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05 octobre 2006
Guignol's Band
Fin de l'insoutenable suspense. Le show psychodramatique des candidats socialistes à l'élection présidentielle française s'est achevé. Il en reste donc trois. Bon, il en reste une : Ségolène Royal. Les deux autres ne servant de faire-valoir, d'alibi à la « démocratie interne » et de passe-temps lors des débats « au sein de la base ». Le premier secrétaire du PS à la scène et compagnon de la candidate à la ville, Hollande, dit et répète qu'il ne fait pas de roi, mais qu'il aide sa dame. L'appareil du parti se met donc au service de la Ségolène. Comme on dit dans tous les casinos du monde, et sauf insurrection armée ou rébellion des masses, les jeux sont faits.
Quant aux discours, business as usual : séduire, enjôler, tromper. Du point de vue de l'observateur extérieur, celui qui dit le moins de sottises est Dominique Strauss-Kahn. Comme il n'est pas idiot, il sait qu'il ne va pas gagner et vise le portefeuille de Premier Ministre au cas où Royal dirigerait la République. Laurent Fabius ? Personne n'est dupe de son dernier rôle d'extrême-gauchiste socialiste. Même pas lui, et ça se sent. Les éléphants les plus importants du parti se sont retirés et se dirige lentement vers le cimetière. Lionel Jospin et Jack Lang se sont proprement ridiculisés. Jospin rêva un jour qu'il lui suffirait de trois articles, un livre et quelques plateaux de télévision pour que les socialistes resserrent les rangs autour de lui comme les Français autour de De Gaulle en 1958. Jack Lang, lui, est ridicule de naissance. Il a attendu le dernier moment pour annoncer son « sacrifice » et, sans citer personne (pas folle la guêpe), désire le triomphe de la « gauche révolutionnaire ». Qu'est-ce à dire ? Le retour des guillotines sur la place de la Concorde, l'assaut du Palais d'Hiver de l'Élysée, l'entrée des barbudos à la Havane dans Paris ?
Il reste donc Ségolène Royal et son long discours « programmatique » de Vitrolles. Bonne idée, finalement, que de choisir cette municipalité tenue par le Front National. Un hommage presque. Car malgré sa volonté de tromper sur la marchandise avec des phrases fleuries et des banalités démagogiques, au lieu de présenter ses idées, l'inconscient pétainiste de la candidate socialiste s'est une nouvelle fois révélé. Elle avait déjà revendiqué la devise de Vichy : « Travail, Famille, Patrie » ; mais à cette occasion, elle est allée plus loin en affirmant que le national et le social (national-socialisme ?) allaient ensemble comme les deux jambes du progrès. Elle défendit l'État tout-puissant, l'État-Nation, contre le monde entier. Ou pour le dire autrement, en évacuant le reste du monde : rien sur l'Europe, rien sur la mondialisation, rien sur les conflits actuels et futurs. Un discours monstrueux de vacuité. Pauvre France.
09:35 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Parti socialiste, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Jack Lang
Commentaires
"Le premier secrétaire du PS à la scène et compagnon de la candidate à la ville, Hollande, dit et répète qu'il ne fait pas de roi, mais qu'il aide sa dame."
Un peu comme Chirac en 2003? Bon, je sors...
Ecrit par : Taranne | 05 octobre 2006
Comme tous les simples citoyens de mon beau pays, mon choix ne sera pas seulement un choix de raison, dicté par mon intelligence. Je tiendrai évidemment compte de la note de "gueule" de chacun des candidats. Alors voilà, si je devais, menacé d'un pistolet sur la tempe, choisir l'un des candidats socialistes, duquel s'agirait-il?
- Fabius: comment croire qu'un grand bourgeois comme lui puisse être d'extrême gauche? Imaginons l'adresse: M et Mme Fabius, 25 avenue du Général de Gaulle, les Tarterêts, 91100 Corbeil sur Essone. Ne me frappez pas avant d'entrer. Et pourtant, Laurent, il essaie de nous y faire croire. Mais…tout en lui respire le conformisme, le velours, le feutré, l'argent, le luxe, le confort et…certains rapelleront, le sang contaminé qu'il a encore sur les mains. Demandez donc aux famille concernées, dont les enfants ont été sacrifiés par les fonctionnaires de Fabius, elles n'ont pas oublié, elles. Alors, lui socialiste ? Vous voteriez pour lui? Sinistre et compromis! Pas moi.
- Strauss Kahn: puisqu'on en est à la note de 'gueule', j'étais dans le même avion que lui au début de l'été. Je dois avouer que ce n'est que grâce à l'attitude plutôt prévenante de la chef de cabine à son égard que je l'ai reconnu. Il est tout petit! Raz de moquette! (ceci dit Napoléon était également tout petit, nous découvrons qu'il fut aussi un grand criminel de guerre). Il portait, Strauss Kahn, pas Napoléon, une espèce de barbour vert tout frippé et défraîchi, limite crado. Rien de l'image de grand homme qu'il essaie de se donner à la télé. Il lui reste ses yeux perçants, mais fuyants et pas francs pour un sou, temoins d'une vive intelligence qu'il a du mal à cacher lorsqu'il vous regarde d'en bas sur la moquette. Bi-face, à Davos, il parle de finance internationale, d'économie, de vision mondiale. Au congrès socialiste il vante des idées aux fétides relents d'une époque révolue et empruntées à Besancenot. Savoir comment il utilisera cette intelligence comme président de gauche me fait peur. Voter pour lui? No way!
- Royal: Avec un nom comme cela, comment être socialiste? Une femme à l'Elysée, bravo. Plus BCBG que ça, tu meurs, mais cela serait bien pour une Présidente. Je l'aurais aussi bien vue dans une pub pour "Oil of Olaz". Tout de même moins dangereux que son programme, salmigondis de mesures populistes qui me font penser à la maxime de Bastiat où "tout le monde vit sur le dos de tout le monde". Mais surtout sur le dos de ceux qui travaillent encore en France. Non, le plus grave reste son opportunisme qui l'aide à construire un programme, tel un patchwork de marketing stratégique, fait de bric d'extrême gauche et de broc socialiste. Nul ne peut imaginer ce qu'il contiendra au moment des élections. J'en viens presque à regretter Edith Cresson, qui elle au moins était tordante d'inanité. Voter pour elle? tant qu'à avoir une reine, autant qu'elle soit royaliste et respecte son pays tout en montrant sa responsabilité. On est loin du compte. Je passe.
- Lang et Jospin: dommage, le ridicule les a déjà envoyés dans l'ad-patres des ex-futurs candidats, on se serait bien amusé: entre un Jospin geignard, adolescent intello mal vieilli et un Lang qui avait tout compris sauf son inutilité, il y avait de quoi s'amuser. Il ne manquait que Rocard, inventeur de l'impôt sur l'impôt jamais suffisamment remercié d'avoir pris toute sa vie les Français pour des bœufs. Mais bon, je crois savoir qu'il est en cours 'Royal', comme le parfait valet qu'il a toujours été. Wait & see.
Maintenant espérons seulement qu'à droite, on ne sombrera pas dans le ridicule habituel des querelle fratricides 10 minutes avant les élections. Je crains le pire. Pauvre France?
Ecrit par : Pierre Dantan | 05 octobre 2006
Je pense, moi, que Jospin reviendra.
Enfin on verra bien.
Ecrit par : Ash | 05 octobre 2006
Jolie référence national-socialiste, mon bon Lucilio. ;)
Ecrit par : Walter | 06 octobre 2006



