13 octobre 2006
Un autre monde est possible
Fidèles à notre vision constructiviste de l'Histoire, tous les phénomènes violents de la planète obéissent à l'existence d'une superstructure créée par les forces capitalistes pour exploiter les ressources de la Terre pour le seul bénéfice de quelques-uns, alors que sont maintenus volontairement dans le sous-développement des milliards de citoyens et de citoyennes du Tiers-monde, réduits pratiquement à l'esclavage.
Le néolibéralisme tente de mettre en jeu sa machinerie perverse, en transférant ses usines vers les continents sous-développés pour que les citoyens et les citoyennes de là-bas se consacrent à produire des biens de consommation, au lieu de de continuer à rendre tribut à leurs traditions ancestrales. Quand un paysan d'Afrique centrale abandonne sa charrue de bois et ses rituels dédiés aux dieux de la moisson et se met à fabriquer des chaussures de sport Nike, quelque chose meurt dans le monde. Le multiculturalisme, les cultures millénaires et la riche sagesse atavique, que nous expose brillamment le National Geographic, se voient constamment menacés par l'utilitarisme d'un système oppresseur qui situe le bénéfice économique au sommet de ses objectifs.
Le meilleur exemple de cette lamentable situation se trouve dans la région du sud-est asiatique. Dans des pays comme Singapour ou la Corée du Sud, les citoyens et les citoyennes ont vu leur niveau de vie s'élever au même rythme que croissaient les inégalités sociales. Maintenant, il y a des riches, des classes moyennes et des ouvriers qualifiés, alors qu'auparavant, avant que ne débarquent les fabriques des multinationales dans ces régions, tous étaient également pauvres. Peut-on justifier cet abandon des sains principes d'une société égalitaire seulement pour jouir de logement, de lumière électrique, d'eau potable, d'écoles, d'hôpitaux, d'universités, de voitures, d'ordinateurs, de gratte-ciel et d'un McDonald’s au coin de la rue ? Pourquoi nous acharnons-nous à transformer ces pays pittoresques en des collectifs décadents à l'image de nos sociétés occidentales ? Qui sommes-nous pour exporter à l'innocent Tiers-monde les terribles séquelles de notre système ?
08:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Tiers-monde, Néolibéralisme



Commentaires
Si tous ces pays devenaient comme les nôtres, dites-moi un peu où nous irions passer nos vacacnces dépaysantes
Si c'est pour retrouver le même Mac Donald au coin de la même rue avec les mêmes buildings et les mêmes voitures, non merci...
Ecrit par : Don | 13 octobre 2006
@ Don
Les Coréens du Sud et autres habitants de Singapour viendraient passer leurs vacances en France, ce pays si exotique, jadis un centre du monde.
Ecrit par : Wali | 13 octobre 2006
Savoureux.
(je parle de l'article, pas du McDo)
Ecrit par : h16 | 13 octobre 2006
Votre méconnaissance du développement d'un pays comme la Corée du Sud est crasse M. Lucilio et cela est dû à votre aveuglement neo-libéral.
En effet, le développement de la Corée du Sud a peu à voir avec l'arrivée de multinationales étrangères ou l'importations de produits étrangers. Bien au contraire.
A partir des années 1960 et jusqu'à la fin des année 1980, le développement a très fortement été aidé par trois facteurs :
- la forte présence de l'Etat dans le développement économique et industriel dépassant très largement de simples mesures cadres pour l'économie (liens étroits entre gouvernement et le business -y compris le crédit dirigé- les restrictions sur les importations, le financement de certaines industries);
- l'instauration de conglomérats coréens à structure tant horizontale que verticales;
- des mesures protectionnistes strictes pour permettre l'émergence d'une industrie nationale et la création d'un marché intérieur national non-soumis à l'influence de produits importés.
A partir de ce marché national captif, les entreprises coréennes ont construits les bases nécessaires au développement de leurs exportations.
Bien entendu cela a aussi été rendu possible par la bienveillance américaine relativement à ces mesures protectionnistes. Bienveillance qui s'explique notamment par le contexte géo-politique de l'époque.
Il n'est peut-être pas inutile de préciser que durant ces décenies de développement, le régime politique sud-coréen était une dictature sans parler des retrictions à la démocratie encore à l'oeuvre actuellement…
Ecrit par : lyonelk | 16 octobre 2006
M. lyonelk, votre méconnaissance du développement d'un pays comme la Corée du Sud est crasse et cela est dû à votre aveuglement anti-libéral.
Le développement de la Corée du Sud doit avant tout au travail acharné de ses habitants, et ce *malgré* toutes les mesures anti-libérales que vous évoquez, et qui ont sérieusement diminué (mais oui!) la richesse qu'aurait pu atteindre ce pays en leur absence.
Se reposer sur elles pour expliquer la croissance de la Corée du Sud, c'est comme remercier l'Inquisition pour les découvertes de Galilée.
Ecrit par : Stéphane | 16 octobre 2006
Se reposer sur elles, c'est se reposer sur des faits et non des conjectures… dignes d'Elisabeth Tessier qui au moins à décider enfin d'arrêter l'astrologie…
Ecrit par : lyonelk | 17 octobre 2006
@ lyonelk
Stéphane vous a également présenté des faits.
Dites-nous donc pourquoi "la forte présence de l'Etat dans le développement économique et industriel dépassant très largement de simples mesures cadres pour l'économie" n'a pas offert de tels succès à l'URSS...
Ecrit par : Wali | 17 octobre 2006
@ wali : veuillez ne pas changer de sujet svp ! surtout que je n'ai jamais dit que mon modèle était l'URSS. Ce que j'ai dit c'est que contrairemet aux affirmations du billet de Lucilio, le décollage de la Corée du Sud n'a rien eu à voir avec le (néo)libéralisme et que tant l'Etat que le protectionnisme ont joué un rôle majeur dans le développement économique de ce pays des anneé 60 à la fin des années 80. Ce que d'ailleurs Stéphane est bien en peine de contester…
Ensuite quels sont les "faits" avancés par Stéphane? personnellement je n'en vois aucun. Désolé.
Ecrit par : lyonelk | 18 octobre 2006
@ lyonelk
Tout d'abord, permettez-moi de vous dire que vous n'avancez rien comme argument. Vous citez juste des interventions étatiques qui soit-disant viendraient soutenir votre thèse.
De son côté, Stéphane avance le fait incontestable du travail. Et il réfute votre argumentation en la réduisant à un "malgré les mesures étatiques".
Tant bien même voudrait-on départager vos deux écrits avec l'oeil d'un homme objectif (ce que je ne suis pas, puisque j'estime que Stéphane a raison), l'on se trouverait face un problème, puisque chacun évoque des faits qui s'opposent.
Bref, c'est en forcissant le trait que l'on pourrait déceler l'argumentation pourrie. Ce que j'ai fait: les mesures protectionnistes et étatiques ne peuvent mener, à long terme, que vers des déchéances comme celle de l'URSS.
Bien à vous,
Wali
Ecrit par : Wali | 18 octobre 2006
Premièrement, même Stéphane ne conteste pas le rôle joué par l'Etat coréen dans le développement de ce pays, par contre il n'avance pas de fait, mais fait un acte de pure profession de foi en indiquant que la croissance aurait été plus forte sans l'intervention de l'Etat.
Ensuite les faits que j'avance sont issus d'un certains nombres de travaux relatif au développement économique de la Corée du Sud tel des articles issus de la revue Problèmes économique de la Documentation française. A ce titre, vous pourriez lire à profit, l'article suivant :
- La Corée du Sud : 40 ans d’interventionnisme de l’Etat
(Revue internationale des sciences sociales) Ilpyong J. Kim, Uk Heon Hong, 2001
Repris dans Problèmes économiques No2.696 du 17 janvier 2001
Pour un résumé : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/
catalogue/3303332026968/index.shtml
Par ailleurs, même la Banque mondiale -peut suspecte de marxisme ou de laudateur de l'interventionisme étatique, relève ce rôle important de l'Etat interventioniste coréen dans le développement :
- Banque mondiale (1993), The East Asian Miracle, Oxford University Press
Ecrit par : lyonelk | 19 octobre 2006
Je n'ouvrirai pas par la force les yeux clos de l'homme qui se prétend aveugle: c'est non seulement contre-productif mais également contraire à mes impératifs moraux de conduite.
Le présent commentaire sera donc peut-être le dernier en guise de réponse. Je soulèverai trois points:
1. "même Stéphane ne conteste pas le rôle joué par l'Etat coréen dans le développement de ce pays"
J'ai une toute autre lecture de son intervention!!! :-)
Je cite:
"toutes les mesures anti-libérales que vous évoquez, et qui ont sérieusement diminué (mais oui!) la richesse qu'aurait pu atteindre ce pays en leur absence."
2. "La Corée du Sud : 40 ans d’interventionnisme de l’Etat
(Revue internationale des sciences sociales) Ilpyong J. Kim, Uk Heon Hong, 2001
Repris dans Problèmes économiques No2.696 du 17 janvier 2001
Pour un résumé : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/
catalogue/3303332026968/index"
Le lien que vous nous offrez se conclut par: "Depuis la fin des années quatre-vingt, l’Etat se retire peu à peu de l’économie."
3. "la Banque mondiale -peu suspecte de marxisme ou de laudateur de l'interventionisme étatique"
La BM est composée d'états, non d'individus ou d'entreprises. Par conséquent, on peut la présumer suspecte du jeu étatique, not. en politique économique. Vous trouverez certainement des anarcaps plus compétents que moi en la matière pour vous démontrer, par A+B, que la BM est plus proche du système communiste que du système libéral.
Bon vent,
Wali
Ecrit par : Wali | 19 octobre 2006
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