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19 septembre 2006
Le retour du DDT
30 ans après l'interdiction de l'usage du DDT, l'Organisation mondiale de la Santé annonce que cet insecticide va rentrer à nouveau dans l'arsenal des moyens destinés à lutter contre le paludisme qui tue annuellement des millions de personnes. Errare humanum est. D'accord. Et, maintenant, qui va annoncer cette bonne nouvelle aux 92 millions de morts, victimes de l'intégrisme vert ?
L'histoire de cet holocauste vert commença il y a plus de 40 ans, lorsque parut le livre qui allait devenir le livre de chevet des écologistes radicaux, Silent Spring de Rachel Carson. Cette dernière, plutôt que d'être commémorée comme celle qui amena la conscientisation écologiste, doit être considérée comme celle qui, pour se sentir bien avec elle-même, est à l'origine de millions de morts. Et The Silent Spring fut son Mein Kampf. Le legs se révèlera mortel au-delà de toute imagination. Dix ans plus tard, en avril 1972, après sept mois d'audience, le juge administratif nommé par la EPA, Edmund Sweeney, concluait que « le DDT n'est pas cancérigène pour l'homme » et que « l'emploi de DDT selon les règles n'a aucun effet délétère sur les poissons d'eau douce, les organismes estuaires, les oiseaux sylvestres ou sur d'autre forme de vie sauvage ». Cependant, deux mois plus tard, l'administrateur de la EPA (membre et bénéficiaire de fonds de l'Environmental Defense Fund) William Ruckelshaus - qui jamais n'assista à aucune des audiences durant les sept mois que dura le procès du DDT et qui ne lut non plus les transcriptions des audiences - ignora royalement la sentence du juge Sweeney. Ruckelshaus déclara que le DDT était « potentiellement cancérigène pour l'homme » et l'interdit pour pratiquement tous les usages.
Dès que fut effective l'interdiction de l'usage du DDT, la malaria, qui disparaissait au fil des années, reconquit de manière foudroyante tout le terrain perdu. Un beau succès de l'écologisme. Heureusement, depuis quelques temps déjà, le DDT revient en force. Ainsi la Zambie, un des pays les plus pauvres au monde et détenant les pires indices de santé, privatisa ses mines de cuivre. Ce qui permit aux nouveaux propriétaires de reprendre les programmes de contrôle de la maladie. Les résultats furent spectaculaires. Une première campagne de pulvérisation de DDT à l'intérieur des habitations réduisit la mortalité de près de 50% en un an. Une seconde campagne enregistra également une diminution des cas de 50%. Et durant ces trois dernières années, aucun décès dû à la malaria ne fut signalé. Le succès fut si phénoménal que le gouvernement zambien finance maintenant des programmes similaires payés sur ses fonds propres. Au grand dam des écologistes, toujours fidèles à leur devise : « Périsse le monde pourvu que triomphe l'idée ! »
Mais entre-temps, d'autres pays souffrirent atrocement, l'Organisation Mondiale de la Santé, l'Agence pour le Développement International du gouvernement des États-Unis, la Banque Mondiale et presque toutes les autres organismes d'aides ne permettant pas l'achat de DDT avec leur argent, pour combattre les moustiques qui transmettent la malaria. Le pire est qu'il ne s'agissait pas là seulement de « correction politique » de la part de ces organisations, mais bien une instrumentation de politiques de santé publique. Ainsi, l'OMS et le Global Fund fournissent aux pays pauvres des médicaments qui ne servent pas. Les chercheurs scientifiques sont furieux de voir que le Global Fund contre le sida, la tuberculose et la malaria, sous recommandation de l'OMS, achète des anciens médicaments à la chloroquine contre la malaria, qui ne coûte que 10 cents par dose, mais qui sont inefficaces. La chloroquine a été un médicament merveilleux, utilisé avec succès durant plus de 50 ans, mais la résistance à ce produit atteint maintenant les 80%.
Ainsi, des millions de personnes meurent chaque année inutilement. Les organisations internationales de santé manquent à leurs obligations et au leadership qu'on attend d'elles. Pendant le temps que vous avez mis pour lire cet article, sont morts cinq enfants en Afrique d'une maladie évitable et curable. Dans ce continent, jusqu'à présent, seule l'Afrique du Sud maintient sous contrôle la malaria en faisant usage du DDT et de médicaments composés d'artémisinine parce qu'elle peut financer ses propres programmes et ne dépend pas des diktats des organismes internationaux ni ne doit se plier à leurs phantasmes. Saluons donc comme il se doit le retour du DDT.
MÀJ : lire également l'article « Le Fluffy massacreur ».
11:15 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, DDT, Paludisme, Malaria, OMS, Silent Spring, Rachel Carson



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