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15 septembre 2006

Académies du crime

Non, il ne s'agit pas d'une reportage sur les prisons, mais d'un article de James Bartholomew sur les écoles britanniques, paru au mois de mai. Les victoriens croyaient fermement que l'éducation était cruciale pour lutter contre le crime. Mais, un siècle plus tard, nombre d'écoles souffrent de problèmes de violence, d'indiscipline grave, de drogue, etc.

Bartholomew fait état de quelques données intéressantes. Deux vols sur cinq commis dans les rues sont le fait d'enfants ou d'adolescents âgés de 10 à 16 ans, et cela durant les heures de cours. De même qu'un quart des vols dans les domiciles et un tiers des vols dans les véhicules. La clé du problème semble se trouver dans le fait qu'un certain pourcentage d'écoliers atteignent un âge où ils ne veulent plus aller à l'école, alors qu'ils y sont obligés par la loi. Quand l'école était obligatoire jusqu'à 14 ans, ceux qui créaient des problèmes étaient les élèves de 13 ans. Quand l'obligation scolaire fut relevée à 15 ans, les enfants de 14 ans qui devinrent problématiques. Actuellement, ce sont ceux de 15 et 16 ans. Manifestement, il y a une réflexion à mener sur les effets pervers de l'obligation scolaire.

Bartholomew relate le cas de la jeune Miles Nanton. À 13 ans, elle menaçait les plus jeunes pour que ces derniers lui cèdent leurs bons de nourriture, qu'elle vendait ensuite à d'autres enfants. Ensuite, elle commença à voler dans les magasins. Elle en arriva même à menacer quelqu'un d'un couteau. Sa mère la retira de l'école publique et l'envoya, avec son jeune frère, dans une école privée, Tabernacle School, qui lui coûtait 6.000 livres par an. La vie de Miles changea radicalement. Tabernacle School aide les enfants individuellement et enseigne des codes de conduite et de moralité. Il s'agit d'une de ces écoles privées pour personnes aux ressources limitées qui sont chaque fois plus nombreuses (passant de 170 à 276 en un an).

Malgré la supposée « gratuité » de l'école publique, on observe que chaque fois plus nombreuses sont les personnes qui préfèrent, en plus de leurs impôts, consacrer une part non négligeable de leurs revenus pour envoyer leurs enfants dans des écoles privées. Et cela, non pas tant pour des motifs religieux, mais simplement pour qu'on leur enseigne et qu'on les éduque correctement. Il est à supposer qu'apparaîtront de plus en plus d'écoles privées pour les gens modestes, car la demande existe. Des locaux modestes, peut-être d'organisations caritatives, des professeurs à la retraite travaillant pour un salaire réduit, les possibilités sont multiples. Cette tendance est imparable et elle s'observera partout (et même dans les pays du Tiers-monde) car les écoles publiques, malgré l'énorme coût qu'elles représentent pour la société, sont en général un fracassant échec.

MÀJ : lire également « Bidouille de la carte », sur la carte scolaire en France.

Commentaires

Intéressant article qui se rapproche de mes propres conclusions ; à rapprocher aussi, le débat de la carte scolaire, qui, à l'instar de l'âge légal, a prouvé sa totale inefficacité et qu'on continue pourtant de reconduire...

Ecrit par : h16 | 17 septembre 2006

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