. Et même si le prix des meilleurs joueurs a considérablement augmenté, le solde de l'ouverture du marché footballistique est positif pour les petits pays. En effet, la globalisation du football est une source de richesse pour les clubs des petits pays qui peuvent « vendre » à meilleur prix leurs poulains et récolter plus de fonds pour chercher de nouveaux talents et se renforcer. À un niveau international, avoir ses joueurs évoluant dans les championnats européens permet, de plus, aux petites nations d'être plus compétitives lors des championnats du monde. Qui aurait pu imaginer il y a quelques années encore que l'Équateur, la Corée du Sud ou le Ghana seraient des équipes à tenir en compte ?
Encore une fois, le salut des pays émergents passe par la globalisation.
13:35 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Globalisation, Football
L'exercice de la liberté du port d'armes
Vu par Eric S. Raymond, dans un article longuement intitulé « L'éthique depuis le canon d'une révolver : ce que le port d'armes apprend sur les bonnes manières » :
Les Pères Fondateurs des États-Unis croyaient et écrivirent que le port d'armes était essentiel pour le caractère et la dignité d'un peuple libre. Pour cette raison, ils rédigèrent un Second Amendement dans la Déclarations des Droits qui déclare que le droit de porter des armes ne devra pas être enfreint.
Que l'on soit d'accord ou non avec lui, le Second Amendement est interprété ces derniers temps comme un axiome à caractère politique, une expression de la pensée politique républicaine, une prescription visant à l'équilibre des pouvoirs où le peuple armé est au moins égal en puissance aux forces organisées du pouvoir. C'est tout cela à la fois. Mais avec quelque chose en plus, car les Pères Fondateurs considéraient inséparables le caractère politique et le caractère éthique individuel. Ils avaient une idée très claire des vertus individuelles nécessaires collectivement pour un peuple libre. Ils ne considéraient pas l'usage de porter des armes comme une simple vertu politique, mais bien comme un promoteur direct de la vertu personnelle.
C'est-à-dire que porter les armes était vu comme l'exercice vertueux d'un droit individuel. Un droit qui a été attaqué tout au long de l'histoire des États-Unis. Raymond rappelle que :
En conséquence, les armes à feu furent interdites seulement à ceux que l'on prétendaient maintenir impuissants et infantilisés. Les prohibitions des armes aux États-Unis ont leurs origines dans la législation raciste étudiée pour désarmer les esclaves et les Noirs libres. Il vaut la peine d'étudier la phraséologie de cette législation ; elle avait pour dessein de non seulement de refuser aux Noirs le pouvoir politique des armes, mais également de les empêcher d'aspirer à la dignité d'hommes libres.
11:40 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Liberté, Port d'armes
25 juin 2006
Minijupe
La minijupe supposa une révolution qui peut-être naquit d'un besoin de fraîcheur, comme si les idées de liberté s'aéraient dans la tête en ouvrant par le bas. Mais un des plus grands mérites de Mary Quant fut d'obtenir que s'épilent les jambes les Européennes du Nord, bien qu'il y ait des postures féministes qui ne considèrent pas cela comme une libération. De même que de passer du mi-bas au bas couvrant le dessus du genou ou au panty de couleurs, avec tout leur univers de fantaisie créative. Certains penseront qu'avec cette invention se perd ainsi une partie de ce mystère féminin qui suffisait à exciter l'imagination, rien qu'en découvrant une cheville. Mais, théorie mise à part, la réalité est que nous - les hommes - aimons nous perdre dans l'émotion et les rêves, suivant les pas et les danses des femmes aux extrémités visibles qui s'étendent jusqu'aux paysages infinis du désir.
Après le succès de Troie, il semblait que les mythes allaient secouer à nouveau la société ; et qu'allait percer la mode de la minijupe chez les hommes, à l'imitation de Brad Pitt en Achille. Ce n'était pas une mauvaise idée. Bien que pour garder son pouvoir révolutionnaire, les évêques et les ayatollahs eussent dû l'adopter. Et libérer un peu l'esprit du monde.
16:07 Publié dans At the Bandy | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22 juin 2006
Parents pratiquant le « homeschooling » harcelés par l'État
L'éditeur du Brussels Journal et membre de la toute récente Property and Freedom Society, le libéral Paul Belien [MÀJ : plusieurs personnes, dans les commentaires, font part de leurs doutes quant à la possibilité d'étiqueter Belien comme libéral - de fait, on observe un curieux mélange dans la région nord de la Belgique entre un certain nationalisme radical et certaines tendances du libéralisme - la question reste donc ouverte], est harcelé par les autorités belges pour le simple fait d'éduquer à la maison quatre de ses cinq enfants, qui sont maintenant à l'université. Et ce alors qu'il y a encore deux ans, il n'avait eu aucun problème. Belien est avocat de formation et sa femme a été professeur d'université. Le ministre en charge estime-t-il que ces deux personnes n'ont pas les compétences suffisantes pour éduquer leurs enfants ? Quelles sont celles du ministre qui s'arroge le droit de dire quel type d'éducation doivent recevoir les enfants du pays ?
En 2003, le parlement régional flamand décréta que tous les « homeschoolers » devaient signer un document par lequel ils s'engageaient à éduquer leurs enfants en accord avec les critères de la Convention de l'ONU. Le document précisaient que les inspecteurs du gouvernement décideraient si les familles remplissaient les critères de l'ONU, et, dans le cas contraire, pourraient obliger les parents à envoyer leur enfants à l'école. Alexandra Colen explique qu'ils refusèrent de signer ce document :
Non seulement nous nous opposons à l'idéologie imposée par l'ONU, mais jamais nous ne signerons un document qui nous oblige à envoyer nos enfants à une école contrôlée par le gouvernement simplement parce que deux bureaucrates le décident sur la base arbitraire que nous nous soumettons pas à la philosophie imposée.
Colen commente le déplorable cas d'une famille d'origine polonaise qui, devant le veto des inspecteurs pour pratiquer le « homeschooling », pensent sérieusement retourner en Pologne. L'enfant ne veut pas aller à l'école officielle, et les parents veulent l'éduquer à la maison, mais ces préférences heurtent celles des bureaucrates, qui sont, en définitive, celles qui importent.
Alexandra Colen termine en rappelant que :
L'interdiction du « homeschooling » est une des rares lois du gouvernement nazi qui sont toujours d'application dans la législation allemande. Aujourd'hui, d'autres pays, comme la Belgique, semblent vouloir copier le système de l'Allemagne nazie, bien qu'en invoquant la Convention de l'ONU.
Libertarian Alliance a publié un communiqué de presse accusant l'État belge de violer les Droits de l'Homme :
Yesterday my husband Paul Belien, the editor of this website, was summoned to the police station and interrogated. He was told that the Belgian authorities are of the opinion that, as a homeschooler, he has not adequately educated his children and, hence, is neglecting his duty as a parent, which is a criminal offence. The Ministry of Education has asked the judiciary to press charges and the judiciary told the police to investigate and take down his statement.
Pour plus d'information : « Brussels Journal Editor Threatened with Prosecution over Homeschooling » et « Crackdown on Homeschoolers: It’s the UN Wot Done It »
14:55 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Homeschooling, Éducation
Nouvelle loi zéro de la robotique
Un robot ne peut avoir des relations sexuelles avec un être humain ou, par son inaction, permettre qu'un être humain obtienne un plaisir sexuel avec un robot.
Bien entendu, les autres trois lois devront être modifiées pour être en conformité avec cette nouvelle loi.
À l'aube de la robotique généralisée, avec un infini monde de possibilités devant nous, de prétendus experts perdent leur temps en vaines spéculations moralisatrices.
Grosse fatigue...
09:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Morale, Robotique, Sexe
21 juin 2006
Transport et logement
Il existe une importante relation entre le développement de la banlieue, l’utilisation de l’automobile et la forte croissance économique qui est survenue dans les pays développés depuis la Seconde Guerre mondiale. Des dizaines de millions de ménages à travers le monde ont pu cesser d’être locataires et commencer à contribuer à leur avoir net grâce aux maisons moins coûteuses bâties sur les terrains plus abordables de la périphérie urbaine. En pouvant se déplacer n’importe où dans la région métropolitaine à l’intérieur d’un délai relativement court, les gens ont pu profiter d’un éventail beaucoup plus large d’occasions d’emploi et de magasinage qu’en se déplaçant en transport en commun. En bref, un monde sans voitures ou sans banlieues seraient bien moins prospères.
C'est ainsi, selon Wendell Cox, directeur de Demographia et auteur d’une étude préparée pour l’Institut économique de Montréal, que, par rapport à d’autres centres urbains canadiens, la ville de Montréal est plus compétitive grâce à ses banlieues. Selon cet expert américain en questions urbaines, la région de Montréal - contrairement à des villes comme Toronto ou Vancouver - peut se féliciter de ne pas avoir adopté des mesures anti-banlieues (limites à la croissance de l’agglomération urbaine, obstacles à la construction d’autoroutes) qui contribuent à détruire l’accessibilité au logement et à restreindre la mobilité des citoyens. Avec un « multiplicateur médian » (prix médian des maisons divisé par le revenu médian des ménages) relativement stable de 3,5 - contre 4,4 à Toronto et 6,6 à Vancouver -, Montréal se classe en bonne position en ce qui concerne l’accessibilité de son logement.
Pour Wendell Cox, l’une des causes de cette situation avantageuse est que la région de Montréal n’a pas mis en place de mesures indûment restrictives d’aménagement du territoire qui, en créant une rareté artificielle de terrains propices au développement résidentiel et commercial, auraient fait grimper le prix des maisons par rapport aux revenus :
Puisque le logement est généralement le premier poste de dépense des ménages, le marché immobilier relativement abordable de Montréal rend la métropole québécoise de plus en plus attrayante pour les entreprises ou les ménages qui souhaitent devenir propriétaires de leur résidence.
Avec la plus haute densité autoroutière parmi les régions urbaines de plus d’un million d’habitants au Canada et aux États-Unis, Montréal possède déjà des infrastructures de transport hautement concurrentielles. Pour ce qui est du transport en commun, Wendell Cox invite les décideurs à faire preuve de réalisme. Il recommande que de nouveaux investissements en transport en commun soient entrepris seulement là où ils réduiront les délais de déplacement à un coût moindre pour le gouvernement que les solutions de rechange :
Le transport en commun n'a pratiquement aucune chance de réduire l'utilisation de l'automobile ou d'attirer une part substantielle de la demande de transport pour la grande majorité des déplacements qui ne débutent ni ne se terminent dans le centre-ville de Montréal. Aucune région urbaine importante des pays développés n'a réussi à réduire la part de marché de l'automobile de plus de 2% au cours des dernières décennies.
08:35 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Aménagement du territoire, Logement, Transport
20 juin 2006
Raúl Castro : tout le pouvoir au parti
Le général Raúl Castro, second secrétaire du Comité central du parti communiste cubain et Ministre des « Forces armées révolutionnaires » vient de créer la surprise. En effet, il vient de déclarer qu'après Fidel viendra le parti. Ces paroles furent prononcées lors d'une cérémonie commémorant le 45e anniversaire de la fondation de l'Armée occidentale, à San José de las Lajas, à La Havane, le 14 juin 2006, « Année de la révolution énergétique à Cuba » (les Cubains ne semblent pas s'en être rendu compte : la nuit, les lumières brillent par leur absence).
La déclaration du frère du dictateur cubain est curieuse :
Repito lo que he afirmado en muchas ocasiones: el Comandante en Jefe de la Revolución Cubana es uno solo, y únicamente el Partido Comunista, como institución que agrupa a la vanguardia revolucionaria y garantía segura de la unidad de los cubanos en todos los tiempos, puede ser el digno heredero de la confianza depositada por el pueblo en su líder. Para eso trabajamos, y así será, lo demás es pura especulación, por no decir otra palabra.
Al igual que hemos vencido en todas las batallas, tanto en Cuba como en cumplimiento del deber internacionalista, venceremos al enemigo que intente agazaparse en nuestras filas, consolidaremos cada vez más la Revolución y nos haremos más fuertes en todos los frentes.
Auparavant, personne n'avait admis que Fidel ait plus de pouvoir que le parti. Au contraire, à plusieurs reprises, on a pu voir un timide Fidel, baissant les yeux modestement, assurer qu'il n'était qu'un simple rouage dans la structire démocratique d'un parti qui décidait de manière collégiale.
Bien sûr, il mentait. Tout au long d'un demi-siècle de tyrannie, toutes les décisions importantes, depuis la décision de devenir un sattelite de l'URSS et d'installer des missiles dans l'île jusqu'à celle d'envoyer durant 15 ans des corps expéditionnaires guerroyer en Afrique ou de faire fusiller le général le plus populaire, Arnaldo Ochoa, ont été prises par le « Máximo Líder » sans consulter une organisation obséquieuse qui se limitait à applaudir et à approuver de manière bovine les désirs et caprices du dictateur.
Quel est le sens de cette déclaration ? Comment interpréter ce soudain besoin de préciser le rôle du parti dans l'héritage castriste ? Quatre pistes :
- Laisser bien clair dans l'esprit de tous que Raúl Castro ne chaussera pas les bottes de son frère. Il n'est pas un leader charismatique, mais un vieillard de 75 ans, amateur de combats de coqs et des blagues vulgaires, avec une bouteille de whisky à la place du foie.
- Pour démentir l'hypothèse selon laquelle, en compagnie du général Julio Casas Regueiro, de son gendre, le lieutenent-colonel Luis Alberto Ramírez, et avec la complicité du général Colomé Ibarra, Ministre de l'Intérieur, et d'autres militaires en charge de diverses activités économiques, Raúl songerait créer une oligarchie militaire, de type mafieux, à la manière russe, qui réunirait le spouvoir des armes et de l'argent pour leur profit.
- Pour limiter encore plus le rôle de l'Assemblée nationale du Pouvoir populaire, institution connue à Cuba sous le sobriquet des « Petits chanteurs de La Havane », un parlement qui, avec une voix juste et pleine, reprend en choeur deux fois par ans les consignes, sous la direction de Ricardo Alarcón, qui, lui aussi, rêve de devenir l'héritier de Castro, après son décès attendu.
- Parce que, jusqu'au sommet de la dictature, arrivent les commentaires critiques de nombreuses personnes, supposées révolutionnaires, convaincues qu'à l'enterrement de Castro, finalement, commencera l'espérée transition vers la démocratie et l'économie de marché.
Chez les démocrates cubains, on pense, à tort ou à raison, que la transition sera plus probable et facile si c'est le parti qui occupe le pouvoir et non l'armée. En effet, bien que de manière très discrète, le parti communiste a toujours connu des tendances et des secteurs réformistes, jusqu'à présent étouffés par Castro. À sa mort, ces forces pourraient conclure un pacte avec l'opposition. En fin de compte, c'est bien ce qui s'est passé dans presque toute l'Europe de l'Est. On ne voit pas pourquoi se devrait être différent à Cuba.
09:55 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, International, Cuba, Castro



