04 octobre 2006
PIB et bonheur
Il fut un temps où le socialisme ne prêchait pas l'augmentation de la pauvreté dans le monde. Un temps où il affirmait que ce serait lui qui apporterait la richesse aux masses pour qu'elle ne soit plus l'apanage que de quelques nantis. Mais cela commença à changer dans les années '60, précisément quand les économies des États-Unis, d'Europe occidentale, japonaise et coréenne étaient en pleine expansion et que commençaient à arriver les nouvelles chaque fois plus révélatrices du mauvais fonctionnement - doux euphémisme - du socialisme en URSS et dans ses pays satellites. Aujourd'hui, c'est le socialisme qui s'est effondré, alors que le capitalisme permet depuis des décennies aux masses de s'enrichir. Le changement du discours des socialistes sur la richesse est désormais total. Il n'y a plus de bonne richesse, comme quand ils croyaient encore à la supériorité du socialisme. Aujourd'hui, il faut lutter contre la croissance économique, maintenant qu'elle est devenue le symbole du succès capitaliste.
Hélas, ils sont chaque fois plus les économistes et les politiciens qui adhèrent à cette fallacieuse position qui veut que la croissance économique n'est pas si important, qu'une fois que nous ne mourrons plus de faim celle-ci n'a plus de sens, que « l'important c'est le bonheur ». Y compris là où l'on ne devrait pas les trouver. Ainsi, le patron des conservateurs britanniques, David Cameron, possible futur Premier Ministre de sa Majesté, avançait au mois de mai dernier :
It's time we admitted that there's more to life than money, and it's time we focused not just on GDP, but on GWB - general well-being. Well-being can't be measured by money or traded in markets. It can't be required by law or delivered by government. It's about the beauty of our surroundings, the quality of our culture, and above all the strength of our relationships. Improving our society's sense of well-being is, I believe, the central political challenge of our time.
On se demande si tous ces gens tiendraient le même discours s'ils avaient vécu toute leur vie dans un pays pauvre. Will Wilkinson, par contre, ne doute pas un seul instant : « Growth Is Good ».
The fact that average self-reported happiness has not risen with average incomes does not imply that there is no point in becoming richer. A steady rate of growth may be necessary to keep happiness and other good things at a high stable level. (Imagine a guillotine, on which a kitten is strapped, connected to a bicycle that must be pedalled ever more quickly to keep the blade aloft. Slow down, and the kitten gets it.) In The Moral Consequences of Economic Growth, Harvard economist Benjamin Friedman argues that steady economic growth "fosters greater opportunity, tolerance of diversity, social mobility, commitment to fairness and dedication to democracy"—a list I doubt any politician would come out against.
Friedman argues that when the economic pie expands, and most of us feel wealthier than in the past, we pay less attention to keeping up with the Joneses, we are less jealous of our position in the economic hierarchy, and we are relatively magnanimous towards economic newcomers, such as immigrants. But when slowdown makes us feel we've stalled, we're more likely to feel threatened by those ascending the economic ladder from below and to slam the door and bolt it. Economic stagnation is a recipe for xenophobia, political instability and ugly illiberal populism, which I doubt is a recipe for happiness. So there is a point to a nation becoming richer, after all.
11:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Pölitique, Croissance économique, Bonheur, Will Wilkinson



Commentaires
Je suis tout à fait d'accord avec ton opinion.
Et je trouve tes citations très instructives.
Je dois filer, mais je vais me plonger plus ardemment sur ton blog dans les jours à venir.
Bonne jornée à toi !
Ecrit par : Isabelle Poinloup | 04 octobre 2006
Tout simplement remarquable.
Ecrit par : Exu | 04 octobre 2006
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