31 août 2006
Critiques arabes du Hezbollah
Pour une grande partie des médias européens et américains, le Hezbollah aurait obtenu une grande victoire. Cependant, Amir Taheri - qui doit connaître plus à ce sujet que nombre de correspondants de presse réunis et auteur de L'Irak : le dessous des cartes - nous présente une série de faits et d'opinions qui laissent entrevoir un panorama différent, qu'il convient de considérer :
- Lors de la « marche de la victoire » à Beyrouth, on ne dénombra que quelques centaines de personnes.
- Les leaders du Mouvement de la Marche du 14 mars, qui détient la majorité au parlement et gouverne le Liban, ont accusé le Hezbollah d'avoir provoqué la tragédie.
- Michel Aoun, le chef chrétien, a exigé le démantèlement de la milice du Hezbollah.
- Le Hezbollah fait tomber une « pluie verte » grâce aux fonds iraniens et remet 12.000 dollars à ceux qui peuvent prouver que leur habitation a été endommagée par la guerre. Mais cela n'arrive pas à faire taire les critiques.
- Walid Abi-Mershed, commentateur politique libanais déclare que si le Hezbollah a jamais gagné, ce fut une victoire à la Pyrrhus, que les membres du Hezbollah ont fait payer au Liban un lourd prix, et qu'ils devront en répondre.
- Sayyed Ali al-Amin, grande figure du chiisme libanais critique le Hezbollah en affirmant que la communauté chiite n'a jamais donné un blanc-seing au Hezbollah pour faire une guerre en son nom.
- Mona Fayed, professeur chiite explique qu'au Liban, un chiite c'est quelqu'un qui reçoit des ordres de l'Iran, terrorise les croyants, et conduit le pays à la catastrophe sans consulter personne.
- Pour un autre professeur, Zubair Abboud, le Hezbollah est la pire chose qui soit arrivée au monde arabe depuis longtemps. Il accuse également Nasrallah de mettre en danger l'existence même du Liban pour servir les ambitions iraniennes.
- Nombreux sont les membres du Hezbollah qui décrivent la direction de Nasrallah comme « stalinienne » et rappellent que l'assemblée du parti ne s'est plus réunie depuis cinq ans.
- Nasrallah a agi sans informer les deux ministres ni les douze parlementaires qu'a le Hezbollah.
- Toutes les grandes familles chiites du Liban soit n'appuyèrent jamais le Hezbollah soit rompirent leurs relations suite à sa dépendance envers l'Iran. Concrètement, Taheri en cite douze.
- Selon Taheri, la liste des grands écrivains arabes qui ont défini le Hezbollah comme le cheval de Troie de l'Iran est si grande qu'elle ne peut être reprise dans un seul article.
- Finalement, pour l'éditorialiste égyptien Ali al-Ibrahim, le Hezbollah a bien gagné la guerre de propagande parce que beaucoup en Occident désiraient cette victoire, dans le cadre d'un règlement de comptes avec les États-Unis, mais les Arabes sont suffisamment intelligents pour faire la différence entre une victoire télévisuelle et une victoire réelle.
14:40 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, International, Hezbollah, Liban, Amir Taheri
À l'école des chimpanzés
Une expérience vient de montrer que les chimpanzés sont capables de transmettre fidèlement des apprentissages d'un individu l'autre. Une même boîte contenant de la nourriture possède deux systèmes distincts d'ouverture. Deux chimpanzés se voient apprendre par l'homme l'une ou l'autre des solutions pour ouvrir la boîte et trouver le festin. Chacun de ces chimpanzés est ensuite mis en présence d'un congénère ignorant tout de la manoeuvre au départ, mais l'acquérant peu à peu. Ce novice, une fois devenu un pro de l'ouverture de boîte, est mis en présence d'un autre impétrant ignare. Et ainsi de suite sur six « générations ». Résultat : chaque lignée a fidèlement recopié la solution apprise par son fondateur. Un seul individu a fortuitement découvert les deux systèmes au cours de ses tests, ce qui n'a rien changé au mode ultérieur de transmission.
Moralité : nos cousins primates n'ont aucune difficulté à recopier les bonnes idées. Ce qui confirme que les traditions culturelles observées en milieu sauvage (techniques de cassage de noix ou de casse de termite, usage de plantes médicinales, etc.) relève du répertoire comportemental « normal » des primates. Ils n'ont évidemment pas le langage - a fortiori pas l'écriture - pour stocker et diffuser de manière pertinente les informations les plus utiles.
08:15 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Apprentissage, Primates
30 août 2006
Notre ennemi, l'État
Le caractère criminel de l'État n'a rien de neuf et n'est pas surprenant. Il est apparu quand, pour la première fois, des prédateurs se sont réunis et ont formé un État ; et cela continuera aussi longtemps que l'État existe. Car l'État est fondamentalement une institution antisociale et criminelle. (Albert Jay Nock)
Albert Jay Nock, journaliste pamphlétaire, paléoconservateur et anarchisant, a exercé une très grande influence sur les libertariens. À l'encontre des théories présentant l'État comme le résultat d'un contrat social, Nock reprend au sociologue allemand Oppenheimer l'idée qu'il naît toujours à la suite d'un coup de force, d'un acte de conquête.
Bonne nouvelle, le Mises Institute nous offre maintenant, gracieusement, le livre classique de Nock : Our Enemy, The State (PDF de 960 KB). Et pour les fans, l'institut met également en vente le T-shirt.
12:15 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, État, Albert Jay Nock
Ambassadeurs
Ils sont au nombre de 600.000, les étrangers qui étudient aux États-Unis. Autant d'ambassadeurs potentiels auprès de leurs pays des valeurs et des pratiques nord-américaines :
A high-ranking Russian official was in New York during the Cold War to visit the United Nations. He was closely guarded at all times and his contact with Americans strictly limited, but on the ride from his hotel to the U.N. building he looked out the window of his chauffeured car and saw a sidewalk fruit stand. The sight of that roadside produce inspired him to defect, then and there. He reasoned that a country able to leave fresh fruit unguarded must be far richer, stronger and more just than he had been told. The Americans would inevitably win the war.
Newt Gingrich tells a variation of this story in response to critics who want to kick the U.N. out of New York. But the story illustrates a broader principle as well: the immense value of allowing foreigners, especially those from hostile nations, especially elites, to experience American life firsthand. Fortunately, we have a ready-made flow of such people coming into the U.S. every day--students. Unfortunately, most college admissions offices have been slow to adapt to the changing geopolitical climate and unwilling to adjust their theories of diversity and ideas about the role of the university.
09:35 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : Politique, États-Unis, Étudiants
29 août 2006
Invasion américaine ?
Intéressante carte détaillant la présence globale de deux symboles du capitalisme américain. Au début de l'été, nous avions déjà évoqué le succès de McDonald’s en France. Le cas de Starbucks n'est pas moins intéressant.
Par le passé, les États-Unis se signalaient pour servir, sans doute, le pire café de la Terre. Mais aujourd'hui, Starbucks et sa horde d'imitateurs offrent un panorama bien différent. Certes, on peut discuter indéfiniment de la qualité d'une « tasse de café » - en fait, des verres en carton géants - de Starbucks comparée à celle d'un espresso servi sur une piazza romana. Mais on ne peut nier que le café américain se soit spectaculairement amélioré. Au point de conquérir le monde. Starbucks étant, de loin, la compagnie qui connaît le plus grand succès dans ce secteur. Jusqu'à ouvrir un local à Paris. Une file de Parisiens attendant impatiemment leur tour pour acheter une tasse de café américain ? Une fois de plus les Américains imposant leur culture au reste du monde ?
Comme le destin aime se moquer de certains ! De ceux-là même qui reçoivent cette nouvelle comme une preuve supplémentaire de l'impérialisme yankee. Alors que Starbucks représente exactement le contraire : la conquête des États-Unis par l'Europe. Un processus silencieux, mais remarquable dans tous les aspects de la vie, en commençant par le toujours très important domaine de la nourriture et de la boisson. Celui qui arrivait, il y a quarante ans, aux États-Unis ne trouvait comme pain qu'une innommable masse molle blanchâtre à peine cuite. Aujourd'hui, les supermarchés nord-américains offrent une variété de pain supérieure à celle de n'importe quelle boulangerie européenne. Avec le vin, la même chose, mais plus significatif encore. De boisson marginale de vagabonds alcooliques, il est passé aux meilleures tables et personne, qui soignerait un peu son image, n'oserait demander à la place un whisky, mais saura différencier parfaitement un Riesling d'Alsace d'un de Californie. L'huile ? N'en parlons même pas ! Avant n'était connue que celle de soja, cacahuète et tournesol. Maintenant, tout restaurant qui se respecte disposera sur la table, avant de servir, une bouteille d'huile d'olive vierge, accompagnée de morceaux de pain, pour ouvrir l'appétit. Et si nous passons aux plats consistants, le changement n'a pas été moins radical. Le Nord-américain est carnivore par tradition. Des millions sont partis vers l'autre monde sans jamais avoir goûté un animal aquatique. Désormais, le poisson acquiert une place chaque fois plus importante dans les menus, jusqu'à égaler la viande et, à partir d'un certain niveau social, la dépasser, surtout chez les femmes.
Cette « européanisation » de la cuisine nord-américaine est accompagnée de l'européanisation de ses établissements. Tous essaient d'avoir une terrasse, qui en hiver sert surtout pour les fumeurs, mais qui est bondée lorsque le temps se réchauffe. Les coffee shops, ces établissements où l'on prend rapidement au comptoir un maigre sandwich couronné d'un mauvais café sont remplacés par des bar à tapas, des brasseries et les Starbucks. Mais qu'est-ce donc à la fin qu'un Starbucks ? Simplement un endroit où l'on peut boire le café qu'il vous plaît, à un prix raisonnable, assis à une table tout le temps que vous le souhaitez, lisant les journaux du jour mis à disposition de la clientèle. Exactement ce qu'était un vieux café européen. Et ce alors même que disparaissent en Europe ces cafés et les terrasses typiques ! Vivement, donc, un Starbucks dans mon quartier !
15:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Starbucks, Café, États-Unis
Grande-Bretagne : feu vert pour une base de données génétique
L'un des plus gros projets de recherche mondiaux explorant les liens entre mode de vie, gènes et maladies va voir le jour en Grande-Bretagne. La création de la Biobank, proposée pour la première fois en 1998, a reçu le feu vert du gouvernement et du Wellcome Trust, qui financent la grande partie des 89,6 millions d'euros du projet. L'objectif est de récolter les échantillons biologiques de 500.000 citoyens britanniques âgés de 40 à 69 ans et de les interroger sur leur mode de vie afin d'étudier les liens entre l'environnement et des maladies comme le cancer, le diabète, les problèmes cardiovasculaires, Alzheimer, etc.
Le recrutement des volontaires devrait commencer avant la fin de l'année. Ils devront donner un peu de sang, d'urine et répondre à un questionnaire très détaillé sur leurs habitudes alimentaires et leurs conditions de vie. Pour les échantillons biologiques, ils devront se tourner vers les 35 centres ouverts pour l'occasion pour une durée de 6 mois et disséminés sur tout le territoire, Écosse et Pays de Galles inclus. Une expérience pilote avait été menée à Manchester, siège de la Biobank, auprès de 3.800 participants.
Le projet a été bien sûr été critiqué outre-Manche : le comité scientifique de la Chambre des Communes a même publié un rapport estimant que Biobank a été monté sans que les fondements scientifiques aient été clairement établis. Chez GeneWatch, une association se voulant vigilante sur « l'éthique et les risques de l'ingénierie génétique », on s'interroge sur les limites scientifiques du projet - peut-on précisément mesurer les facteurs environnementaux par un questionnaire ? - et ne manque pas de prédire une récupération par le Grand Capital - l'utilisation par les compagnies privées des données recueillies par la Biobank -.
Outre ces perspectives de recherches, près de 5% de la population britannique est déjà répertoriée sur des fichiers d'empreintes génétiques depuis 1995.
08:00 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Génétique, Biobank
28 août 2006
Dix ans de réforme de l'État providence américain
La semaine dernière, on fêtait aux États-Unis les dix ans de la réforme de l'État providence. En effet, c'est le 22 août 1996 que Clinton signa le Personal Responsibility and Work Opportunity Reconciliation Act. Deux articles - « The Critics Were Wrong: Welfare Reform Turns 10 » et « Welfare Reform is Working » (voir aussi « The Continuing Good News About Welfare Reform » - analysent cette législation grâce à laquelle s'effectua le changement le plus profond de la politique fédérale de « bien-être » des trente dernières années, en établissant des limites temporelles pour être bénéficiaire de celle-ci et des requis exigés pour percevoir des allocations familiales (recherche guidée d'un emploi, de travaux pour la communauté ou de cours d'apprentissage).
Comme il fallait s'y attendre quand il s'agit de ce genre de mesure, le secteur « progressiste » ne manqua pas de pousser des cris d'orfraies, qualifiant de désastreuse cette loi. On arriva à prédire que cette dernière jetterait des millions d'enfants dans la misère, que les familles se désagrégeraient, que les salaires descendraient à des niveaux jamais vus, que les rues se rempliraient d'enfants affamés et sans foyer, qui pourraient se voir réduits à la prostitution pour pouvoir manger, que les commerces fermeraient en masse et que la mortalité infantile exploserait.
Dix ans plus tard, une première évaluation permet - comme on pouvait s'y attendre - de qualifier cette réforme de franc succès :
- Trois millions et demi de personnes sont sorties de la pauvreté, alors que les prévisions gauchistes tablaient sur une augmentation de 2,6 millions de pauvres. Dit d'une autre manière, le taux relatif est descendu de 13,8% à 11,7%.
- Depuis 1996, ce sont 1,6 millions d'enfants qui sont sortis de la pauvreté, alors que les prévisions catastrophiques annonçaient une augmentation d'un million.
- La diminution la plus importante de la pauvreté infantile a eu lieu au sein de la population infantile noire, faisant sortir celle-ci de la stagnation où elle croupissait depuis 1970.
- La pauvreté infantile parmi les enfants des mères célibataires a diminué de 10%.
- L'emploi parmi les mères qui ne se sont jamais mariées a augmenté de 50%. Parmi les mères célibataires qui abandonnèrent les études, l'augmentation a été de deux tiers, et parmi les jeunes mères célibataires (18-24 ans), le double.
- Les cas de pauvreté sévère (revenus inférieurs à la moitié du seuil de pauvreté) parmi les enfants sont descendus à 800.000.
Les premiers jobs que trouvent ceux qui ont abandonné le « welfare state » offrent un salaire qui tourne autour de 16.000 dollars par an. Salaires qui augmentent au fur et à mesure de l'expérience acquise. Cette amélioration est observée par les personnes elles-mêmes, qui, dans leur grande majorité, estiment que leur situation économique va s'améliorer dans les cinq années suivants leur renonciation aux subsides.
Face à l'interprétation qui veut que cette amélioration soit due à la réforme de 1996, d'aucuns suggèrent que la cause de cette dernière doit être trouvée dans la bonne situation économique dont jouissent les États-Unis depuis les années '90. Cette dernière théorie peut être réfutée en étudiant l'évolution des indicateurs depuis les années '50. Depuis cette date, ont existé des périodes de croissance comme de contraction de l'économie. En les analysant, on observe qu'aussi bien durant les périodes d'expansion économique que de récession les aides ne cessèrent d'augmenter. Cependant, à partir des années '90, la situation s'inverse et la croissance économique est accompagnée d'une diminution des aides et d'une augmentation des revenus des secteurs les plus pauvres. Par ailleurs, si on étudie l'augmentation des revenus dans la population avec des enfants des classes moyennes et inférieures, on observe que l'augmentation est supérieure chez ces derniers. De même, comme la loi octroyait plus d'autonomie aux États, on a observé que ceux qui offraient plus d'incitants au travail notaient une augmentation des revenus plus forte que dans les États où ces incitants étaient plus faibles.
Il y a 20 ans, Jimmy Carter affirma : « the welfare system is anti-work, anti-family, inequitable in its treatment of the poor and wasteful of the taxpayers’ dollars ». En analysant ces données et les bons résultats de la réforme, on ne peut que lui donner raison. Car les pauvres ne sont pas des handicapés, comme feignent de le croire les bureaucrates et les politiciens, mais bien des personnes capables de penser, de se préoccuper de leur famille et de prendre les décisions qui leur sont les plus bénéfiques, ne demandant que l'État ne les empêche pas de connaître le succès. Quand l'État ne met pas des bâtons dans les roues en empêchant les gens de travailler et lorqu'il élimine les incitants à ne pas travailler, les gens, que jusqu'alors on considérait comme indigents, démontrent qu'ils ne le sont pas, en se levant et en résolvant leurs propres problèmes de manière plus satisfaisante que le ferait n'importe quel bureaucrate.
Bien entendu, cette loi n'est pas la panacée. Il y a encore beaucoup à faire et beaucoup de lois empêchent toujours les pauvres de prendre eux-mêmes leurs propres décisions, à la place des bureaucrates. Sans doute, la réforme la plus nécessaire serait de permettre que les parents puissent choisir l'école de leurs enfants, afin d'avoir plus d'opportunités pour que ces derniers reçoivent l'éducation la plus adéquate qui leur ouvrira le plus de portes, au lieu d'être condamné à l'école que désignera le fonctionnaire de service, qui ne connaît ni l'école, ni les parents, ni les professeurs, ni les enfants, pouvant très difficilement, ainsi, prendre la meilleure décision.
15:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, États-Unis, Welfare state, État providence, Clinton
27 août 2006
Cadavres aux longues manches
Grand retour et grandes retrouvailles, hier soir au Bandy, pour l'anniversaire de l'ami Ronnie Hayek. Et grosse surprise : durant notre absence, Ernie en a profité pour accrocher trois grands ventilateurs au plafond, du genre de ceux qui ne servent qu'à déplacer la chaleur et la malaria. Précédant tout type de commentaire, il nous expliqua :
- Lucilio, au Bandy, il y a des types qui supporteraient la brûlure d'une balle, mais je n'en connais aucun qui accueille avec plaisir les chaleurs de l'été. Et, il y a quelques semaines encore, je devais servir des glaçons qui semblaient avoir été fabriqués dans une obscure boulangerie.
Nous le comprîmes parfaitement : au Bandy, de mémoire d'homme, on n'a jamais vu quelqu'un enlever son veston et se laisser voir en bras de chemise. Le commissaire Delmotte assure qu'un type perd tout lorsqu'il tombe la veste et Henri Timmermans ne cache pas les réticences de la Gazette de Bruxelles pour publier des photographies de cadavres en manches courtes. Il doit avoir raison. Qui peut être intéressé à lire le compte-rendu de la mort de quelqu'un qui semble avoir été assassiné à coups d'éventail ? Henri plaisante en assurant que le rédacteur en chef devint journaliste après avoir été tailleur.
- Étudiez l'Histoire, les enfants. Il n'existe pas un personnage qui soit entré dans l'Histoire en manches courtes. Ces monarques, Lucilio, achetaient leurs vêtement dans une fonderie et, avec la chaleur, ils suaient de l'oxyde de fer.
Parfois, pour échapper à un Bruxelles estival, certains d'entre nous ont la curieuse idée de prendre des vacances, mais personne ne le confesse ouvertement. Le prestige en prendrait un sérieux coup. En son temps, quand il régnait encore sur le trafic de drogue, Carlos « El Capone » Mendez l'expliquait clairement :
- Partent en vacances ceux qui souffrent de la fatigue, mais nous, les gars, nous ne souffrons pas de fatigue, mais d'un mélange de remords, de chaleur et de dégoût.
Au Bandy, finalement, ne sont bien vu que les voyages qui ne sont qu'une fuite. Une semaine ailleurs ? Une plage tranquille ? Sottises ! Certes, nous avons fêté le séjour de Cory Shelton à Venise et nous nous souvenons avoir vu un reportage sur ce voyage ; mais les habitués du Bandy ne peuvent se lancer dans le tourisme avec la passive impunité de ces voyages organisés où la seule émotion forte est la découverte du cadavre du buffet froid.
Walter Rebuttand avoua bien un jour avoir passé deux étés au Sol Meliá de La Corogne. Et même y avoir admiré les voiliers comme s'il s'agissait de régates de gibets du Ku Klux Klan. Une après-midi accablante, il faillit enfiler une chemise à manches courtes. Il y renonça rapidement. Un homme en manches courtes ne mérite même pas une balle, seulement un peignoir. Walter ne prit plus jamais de vacances. Il préfère désormais rester au Bandy, bien que les nouveaux ventilateurs ne servent qu'à faire tomber les cendres des cigarettes.
14:15 Publié dans At the Bandy | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
25 août 2006
Vision politiquement incorrect sur le féminisme
Le mois d'avril dernier était publié un livre de Carrie Lukas intitulé The Politically Incorrect Guide to Women, Sex And Feminism. Deux mois plus tard, Jamie Glazov l'interviewait pour le compte de Front Page Magazine. Résumé de l'entrevue :
- Les deux grands mensonges avec lesquels on tente de laver le cerveau des jeunes femmes, surtout à l'université : les hommes sont l'ennemi et le gouvernement est la réponse à leurs problèmes.
- Les études montrent - comme le bon sens en avait l'intuition - que la majorité des femmes préfèrent encore que ce soit l'homme qui soit le principal soutien économique de la famille. Ce qui ne signifie nullement qu'il ne puisse ni ne doive participer aux tâches domestiques.
- Les féministes radicales veulent que les hommes et les femmes soient interchangeables et se consacrent aux mêmes choses. Toutefois, tous deux ont chacun leurs propres préférences, ce qui provoque la colère des dites féministes. Les femmes se préoccupent plus que les hommes des enfants, et acceptent plus volontiers des emplois moins payés mais plus flexibles qui leur permettent de se consacrer davantage à leur foyer.
- Les groupes organisés de féministes militent pour un État omniprésent et s'opposent à toute mesure qui rende aux gens le contrôle sur leur propre vie.
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Des groupes féministes comme Now gaspillent une énergie folle pour des bêtises, comme exiger une nouvelle diffusion du programme de télévision « Commander in Chief » où le président des États-Unis est une femme, ou protester parce qu'Elizabeth Vargas a abandonné le programme « World News Tonigh » afin de consacrer plus de temps à ses enfants.
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Carrie Lukas se sent orgueilleuse du travail réalisé par les femmes de Independent Women’s Forum (dont elle est vice-présidente) qui ont drillé des femmes irakiennes pour qu'elles puissent participer à la vie démocratique.
09:40 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Féminisme, Carrie Lukas, Politiquement correct
24 août 2006
Cherche scandale désespérément
Quelques semaines avant la visite du Pape Benoît XVI en Allemagne, l'hebdomadaire Der Spiegel (n° 32-2006) attaque l'Église catholique sur un des points les plus sensibles dans ce pays : l'écologie, ou plutôt l'écologisme. Le scandale serait majuscule : fréquenter des cérémonies religieuses est dangereux pour la santé ! Pas seulement mentale, comme on nous l'assure depuis Marx, mais bien physique.
Or donc, une étude nous assure que l'encens et la fumée des bougies peuvent porter gravement atteinte à notre santé. Der Spiegel nous prévient : les concentrations de petites particules dans les grandes célébrations eucharistiques catholiques peuvent atteindre le 220 microgrammes par mètre cube. Quatre fois plus que ce qui est recommandé par l'Union européenne ! L'auteur de l'« étude » est le climatologue Stephan Weber, de l'université de Duisburg-Essen, qui a réalisé ses mesures dans une paroisse proche de son domicile, bien qu'il menace avec de nouveaux et plus exhaustifs contrôles pour Noël, époque où les églises usent de l'encens à profusion.
Guido Horst, du journal catholique Die Tagespost, fait montre de tous ses dons d'ironie pour commenter la nouvelle. Qu'il y a-t-il d'étonnant, nous dit-il, à ce qu'un grand critique anticlérical comme Karlheinz Deschner renoue avec son incessant labeur de recherche de scandales ecclésiastiques, et décide d'inclure dans sa longue liste de « crimes » un chapitre écologique. De même, Greenpeace, continue Horst, pourrait sérieusement envisager la distribution de masque lors de la visite de Benoît XVI et l'organisation contestatrice Nous sommes l'Église pourrait réfléchir à l'opportunité d'ouvrir des espaces de culte « libre de fumée ». Dans la même veine, l'agence catholique Kath.net publiait une caricature montrant un homme, dans un bar enfumé et avec un verre de bière à la main, déclarant qu'il n'allait pas à l'église par crainte de la contamination.
16:45 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Église, Pollution


