24 août 2006

Les nouveaux riches au Venezuela

Depuis qu'Hugo Chávez est président du Venezuela, le nombre de pauvres n'a cessé d'augmenter dans ce pays. Spectaculairement. Avec un prix moyen du baril de pétrole à 70 dollars et des exportations annuelles de près d'un milliard de barils, le Venezuela est descendu au 75e rang dans la liste du PNUD concernant le développement humain, venant du 46e rang (à l'époque de l'administration de Rafael Caldera, quand le baril de pétrole coûtait 9 dollars). L'Institut national de Statistique du Venezuela a admis que l'indice de pauvreté est passé de 42,8% au premier semestre 1999 à 53% à la fin de l'année 2004. La situation est tellement grave que plusieurs organisations ont établi une nouvelle classe d'indigence pour pouvoir classifier la réalité vénézuélienne. Certes, après 2004, le nombre de pauvres a bien diminué légèrement, mais cette diminution ne représente rien en regard de l'augmentation par huit des prix du pétrole et, par conséquent, des revenus de l'État vénézuélien (les exportations pétrolières représentant 80% des revenus externes du Venezuela, 5e exportateur de pétrole au monde).

À l'opposé de cette extrême pauvreté, des analystes étudient le développement d'une nouvelle classe sociale au Venezuela, au travers des tentatives de Chávez visant à éliminer les riches traditionnels. « Bolibourgeoisie » - bourgeoisie bolivarienne - est le nom donnée à ces nouveaux riches - banquiers, pétroliers, entrepreneurs de la construction, fonctionnaires du régime, etc. - dont les nouvelles et immenses richesses proviennent, comme le rappelle José Guerra, un ancien fonctionnaire de la Banque centrale, de leurs négoces privilégiés avec le dirigeant vénézuélien et des dépenses incontrôlées du gouvernement. Les signes ne trompent pas. Ainsi, les ventes d'automobiles de la marque Audi ont augmenté de 25% l'année passée, celles du whisky Chivas Regal ont doublé ; ces deux dernières années, les achats d'objets d'art ont augmenté de 25%. Etc.

Nombreux sont les astucieux entrepreneurs sans scrupule qui n'ont pas hésité à s'allier avec le régime pro-castriste. Parmi ceux-ci figure des hommes comme Wilmer Ruperti, un des premiers à appuyer le régime socialiste, dont l'entreprise est un des fournisseurs les plus importants de l'entreprise d'État pétrolière, Pétroles du Venezuela (PDVSA), et qui vient juste d'acquérir lors d'une vente aux enchères chez Christie's, pour la modique somme de 1,6 millions de dollars, une paire de pistolets ayant appartenu à Bolivar, le héros de Chávez - mais qui, en réalité, représentait tout son contraire -. D'un autre côté, suite à la chasse aux sorcières anticapitaliste organisé par le régime de Chávez, se sont quelques 7.000 entrepreneurs qui ont dû fermer boutique et vendre leurs avoir pour une bouchée de pain aux nouveaux entrepreneurs chavistes. Cela sans compter la « révolution agraire », spoliation organisée des terres déclarées « antisociales », qui sont cédées aux partisans de Chávez.

Commentaires

Hum, hum.

Il me semble que les chiffres cités sont du mensonge digne d'un état central de la bonne époque !

http://beatthepress.blogspot.com/2006/05/problems-with-venezuelan-numbers.html

Ecrit par : Laurent GUERBY | 28 août 2006

"Il me semble que les chiffres cités sont du mensonge digne d'un état central de la bonne époque !"

Ces chiffres viennent :

1° de l'Institut national de statistique vénézuélien

http://www.ine.gov.ve/indicadoressociales/lapobreza.pdf

qui indiquent bien que l'indice de pauvreté est passé de 42,8% au premier semestre 1999 à 53% à la fin de l'année 2004, avec une pointe à 55,1% en 2003 ;

2° du PNUD

http://hdr.undp.org/reports/global/1990/en/pdf/hdr_1990_technotes.pdf

qui indiquent bien qu'en 1990,le Venezuela se situait au 42e rang du classement de l'indicateur du développement humain, alors qu'aujourd'hui, ce pays a dégringolé jusqu'au 75e rang.

Ecrit par : Lucilio | 29 août 2006

Mais pourtant si on prend la peine d'ouvrir ton lien, on voit qu'il était déjà au 89è rang en 1990

Ecrit par : Fabrizio | 10 octobre 2006

"...on voit qu'il était déjà au 89è rang en 1990..."

Petite précision méthodologique : la présentation des rapports du PNUD a été inversée, en 1990, on présentait les pays en commençant par les plus mal lotis ; aujourd'hui, le PNUD présente d'abord les pays connaisant le meilleur indice de développement. Dons, dans le rapport de 1990, le Venezuela est bien 89e, mais dans une échelle inverse (du pire au meilleur), et bien 42e si l'on prend le classement qui va du meilleur au pire.

Ecrit par : Lucilio | 12 octobre 2006

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