20 juillet 2006
La Chine entre croissance et réformes
Or donc, la Chine a surpris (encore une fois) les experts, avec un taux de croissance du produit intérieur brut interannuel de 11,3% au deuxième trimestre de cette année. Les préoccupations des analystes pointent l'inflation future, qui pour l'instant est de 1,5%, ainsi qu'une politique de crédit qui risque de surchauffer l'économie.
Cette image de surchauffe - largement diffusée par les médias - donne une image irréelle de ce qui est en train de se passer. Ce qui se passe concrètement, c'est que nombre de projets d'investissements, grâce au crédit bon marché, sont lancés qui risquent fort de ne pas recevoir le soutien réel de l'épargne. Ce qui conduirait à un cycle économique tel que l'ont décrit les économistes autrichiens, et à la récession.
Quelques points que peut inspirer cette croissance chinoise :
- Est en train de se créer un tissu économique consistant, une structure productive qui permet le développement d'une classe moyenne chinoise entreprenante et propriétaire.
- Quand viendra la correction, la crise, beaucoup parleront de l'échec des réformes (avec ce mélange de fausse pitié et de joie malsaine qui caractérisent nos progressistes). À ce moment, les responsables de (ne l'oublions pas ) dictature chinoise devront prendre une décision. Faire marche arrière, ou accélérer les réformes pour que l'expérience ne soit pas trop douloureuse. Renaîtront également les demandes de réformes politiques.
- Cette classe moyenne chinoise, chaque fois plus nombreuse, ne tolèrera pas un retour en arrière.
- Pour ce qui est du reste du monde, plus riches les Chinois seront, plus riches nous le seront.
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L’interdiction des ententes verticales en Europe
La Commission européenne veille au respect des règles de l’Union en matière de concurrence. Comme on peut le lire sur le site de la Commission :
Les grandes entreprises ne peuvent pas, par exemple, imposer à leurs fournisseurs des conditions qui entravent leur liberté de traiter avec d'autres entreprises. La Commission peut mettre à l’amende les entreprises coupables de toutes ces pratiques et leur inflige effectivement des amendes.
La lutte contre les ententes n’en est pas restée au niveau de la déclaration de principe. Dans le domaine des « ententes verticales », c’est-à-dire des accords de coopération entre des entreprises oeuvrant à différents stades de la production du même produit, la première grande condamnation a eu lieu en 1964. C’est l’affaire Grundig-Consten, ayant servi depuis de précédent pour interdire d’autres accords de distribution exclusive et autres contrats « restrictifs ».
Selon le dernier rapport de l’Institut économique Molinari, « L’interdiction des ententes verticales en Europe : une politique anti-concurrentielle », ce procès révèle que dès son origine, la politique européenne de la concurrence a été fondée sur une vision erronée de ce qu’est une concurrence effective. Loin de fournir un garde-fou protégeant les consommateurs de pratiques nuisibles à leur égard, l’interdiction des ententes verticales nuit au libre jeu de la concurrence et aux consommateurs.
Pour les auteurs de ce rapport, il convient d’abord de comprendre que les ententes verticales peuvent contribuer à une meilleure satisfaction des consommateurs :
Les contrats d’exclusivité sont avant tout un moyen pour des entreprises de se faire connaître et de se construire une réputation. À cet effet, il faut que le fruit des investissements publicitaires requis qui sont réalisés par les distributeurs, ne soit pas détourné au profit de distributeurs concurrents qui ne participent pas à cet effort de promotion. Sans contrats d’exclusivité, les investissements n’auraient pas lieu et les consommateurs se trouveraient privés des informations que leur fournit la publicité. Dans la mesure où leurs choix se seraient portés vers ces produits grâce à l’effort de promotion, l’interdiction des contrats d’exclusivité leur nuit.
Certes,
Il se peut que des sociétés s’entendent sans que cela n’apporte un avantage aux consommateurs, comme cela aurait pu être le cas dans l’affaire Grundig. Cependant, même dans cette situation, il n'y avait nul besoin d’une intervention des instances communautaires. Les consommateurs auraient tout simplement pu se tourner vers des marques concurrentes, obligeant Grundig et Consten à remettre en question leur mode d'organisation ou à disparaître.
Quel est alors l'impact sur le jeu de la concurrence et le service aux consommateurs d'une politique stigmatisant les ententes verticales ? Étant donné que des ententes verticales ne peuvent être considérées a priori comme nuisibles, c'est la concurrence qui permet aux consommateurs de décider le mode d'organisation des entreprises qui les sert le mieux. En les interdisant, la Commission empêche les consommateurs de faire jouer cette concurrence entre les différents modes d’organisation des entreprises et finit, en conséquence, par leur nuire. En réalité, c’est une telle politique interventionniste qui s’avère anti-concurrentielle.
08:30 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Économie, Union européenne, Ententes verticales, Concurrence
19 juillet 2006
Le Mexique, les élections et la jeunesse
Ainsi donc, après une campagne éprouvante, le Mexique est entré dans un conflit postélectoral qui pourrait se prolonger pendant des semaines. Selon les calculs officiels, Felipe Calderón devance de 0,58% - 244.000 voix - son rival du Parti de la révolution démocratique, le PRD, Andrés Manuel López Obrador. Sous la pression de la société civile, le Mexique s'est doté en 1994 d'un Institut fédéral électoral indépendant. Aujourd'hui, la gauche exige du tribunal de l'Institut électoral qu'il aille au-delà de la lettre de la loi et ordonne un décompte manuel.
Cependant, ce qui a le plus surpris dans ces élections présidentielles mexicaines, ce n'est pas tant que les candidats du centre-droit et celui du centre-gauche fissent, virtuellement, match nul (bien qu'avec de fortes disparités régionales, le nord du pays votant pour Calderón et le sud pour López Obrador), mais bien le fait que la majorité des jeunes mexicains aient voté pour Calderón. C'est-à-dire pour la continuité avec la politique de Fox, pour la globalisation et pour de meilleures relations avec les États-Unis. Le vote des jeunes a été crucial lors de ces élections : des 13 millions de nouveaux votants, 12 millions ont entre 18 et 23 ans.
Ainsi, contrairement à l'idée généralisée qui veut que les jeunes tendent à voter pour des candidats de la gauche et veulent un changement radical, l'enquête menée à la sortie des isoloirs par le journal Reforma montre que 38% des jeunes électeurs, entre 18 et 29 ans, votèrent pour Calderón, contre 34% pour López Obrador, le reste votant pour des autres candidats centristes. Une autre enquête donne des résultats similaires. Pour César Ortega, président de l'institut d'enquête Ipsos-Bimsa, la jeunesse a vu un futur plus prometteur dans l'offre de Calderón que dans celle de López Obrador. Le discours pragmatique de Calderón a plus plu que les thèmes héroïco-nationaliste du 19e siècle de López Obrador. En supposant que les sondés furent sincères, cette donnée est d'importance et hautement significative, surtout si l'on tient compte du fait qu'au Mexique, comme partout dans le monde, les professeurs gauchistes monopolisent l'essentiel de l'enseignement.
10:20 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, International, Mexique, Calderón, López Obrador, PAN, PRD
18 juillet 2006
Un vaccin contre le socialisme
Toute la vie, on vous a appris que cultiver son esprit ou se préoccuper de son développement personnel était le fait d'un être égoïste, et dès lors que l'on se libère de la tyrannie de l'intérêt propre, on devient un citoyen « conscientisé » et « engagé » (sic). La grande réussite du socialisme a consisté à convaincre la société que le bien collectif est le seul auquel on doive aspirer et que les fins personnelles sont perverses, parce que l'individu agit moralement seulement quand on l'oblige ou quand il ne prétend pas obtenir le moindre bénéfice. Si l'on écoute attentivement un « progressiste », on se rend vite compte que rien ne le dérange plus que le bonheur d'autrui car il dépend, lui, de la souffrance. Voyant un riche, il ne peut que penser à un pauvre famélique qui n'a rien à se mettre sous la dent ; la faute, comme on s'en doute, est celle de la vile obsession du millionnaire, qui ne pense qu'à lui.
La romancière Ayn Rand (1905-1982), auteur de livres comme La source vive (The Fountainhead) ou Atlas Shrugged, vit clairement que la gauche haïssait l'individualisme parce que cette dernière savait que si les gens se respectaient eux-mêmes et se préoccupaient de leur bien-être, jamais ils n'accepteraient de se soumettre. Mais à partir du moment où l'on introduit le sentiment de culpabilité dans l'esprit de l'homme, on intronise le vice comme éthique. Ainsi, Rand écrivait/dénonçait :
Si les travailleurs luttent pour de plus hauts salaires, ces derniers sont présentés comme des avantages sociaux ; si les entrepreneurs luttent pour des bénéfices plus grands, on les traite d'avares égoïstes.
Pour Rand, d'origine russe, après avoir souffert du socialisme soviétique, il était évident que la liberté court un grand danger quand on accepte directement ou indirectement la philosophie tribale de la gauche. Dans La vertu d'égoïsme, Rand remit en question ce genre de vision, et eut énormément de succès. Comme avec le reste de ses ouvrages, qui ont été lus par 22 millions de personnes dans le monde. Dans ce livre, elle pose les bases d'une éthique individualiste dénommée « objectivisme », parce qu'elle part de la reconnaissance du fait que la réalité est un fait absolu qui ne peut être dévoyée par les désirs de personne et qui est seulement accessible à travers de la raison.
Selon cette philosophie, le monde nous enseigne que l'homme est dépourvu d'instincts et qu'il peut seulement survivre avec sa raison. Pour cela, il a besoin que ses actions ne se voient pas parasitées par des hordes ou des pillards qui le privent des fruits de son travail. Lui et lui seul est l'unique souverain de son existence, qui sait ce qu'il veut et comment il le veut. Pour cette raison, personne n'a le droit de décider à sa place. L'objectivisme n'est pas une éthique du caprice ou un subjectivisme, mais un corpus de normes qui exige que l'homme mène à son terme ses potentialités, comme le recommandait l'unique philosophe dont Rand reconnaissait s'être inspiré, Aristote.
Le principe social de base de l'éthique objectiviste est que, de même que la vie est une fin en soi, de même tout être humain est une fin en soi, et non un moyen pour la fin ou le bien-être des autres [...] Vivre pour son propre profit signifie que le propos moral le plus élevé de l'être humain est l'obtention de sa propre félicité.
La société qui dérive de cet individualisme n'est pas une jungle que tant de clercs et d'intellectuels ont tenté de nous vendre comme quelque chose de mal ou de pervers. L'unique société qui se base sur une éthique comme celle que propose Rand est celle des marchands, qui vivent en paix en échangeant des biens contre des biens, de la valeur contre de la valeur, qui se fient à la parole donnée, qui travaillent dur pour progresser et qui ne se consacrent pas à l'extorsion ou à la criminalité, parce qu'ils respectent l'idée que chacun puisse mener sa vie à sa guise. Cette société n'est pas une jungle ; mais, au contraire, un lieu où les personnes sont traitées comme telles et où l'État se limite à protéger les droits individuels
Dans une de ses citations les plus célèbres, Rand signalait que les droits individuels étaient « les moyens de subordination de la société à la loi morale ». En ce sens, elle reconnut que les uniques droits sont le droit à la vie et son corollaire, celui de propriété. Sans propriété, les personnes ne sont pas maîtres de leurs propres efforts, puisqu'ils ne peuvent acquérir leurs moyens de subsistance. C'est ainsi quelle arrivait à la conclusion :
L'homme qui produit pendant que d'autres disposent du produit de son effort est un esclave.
Des phrases comme celle-ci ont valu à Rand le mépris de nombreux défenseurs de la liberté. Peut-être ont-ils raison en qualifiant sa philosophie d'extrême. Mais au jour d'aujourd'hui, nous nous trouvons devant un cruel dilemme. Si nous acceptons que servir le prochain et nous sacrifier pour la société est un axiome, comme c'est le cas actuellement, comment pouvons-nous empêcher que le gouvernement établisse des impôts confiscatoires, emprisonne des innocents, libère des criminels et exproprié des propriétaires ? Arrivé à ce point, il ne reste probablement plus d'autre option que d'en appeler à l'inefficience du socialisme comme unique explication de son échec. Si telle est la philosophie que nous employons, l'utilitarisme, nous pouvons commencer à creuser notre tombe.
Mais il est encore temps d'éviter que le torrent de boue socialiste nous emporte. Cependant, nous ne pourrons triompher que si nous adoptons une philosophie claire qui explique pourquoi nous avons des droits et pourquoi ils sont inaliénables. Au vu de l'atrophie intellectuelle de la gauche, montrer que le roi est nu et que leurs idées peuvent se réfuter rien qu'en les exposant à la lumière de la logique n'est pas si difficile qu'il y paraît à première vue. La vertu de l'égoïsme peut être le combustible qui fait fonctionner ce moteur qui fait bouger le monde, comme le pensait Aristote, et qui n'est rien d'autre que l'être humain.
15:00 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Ayn Rand, Égoïsme
Première station spatiale privée
Bigelow Aerospace vient de mettre en ligne sur son site Internet les premières photographies de sa station spatiale - Genesis 1 - qui se trouve en orbite autour de la Terre. Les techniciens de Bigelow Aerospace ont fait appel à une technologie innovante pour diminuer les coûts : le gonflage. Et cela marche du tonnerre.
Vol spatial privé, station spatiale privée... Il semble que, grâce au capitalisme, des perspectives intéressantes s'ouvrent dans l'espace extérieur.
Via Dale Amon.
09:50 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Sciences, Espace, Station spatiale, Bigelow Aerospace
17 juillet 2006
Dans un monde idéal, l'Humanité n'existerait pas
Bonne nouvelle : le monde est en passe de devenir idéal, il suffit seulement à l'État français de ne pas lever le petit doigt.
Au nom de la démocratie, il est urgent que l’État prenne des dispositions exceptionnelles pour garantir et faire vivre un véritable pluralisme de la presse quotidienne. (Patrick Le Hyaric, directeur de l'Humanité)
Traduction : nous ne valons pas tripette comme journalistes et n'arrivons pas à convaincre les lecteurs d'acheter en nombre suffisant notre feuille de chou pour rester rentable. Par conséquent, les contribuables, c'est-à-dire ceux qui se refusent à acheter ce journal, doivent être forcés de nous donner leur bel argent pour que nous puissions survivre.
Rien là qui puisse nous étonner. Que le directeur d'un journal communiste demande de l'argent à l'État au nom de la démocratie (!). Quoi de plus normal. Comme il est tout aussi normal qu'au 21e siècle des gens se vantent de partager une idéologie qui est responsable de la mort de dizaines et de dizaines de millions de personnes. Le complexe de supériorité n'a jamais fait peur à la gauche. Mais au fait. Pour quoi Patrick Le Hyaric ne quémanderait-il pas auprès du satrape socialiste de La Havane ? Non pas à l'État cubain. Non, directement auprès de Fidel. Quelle est la différence, après tout ?
Enfin... business as usual... La gauche, c'est les bons, ceux qui viennent nous sauver, les solidaires, les festifs. De l'argent pour eux ? Mais certainement. Lançons les paris : combien de temps avant que Chirac ne leur alloue l'argent dont ils ont si désespérément besoin ?
14:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Journal, Humanité, Démocratie
Un jour comme celui-ci de 1936
Sous le commandement du général Franco, la garnison espagnole de Melilla se soulève contre le gouvernement du Front populaire. En trois jours, les militaires insurgés s'emparent de la Galice et de la Vieille Castille, ainsi que d'une partie de la Navarre, du Léon et des Asturies. Au terme de trois jours, l'Espagne apparaît divisée en deux, avec un léger avantage au gouvernement républicain, qui garde le contrôle des principales zones industrielles, de la capitale ainsi que de 14 millions d'habitants contre 10,5 aux insurgés. Le pronunciamiento échoue et c'est le début de la Guerre d'Espagne. En s'internationalisant, la guerre civile va devenir aussi un enjeu majeur de la lutte que se livrent à l'époque dans toute l'Europe les démocrates et les mouvements totalitaires fascistes ou socialistes.
11:45 Publié dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Histoire, Franco, Espagne, Seconde République, 17 juillet 1936, Guerre d'Espagne
16 juillet 2006
Créature de l'air
« Dans la scène finale, quand l'arc se détend et que Zaroff s'effondre lentement sans que la flèche ne prenne son envol, Schoedsack et Cooper composent une des plus belles épitomés de l'histoire du cinéma : au premier plan le chasseur d'hommes, qui se rêva Dieu jouant avec ses fragiles créatures ; au loin, ramant sur les eaux où n'arrivera déjà plus cette dernière flèche du persécuteur, exsangue maintenant, deux frêles figures qui fuient vers l'infini, ignorants de leur destin. Les Chasses du comte Zaroff, ce jeu, le plus dangereux, qui cherche à gouverner la mort, est sans doute le plus intensément fantasmatique des chef-d'oeuvres déchirants du cinéma muet.
Des deux figures, libellules épuisées sur la barque qui s'éloigne, ne restera dans la mémoire du spectateur que celle de la très belle femme, qui, tout au long de l'heure que dure le film, a flotté dans ce rêve congelé révélé sur l'écran. Il y eut, sans doute, d'autres aussi belles - Lillian Gish vient immédiatement à l'esprit - parmi les miraculeuses héroïnes du temps d'avant que les figures sur écran ne fissent du bruit. Mais aucune d'elles ne possédât ce don presque maléfique de la parfaite ingravité. Fay Wray, qui mourut presque centenaire, n'appartenait tout simplement pas à ce monde.
Était-ce cette ingravité qu'aimait en elle King Kong ? C'était cela, en tout cas, que savaient Schoedsack et Cooper que devait aimer cette masse d'amour désespéré. King Kong, sans l'intangible délicatesse de cette créature vaporeuse qu'il tient dans la paume de sa main, n'aurait jamais été la démesure romantique qui cristallise l'amour fou dans le cinéma.
Les deux films furent tournés en même temps : les mêmes décors, les mêmes techniciens et acteurs, jusqu'à la même musique. Les Chasses du comte Zaroff et King Kong - le mal dans sa mathématique la plus exquise et l'inconsciente pureté qui brûle tout - dévorèrent leurs créateurs. Personne, ou presque, ne peut survivre à la simultanée création de deux métaphores aussi achevées. Schoedsack et Cooper se diluèrent dans la minutieuse gestation du cinéma sonore. De Fay Wray, à peine reste dans la mémoire ce qu'elle fit après cette miraculeuse année 1933. »
Il y a quelques années, Ernie avait accroché au Bandy une photographie de l'actrice que lui avait envoyée une amie new-yorkaise : une svelte petite vieille, éthérée sans être fragile. Point n'était besoin de lire la légende pour reconnaître les yeux de Fay Wray. Elle avait alors nonante ans. Elle est morte, il y a deux ans maintenant. Beaucoup se la rappèleront grâce au désespéré amour du roi des gorilles. D'autres grâce aux brumes qui voilent le dernier regard du comte Zaroff sur la vague fuite.
00:00 Publié dans At the Bandy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 juillet 2006
Qui peut décider ?
Qui a le droit de décider de quel type de soins médicaux nous devons recevoir ? C'est précisément la question posée devant un tribunal de Richmond, en Virginie. Un adolescent qui souffre d'un cancer, avec le consentement de ses parents, avait décidé d'abandonner le traitement médical classique et opté pour un autre (nouvelle diète, usage d'herbes médicinales et visites à une clinique du Mexique). Rien de criminel à ce changement. Chacun devrait pouvoir décider de ce qui semble lui convenir le mieux. Que le choix ne plaise pas à autrui est irrelevant. Le patient et ses parents avaient donc décidé. Mais cela n'arrêta pas l'État. Qui veut dominer et remplacer nos choix par ceux d'un juge.
A teen cancer patient fighting for the right to use alternative treatment on his illness told a judge Tuesday what it was like to go through chemotherapy and why he didn't want to relive that.
The judge heard 11 hours of testimony over two days, concluding with nine hours on Tuesday. He is expected to issue a written decision by July 18.
[...]
Abraham has Hodgin's disease, a cancer of the lymph nodes. Three months of chemotherapy last year made him extremely weak. So when he learned in February that his cancer was active again, he turned _ against doctor's advice--to a sugar-free organic diet, herbs and visits to a clinic in Mexico.
A social worker asked a judge to require the teen to continue conventional treatment.
16:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, État, Liberté
Microsoft vs. Europe
L'extorsion de la Commission européenne continue : Microsoft a écopé d'une amende de 280,5 millions d'euros parce que l'entreprise de Seattle « n'aurait pas expliqué de manière satisfaisante le fonctionnement de son système opératoire ». Il faut compter également sur une possible sanction de 3 millions d'euros par jour. À cette amende, il faut ajouter les 497 millions d'euros spoliés en 2004 par l'Union européenne. Au total, 777 millions d'euros. On sent que la Commission a besoin d'argent.
Imaginons un instant que l'État déclare qu'un restaurant doive, sous peine d'amendes et de mauvais traitements, ouvrir à la concurrence les portes de sa cuisine, montrer ses menus, dévoiler les secrets de ses recettes, partager ses tables. Ridicule, isn't it ? C'est pourtant ce que l'on exige de Microsoft. Et c'est ce à quoi se refuse cette entreprise, qui pourtant s'est suffisamment pliée aux oukases de la Commission européenne. Ainsi l'Association for Competitive Technology dénonce le fait que cette amende n'a aucun sens car Microsoft aurait fourni toute la documentation possible, l'accès à la concurrence au code source de Windows, ainsi qu'un support technique illimité.
Mais il ne faut jamais oublier le modus operandi de l'État : si une entreprise bouge beaucoup, l'État fait pleuvoir les impôts sur celle-ci, si l'entreprise bouge encore, l'État la réglemente, si l'entreprise survit malgré tout, l'État la subsidie. De même, si une entreprise vend très cher, on l'accuse d'abuser d'une position de « monopole ». Si la même entreprise vend à un prix moyen, on l'accuse alors d'avoir formé un cartel avec d'autres entreprises, qui nuirait au marché libre. Et finalement, si elle vend bon marché, on l'accusera, encore et toujours, d'abuser de sa position pour faire une concurrence déloyale qui éliminerait la concurrence.
Rendons grâce à l'État et aux bureaucrates de Bruxelles, sans qui nous dériverions sur la mer ténébreuse, entre Charybde et Scylla. À ce propos, si un de ces anges salvateurs nous lit, pourrait-il répondre à quelques questions que suscite la législation « anti-monopole » de la Commission européenne :
- Attendu que l'innovation est un des principaux moteurs d'une entreprise, quelle type d'innovation peut avoir une entreprise dès lors que les bureaucrates sont ceux qui décident de la forme d'un produit qui ne les appartient pas ?
- Quel bénéfice, comme consommateur, retirez-vous du fait que Microsoft n'inclut plus dans Windows une visionneuse de documents PDF ou Media Player ?
- Selon vous, qui est-ce qui va payer ces 777 millions d'euros réclamés par la Commission européenne ? Dans un premier temps, Microsoft. D'accord. Et puis vous, lorsque vous achèterez un nouvel ordinateur ou Windows. Sans parler des employés de Microsoft qui paieront également les pots cassés.
- Pensez-vous réellement que le harcèlement auquel est soumis Microsoft aidera la concurrence à dépasser cette entreprise ? La seule chose qui pourra ébranler la position de Microsoft, c'est que ses adversaires conçoivent un produit plus attractif pour le consommateur, chose qu'ils ont été incapables de faire jusqu'à présent. Le fait que 95% des ordinateurs dans le monde contiennent Windows n'est pas dû à une coïncidence, à un complot du vil capitalisme ou des francs-maçons, ni même à un tour de magie de Copperfield. Que cela vous plaise ou non, l'écrasante majorité des usagers préfèrent Microsoft et le démontrent en achetant ses produits et non d'autres.
- Quel est l'intérêt pour une entreprise de bloquer toute la journée 300 personnes pour répondre aux plaintes et aux exigences des rivaux et des bureaucrates ? Si une entreprise travaille pour la bureaucratie, elle ne peut travailler pour le consommateur.
10:35 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Économie, Microsoft, Commission européenne


