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30 septembre 2006
Le ténébreux monde onirique des gauchistes
Une récente étude de l'Université John F. Kennedy de Californie confirme ce que nombre de gens suspectaient depuis longtemps : les « progressistes » ont des nuits agitées et des rêves peu (pas) réalistes.
A dream researcher from John F. Kennedy University in California has discovered fundamental differences between the dream worlds of people on the ideological left and the ideological right.
Among his findings, Kelly Bulkeley discovered that liberals are more restless sleepers and have a higher number of bizarre, surreal dreams -- including fantasy settings and a wide variety of sexual encounters. Conservatives' dreams were, on average, far more mundane and focused on realistic people, situations and settings.
[...]
"While some of my colleagues think my research reinforces the stereotype of repressed, uptight conservatives, it also shows that many liberals may he hanging on the edge of mental well-being," Mr. Bulkeley said. "There may be a lot of hidden distress and unpleasantness in the liberal mind."
(Rappel : aux États-Unis, « liberals » désignent les gauchistes, pas les libéraux.)
08:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Gauchistes, Progressistes, Rêves, Cauchemards
29 septembre 2006
Libre choix scolaire
La semaine passé, The Economist évoquait les vertus du système scolaire de la province d'Alberta au Canada, en reprenant l'exemple de la ville d'Edmonton où un système public mais de libre choix fonctionne bien :
This is especially true in the province's capital of Edmonton, which is noted for its innovative system stressing choice, accountability and competition. Funding there is based on the number of students in a school. Each school controls its own budget, spending money on its own educational priorities (such as improving aboriginal-student results), while following the provincial curriculum. Students are free to (and 57% do) attend any school in the city, not just in their own neighbourhood. They can seek out schools specialising in the arts, sports, leadership skills, girls-only education, aboriginal culture, Mandarin, and many other alternative programmes—or simply choose the schools with the best academic results. Students in every grade are tested annually and their scores published.
De son côté, le Cato Institute vient de publier un article intitulé « Giving Kids the Chaff: How to Find and Keep the Teachers We Need » qui se penche sur le mode de recrutement des professeurs par les écoles des États-Unis et qui montre que les administrateurs des établissements scolaires prennent plus au sérieux ce recrutement s'ils opèrent dans un environnement de concurrence entre écoles. Extrait du résumé :
Only new hiring policies that effectively separate the wheat from the chaff can transform the teaching profession. But administrators are unlikely to change their hiring practices unless they are given real incentives to do so. In districts where school choice fosters competition among schools, public school administrators seek out higher-performing applicants and work harder to retain them. That effect is especially pronounced in low-income districts and can meaningfully improve educational outcomes for poor students. School choice can help improve the quality of the teacher labor force, thereby boosting student achievement and restoring meritocracy to the education system.
Par ailleurs, le Cato Institute vient également de publier Liberty & Learning: Milton Friedman's Voucher Idea at Fifty, un ouvrage écrit par plusieurs spécialistes sur le chèque scolaire, ses avatars et son potentiel actuel et futur.
Pour continuer, un article intitulé « School Choice: The Three Essential Elements and Several Policy Options » rédigé par un des plus grands spécialistes nord-américains sur l'étude des effets du libre choix et de la concurrence entre écoles par rapport au rendement scolaire, Caroline Hoxby. Tyler Cowen a résumé les trois éléments essentiels de l'étude :
- Supply flexibility, which means that schools should have the ability to open where there is demand for them, expand with increased demand and contract with reduced demand
Money should follow students, which means that funding policies must be designed so that schools that are in demand have the funds to expand and those that are not in demand lose funds and must contract; and
Independent management of schools, which means that schools must be free to innovate in a range of areas, including pedagogy, teacher pay, budget allocation, and the way the school is organised.
Le problème est que ces trois éléments sont loin d'apparaître simultanément. Et il improbable que chacun, pris isolément, puisse servir beaucoup. Par exemple, un système de chèque scolaire où les écoles ne possèdent pas la capacité d'ajuster leur offre à la demande ou pour inciter celle-ci aura les plus grandes difficultés pour pouvoir sortir ses effets bénéfiques.
Et enfin, un peu de « drogue dure ». Foin de ces emplâtres sur des jambes de bois tel que peut apparaître pour certains le chèque scolaire. À l'état brut, la critique rothbardienne de l'éducation publique, republiée par le Mises Institute : Education: Free and Compulsory.
15:10 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Éducation, Chèque scolaire, Cato Institute, Caroline Hoxby, Rothbard
28 septembre 2006
En fouillant les poubelles
Après Big Brother dans votre assiette, voici Big Brother dans vos poubelles. On savait que la fouille des poubelles se révélait être une mine de renseignements. De même que les États n'ont de cesse de nous épier, de nous contrôler et d'engranger tout type d'informations sur nos petites personnnes. Nos poubelles ne pouvaient échapper plus longtemps au contrôle. C'est ainsi que la Grande-Bretagne a décidé d'être pionnière en la matière :
A computer inside the truck weighs the bin as it is raised, subtracts the weight of the bin itself and records the weight of the contents on an electronic data card.
When the truck returns to the depot, all the information collected on the round is transmitted to a hand-held device and downloaded on to the council's centralised computer. Each household can be billed for the amount of waste collected - even though they have already paid for the services through their council tax.
[...]
But critics believe the ultimate aim is to charge 'offenders' according to how much unrecyclable rubbish they leave outside for collection. Councils expect the Government to introduce laws soon to enable them to set limits on how much rubbish households put out, and fine those who exceed them.
À partir d'aujourd'hui, citoyens, n'oubliez pas de toujours mettre vos déchets compromettants dans la poubelle du voisin. Qui sait ?
13:05 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, État, Big Brother, Déchets
Guerre civile en Bolivie ?
Au mois de juillet, nous évoquions déjà le risque de partition que courrait la Bolivie suite à la politique d'affrontement conduite par son président Evo Morales. Sans vouloir être apocalyptique, ni déterministe, on ne peut que constater le nombre d'indices qui conforte l'hypothèse d'une guerre civile en Bolivie. En effet, croire qu'un dirigeant émotif, qui est toujours sur la défensive, va modifier ses attitudes provocatrices alors qu'il est au pouvoir pour administrer un pays de manière responsable, est utopique. En général, les gens ne changent pas. Partant de cette prémisse, il est impossible que Morales apprenne subitement et par osmose comment gouverner un État de façon pacifique et démocratique. Par ailleurs, le président bolivien méconnaît les ressorts de l'administration publique, des relations internationales et ceux de l'économie. Et ses ministres ne démontrent pas être plus au fait que lui.
Cette vision pessimiste de la situation du pays andin vient d'être renforcée par un rapport réalisé par le Groupe d'Aide aux Collectivités étrangères de la Chancellerie argentine, particulièrement dramatique quant au futur de ce pays et inquiétant pour ses voisins. L'étude révèle que, sur base du modèle développé par Paul Collier et Anke Hoeffler, il existe 56% de probabilités qu'éclate une guerre civile en Bolivie. Pour réaliser ce rapport, furent pris en compte diverses variables comme les exportations primaires, le PIB, le PIB par habitant, la croissance du PIB, les mois de paix, la concentration géographique, la population, le fractionnement social et la prédominance ethnique.
Il s'agit-là d'un modèle utilisé depuis des décennies par les grandes entreprises, surtout aux États-Unis, pour établir les risques que présentent les pays du monde pour les investisseurs potentiels. Ce modèle est basé sur un calcul de régressions historiques des guerres civiles, qui montrent que les causes profondes des affrontements belliqueux internes d'importance sont économiques, alors que les motifs sociaux et politiques affectent moins la fragilité des nations. 56% de probabilités d'une guerre fratricide, c'est un pourcentage élevé, si l'on tient compte du fait que les paramètres de ce type d'étude - appliqués avec succès dans 161 pays, entre 1960 et 1999 - indiquent qu'avec 42% sont déjà réunies les conditions objectives qui peuvent déclencher tôt ou tard un conflit majeur.
Cette situation ne manque pas de préoccuper grandement les pays de la région, surtout les limitrophes. Ainsi, une guerre civile au centre de l'Amérique latine, en plus du désastre politique pour la région et le chaos énergétique pour le Brésil, signifierait que l'Argentine devrait recueillir entre 600.000 et un million de réfugiés boliviens, avec un coût annuel pour la république australe de 438 à 730 millions de dollars annuels. Sans compter qu'un conflit de ce genre pourrait coûter à la Bolivie la coquette somme de 24 milliards de dollars. Les rodomontades du vice-président bolivien Álvaro García Linera, convoquant les, indigènes à défendre les armes à la main les mesures socialistes prises par le gouvernement d'Evo Morales, ainsi que celles de l'ancien chef de l'armée, le général à la retraite Marcelo Antezana, qui menaçait d'une intervention des forces armées si Evo Morales et la classe politique s'écartaient du cadre constitutionnel, n'augurent décidément rien de bon.
11:50 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Bolivie, Evo Morales, Guerre civile
27 septembre 2006
Quitter le PCC
À ce jour, ils seraient déjà près de 14 millions les Chinois (c'est-à-dire près d'un quart des membres) qui auraient décidé de quitter le parti communiste chinois :
A few shy of 14 million people have quit the CCP. Acts of non-violent civil disobedience have changed the course of nations over the ages and it appears history is repeating itself in China today. Inspired by the Award Winning publication of the Epoch Times Nine Commentaries on the Communist Party, Chinese people around the world are taking a stand publicly renouncing their association with the Party marred by a history of violence, corruption and persecution. The current number of resignations as of September 26, 2006 is a grand total of 13,880,060 an increase of over 26,000 from the day before.
17:05 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, International, Chine, PCC, parti communiste chinois
Sans enfant ou reproductrice acharnée : même combat
Vous êtes une femme ? Vous n'avez pas d'enfant ? Vous en avez cinq ou plus ? Vous en avez moins, mais vos enfants ont moins de 18 mois d'écart entre eux ? Gare à votre santé au troisième age, et gare à ne pas mourir plus jeune que les autres, car vous êtes sur la mauvaise pente. C'est en tout cas ce que révèle une étude du Conseil de la recherche économique et sociale britannique.
Les résultats se fondent sur trois bases de données, britanniques et américaines, sur des femmes nées à partir de 1911. Pour Emily Grundy, responsable de cette étude, si l'on savait déjà que les tous premiers temps de vie avaient une influence sur la santé et la mortalité ultérieure, c'est la première fois que l'on met en lumière l'impact de la parenté et du mode d'appariement, tous contextes socio-économiques confondus. Si l'élevage d'enfants à la chaîne semble délétère pour la santé, le mariage ou toute forme de relation sentimentale stable et durable, au contraire, auraient un effet protecteur pour les femmes comme pour les hommes. Un père de plusieurs enfants rapprochés, s'il cumule en plus un ou plusieurs divorces et séparations, risque de ne pas faire de vieux os. Idem pour les femmes s'étant reproduites avant 21 ans : leur santé, mentale en particulier, est bien plus médiocre à 53 ans que celles qui ont un peu plus attendu.
Les principaux facteurs seraient pour Emily Grundy les stress psychologiques et physiques induits par ces expériences. Néanmoins, en ce qui concerne les femmes sans enfants, le communiqué de presse n'est pas très bavard. Par contre, les femmes donnant naissance à leur premier enfant à plus de 40 ans auraient aussi plus de chances de perdurer dans l'existence. Même si Emily Grundy conçoit ici que le fait de mettre un enfant si « tard » au monde est la preuve d'une bonne santé préalable. On comprend maintenant pourquoi Madonna est la reine du monde !
08:20 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Economic and Social Research Council, Emily Grundy, Femme, Enfant
26 septembre 2006
Big Brother dans votre assiette
Après dix ans de campagne gouvernementale et 100 millions de livres détournées de la poche des contribuables et dépensées en vain, les habitudes alimentaires des Écossais non seulement ne se sont pas améliorées mais ont empiré. La Food Standards Agency a constaté qu'entre 1996 et 2005, la consommation de fruits et de légumes est tombée de 249 grammes par jour à 246 grammes, très loin de l'objectif des 400 grammes. De même, la consommation de poisson a diminué, alors que les objectifs de réduction de la consommation de graisse et de sel n'ont pas été atteint.
Nous connaissons bien la réaction compulsive du junkie statolâtre quand une mesure étatique ne fonctionne pas : encore plus de la même chose. Donc - qui l'eût cru -, les auteurs du rapport qui reprend ces données réclament des mesures législatives pour obliger les gens à bien manger. Car selon eux :
So pervasive is poor diet that reliance on individual choice as the prime ideology in shaping food supply is no longer an adequate policy or ideology.
Quand les adorateurs de Big Brother comprendront que les Écossais, comme tout le monde, savent très bien quels sont les aliments sains et ceux qui ne le sont pas. Si les Écossais veulent manger ce qui théoriquement ne leur convient pas, c'est leur problème. La « santé publique » n'existe pas. Il existe seulement la santé de chacun des individus, qui concerne uniquement ces derniers et non pas le gouvernement.
12:00 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Food Standards Agency, Big Brother, Santé, Régime alimentaire
Pourquoi les politiciens sont-ils si nuls en économie ?
Premier élément de réponse : Parce qu'une bonne économie n'est pas une bonne affaire pour les groupes de pression, or les politiciens - surtout les législateurs des démocraties « représentatives » - doivent donner des gages à ces groupes. C'est ainsi qu'une couple de sénateurs nord-américains propage une curieuse thèse économique pour justifier les barrières douanières plus élevées qui bloquent les importations provenant de Chine. Pour qu'existe le libre commerce mondial, doivent exister entre les pays qui commercent des taux de change flottants. Si l'on accepte cette thèse, il convient donc d'accepter ses conséquences. Comme la monnaie chinois, le yuan, ne flotte pas librement face au dollar, il est parfaitement compatible avec le libre commerce de taxer fortement les marchandises chinoises.
Bien entendu la thèse des sénateurs Charles Schumer et Lindsey Graham est fausse. Le commerce libre fonctionne aussi bien avec des taux de change fixes que flottants. Ou, comme le rappelle Greg Mankiw, professeur de Harvard, aux sénateurs : « There is nothing inconsistent between free trade and fixed exchange rates » ; et renvoie les sénateurs rien moins qu'à Hume qui expliqua au 18e siècle comment florissait le libre commerce avec des taux de change fixes liés à l'étalon-or, au travers des ajustements de prix des biens en accord avec l'offre et la demande. Par ailleurs, Mankiw nous offre une reductio ad absurdum pour réfuter la sottise des sénateurs. Puisque le taux de change est fixe entre New York et la Caroline du Sud, faut-il taxer le commerce entre ces deux États de l'Union pour qu'il s'ajuste à certain modèle indéchiffrable du « libre commerce » ?
Bien entendu, ces sénateurs ne cherchaient pas à découvrir une nouvelle théorie qui révolutionnerait l'économie mondiale, mais seulement à justifier une mesure - l'augmentation des tarifs douaniers - qui devrait plaire à une partie de leurs électeurs. À une partie minoritaire, minuscule en fait, de ces électeurs, mais extraordinairement bien organisée. Et au détriment des intérêts de la majorité de leurs électeurs qui, comme consommateurs, tirent bénéfice des prix plus bas des marchandises chinoises.
Ainsi fonctionne la logique de l'action collective, comme l'a brillamment expliqué Mancur Olson : dans une démocratie représentative, les petits groupes organisés autour d'un intérêt bien précis ont plus de pouvoir que les groupes majoritaires, dispersés et possédant des intérêts divers. Pour les consommateurs, le coût du lobbying auprès des parlementaires est trop élevé par rapport au gain marginal qu'ils pourraient en retirer ; en revanche, pour les groupes de pression, ces coûts sont justifiés par les rentes qu'ils obtiennent avec une législation favorable à leurs intérêts. C'est pour cette raison, entre autres, que nombreux sont les politiciens fanatiques de la mauvaise économie. (Et qui détestent le bon journalisme économique et les professeurs d'économie, comme Mankiw, qui ont le mauvais goût de les remettre en place.)
09:50 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Économie, Charles Schumer, Lindsey Graham, Greg Mankiw, Mancur Olson, Libre commerce
25 septembre 2006
Éloge de la bourgeoisie
Il existe peu de figures qui soient tant honnies que celle du bourgeois, ni un système économique moins valorisé que le capitalisme. Cependant, les bourgeois conduisirent les révolutions libérales qui terrassèrent le féodalisme et ses privilèges. Et, avec l'aide du capitalisme, ils arrivèrent à extraire de la misère des millions et des millions de personnes, en même temps qu'ils abolissaient l'esclavage et favorisaient l'émancipation féminine. Des siècles plus tard, bien que comme consommateurs nous nous extasions devant les progrès technologiques, voyons avec plaisir les prix des produits diminuer et jouissons du bien-être acquis, nous continuons de feindre de maudire le « vil métal » et le matérialisme, que nous accusons de tous les maux du monde. Avec aussi peu d'amis, et une fois assuré que l'anticapitalisme est un juteux commerce, il est difficile, si pas (presque) impossible, de rencontrer un ouvrage qui sauve le terme « bourgeois » de l'ostracisme auquel l'ont condamné ses ennemis et qui lui rende son honneur.
Dans The Bourgeois Virtues: Ethics for an Age of Commerce, Deirdre McCloskey, économiste réputée et également connue pour une polémique opération de changement de sexe, explique pourquoi les vertus, comprises comme habitudes ou dispositions du caractère, nous permettent d'atteindre les buts que nous poursuivons, et comment, dans les lieux où il s'enracine, le capitalisme stimule le développement personnel. Il y a longtemps que l'importance de l'éthique dans le capitalisme a déjà été mis en évidence ; par exemple, par Adam Smith (Théorie des sentiment moraux) ou par Max Weber. Ainsi, ce dernier montra comment seulement grâce à des qualités morales sûres et développées, l'entrepreneur obtient la confiance de ses employés et clients. Pour sa part, McCloskey indique que la principale vertu bourgeoise est la prudence d'acheter bon marché et de vendre plus cher, mais aussi celle de commercer au lieu d'envahir, de calculer les conséquences, et de poursuivre le bien avec compétence.
McCloskey explique qu'il existe six vertus supplémentaires qui complètent le profil de la société commerciale. Parmi celles-ci, nous trouvons la modération, qui suppose économiser et accumuler mais surtout s'éduquer soi-même dans les affaires et dans la vie, écouter humblement le client et résister à la tentation de tromper. La justice joue également un rôle essentiel : soutenir la légitimité de la propriété privée acquise honnêtement. Cela sans oublier le courage pour apprécier les personnes pour ce qu'elles peuvent faire plus que pour ce qu'elles sont et de ne pas se montrer envieux des succès du prochain. Ni de mentionner et de souligner l'importance du courage nécessaire pour assumer de nouveaux projets et surmonter la peur du changement, comme celui d'accepter les idées nouvelles.
Mais toutes ces vertus, seules, sont insuffisantes sans d'autres que McCloskey considère, généralement, plus propres au sexe féminin, comme l'amour, la foi et l'espérance : l'amour pour bien traiter les amis, les employés, les clients et, plus largement, le prochain, désirer le bien de l'Humanité ; la foi pour honorer la communauté et soutenir les traditions religieuses, culturelle et commerciales ; et l'espérance pour inspirer au travail quotidien un projet qui nous tient à coeur. Le nombre d'exemples d'entrepreneurs qui exercent cette vertu, que certains appellent « bienveillance » ou « charité » et que McCloskey englobe dans la vertu d'amour, a explosé ces derniers temps, et plus spécialement dans le pays le plus capitaliste du monde, les États-Unis, où des capitalistes comme Gates donnent des quantités exorbitantes d'argent pour la lutte contre le SIDA (287 millions de dollars) ou pour d'autres projets humanitaires (près de 30 milliards de dollars).
On observe ainsi que le capitalisme n'est pas unidimensionnel, mais qu'il prospère dans une atmosphère de prudence, de modération et de justice et qu'il abrite des qualités et d'autres vertus morales, parmi lesquelles on distingue l'amour. Par ailleurs, la parole donnée est une carte de présentation dans ce type de société ; l'honnêteté une valeur en hausse, ainsi que la sympathie et la bienveillance. Ainsi, ne discriminez-vous pas vos amis ou vos fournisseurs selon le traitement qu'il vous réserve ? Ne connaît-on pas de cas d'employés pourtant bien payés qui abandonnent l'entreprise où ils travaillent parce que leurs supérieurs sont injustes ou harceleurs ? Comme l'ont démontré des cas de corruption comme celui d'Enron, l'éthique est indispensable dans le capitalisme, et pas seulement lorsque le climat économique est bon, mais surtout lorsque la crise frappe le marché.
14:40 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Bourgeoisie, Deirdre McCloskey, Capitalisme, Vertus, Éthique
24 septembre 2006
Elle l'aimera toujours
Nous sommes déjà plusieurs au Bandy à nous inquiéter pour Olga, notre petite Estonienne préférée. Olga Stepanoff, qui signe ses chroniques mondaines en terminant son nom d'un double « f » censé prouver une aristocratique ascendance. Mais nous savons tous que ses ancêtres n'étaient que de simples moujiks de la Carélie russe, déportés sous Staline, et qu'elle profita des évènements de 1991 pour venir en Belgique. Une des premières choses qu'elle y fit, fut d'aller au zoo d'Anvers et tenter de toucher l'oreille d'un éléphant d'Afrique. Notre Olga, donc, dépérit à vue d'oeil. Inconsolable, rien ne peut lui remonter le moral, même pas deux side-cars pris coup sur coup. Cette petite encaisse décidément bien mal les ruptures amoureuses. La dernière fois que nous l'avons vu dans cet état, c'était il y a deux ans. Pour un autre homme, bien sûr. Il était né le 3 avril, elle le 2. Seuls 50 ans de différence et le maudit Atlantique furent coupables de ce qu'ils ne tombèrent pas amoureux l'un de l'autre et qu'il mourut plutôt qu'il ne le devait, avant qu'elle ne trouve un moyen pour le rencontrer et l'interviewer.
Marlon Brandon avait tout. La bouche parfaite, le nez de boxeur et cette fausse dureté que seules savent déchiffrer les filles un peu maternelles. Et tout cela, l'important, il le conserva jusqu'à ce que, un jour d'été, Olga entendit à la radio, stupidement, laconiquement :
- Marlon Brandon est mort à l'âge de 80 ans.
Mais quelle femme se souciait de son âge ? Tony Kaye, qui fut son ami les cinq dernières années, raconta qu'il vivait avec un incroyable tribu de femmes âgées de la vingtaine à la septantaine et que jamais on ne sut exactement ce qui se passait entre elles et lui lorsque tombait la nuit. Il restait toujours cet incorrigible séducteur. Un jour, Brandon expliqua que les femmes n'avaient pas besoin de la tutelle des hommes et qu'il suffisait de leur consacrer une demi-heure par jour. Mais, durant ce court laps de temps, elles devaient être les reines, elles devaient se sentir le centre du monde, indépendamment du fait qu'on les caresse, qu'on les écoute ou qu'on leur raconte des choses. Cela semble un sage conseil.
Marlon se maria trois fois ; d'abord avec une Hindoue, Anna Kashfi ; ensuite avec la Mexicaine Movita Castañeda ; et, enfin, avec une Tahitienne appelée Tarita Teripaia. On lui adjuge entre sept et onze fils et jamais il n'arriva à former un foyer stable. Toutefois, il se préoccupait fort de toutes ces personnes et la vie le frappa cruellement. Son fils Christian, dont il disputa désespérément la garde à Anna, entra en prison en 1991 pour avoir tué le fiancé de sa demi-soeur Cheyenne, et celle-ci, fille de Tarita, finit par se suicider en 1995. Marlon pensa mourir. Il grossit horriblement et se lança dans d'absurdes régimes, qui le faisaient perdre et gagner du poids comme un gigantesque yo-yo. Le taureau d'Omaha, l'enfant terrible qui aimait scandaliser les gens par des séquences de pets, avait la nausée dans le carrousel de la vie. Il disait que les gens étaient hypocrites, qu'il ne se fiait à personne.
- La largeur du sourire que l'on t'offre à Hollywood dépend des recettes de ton dernier film, se plaignait-il.
Dans le fond, c'était un enfant perdu :
- Ma mère était tout pour moi. Quand je revenais de l'école, il n'y avait personne, le frigo était vide et le téléphone sonnait. C'était quelqu'un qui appelait d'un bar quelconque et qui disait : Nous avons une femme ici que tu ferais bien de venir chercher. Un jour je n'en puis plus et je ne m'en préoccupai plus.
Anna, Movita, Tarita et les autres furent pour Marlon les noms de sa mère, toujours cherchée.
Ce jour-là, Olga, enfant slave, pria la Vierge. Un homme qui rendit heureuses tant de femmes ne devrait être qu'au ciel.
01:00 Publié dans At the Bandy | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note



