31 octobre 2006
Capitalisme dans le Caucase
Via Johan Norberg, nous apprenons que la Géorgie - l'ancienne république soviétique et non pas l'État américain - subit de profondes transformations économiques. Selon l'indice 2007 de Doing Business, ce pays est passé, en un an, du 112e au 37e rang, un fait sans précédent dans l'histoire de cet indicateur. Voilà qui laisse rêveur.
Georgia has reduced the minimum capital required to start a new business by 90 percent, and the number of days to meet bureaucratic requirements to export from 54 to 13 days. The labour market has been deregulated and social security contributions have been reduced from 31 percent of wages to 20 percent.
At the same time, the number of new businesses has increased by 20 percent and unemployment has fallen by 2 percentage points.
The problem is implementation. The new laws are not always upheld by the local civil servant and policeman. So the priority is improved governance and anti-corruption reform. And, naturally, deregulation that strips the bureaucracy of powers entirely.
For example, the Georgian government recently decided to abolish all tariffs until 2008. Way to go.
11:30 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Capitalisme, Géorgie, Doing Business
29 octobre 2006
Beauté létale
Il n'y a rien de définitif en matière de beauté. Il y a des visages magnifiques où Dieu rase gratis, mais qui manquent de vie, de langage, de diction. Où n'apparaît pas cette lumière inégalable qui ne s'obtient que par le gâchis, un jour inespéré de la vie, en cet instant fugace, laconique où une très belle femme commence à perdre la santé et les hommes. Une femme est définitivement belle lorsque se confondent sur son visage les traits et les symptômes.
Ava Gardner possédait la beauté géométrique de la statuaire classique. Mais le sommet du resplendissant spectacle de sa photogénie, elle ne l'atteint pas grâce à la cosmétique, mais bien avec le bourbon. Oui, une femme est définitivement belle lorsque, sous la symétrie de son visage, on discerne la sourde morsure du jeu ou la douleur tue qui présage la chimiothérapie. Dans la beauté radieuse de Rita Hayworth, il y avait d'abord un équilibre, mais personne ne doute que dans les lèvres de Gilda on ressentait, à parts égales, la froideur de l'Art, mais aussi cet autre beauté frémissante, clinique et fatale qu'acquiert une femme quand à son sourire s'ajoutent la potassique lumière du plaisir ou une colique d'ovaires. Et que dire de l'expression de Gloria Grahame ? Le zèle de son regard ne s'améliorait-il pas lorsqu'il suivait, non pas une pose coquette devant le miroir, mais une gifle de Lee Marvin ? Le bonheur endort le visage et l'affadit. Le saint est moins expressif que le proxénète.
Un jour, dans sa loge au Bandy, où l'atour le plus suggestif était un paravent, Cory Shelton me le dit clairement :
- La beauté se bonifie à mesure qu'on en fait mauvais usage. Cela arrive souvent, Lucilio, quand - choses de la vie, malice d'un homme ou mauvais gin - tu regardes une fille et que tu découvres que son regard est vingt ans plus âgé qu'elle. Mon sourire n'est pas l'expression d'une femme amoureuse, mon chou, mais la séquelle d'un vice.
Elle avait déjà commencé sa dégradation physique et je me souviens qu'arriva un moment, dans la lente déclinaison de sa beauté, où la regarder était comme contempler une fleur qui ne restait vivante que si on l'arrosait d'eau et de barbituriques.
C'est pourquoi il faut revendiquer à nouveau la beauté inutile et récréative, la beauté ardente, superficielle, pyrotechnique et charnelle, féconde et excitante, qui ne provoque pas un poème, mais crée un vice. Les femmes cultes bougèrent le monde à la lente vitesse des romans et des nouvelles, mais le monde atteint sa vitesse maximale quand intervient une femme possédée de cette beauté de compétition, à l'instar de Mata Hari, de Christine Keeler ou de la Belle Otero, qui entraient dans les chancelleries avec plus de facilité et moins de bruit qu'une bombe. Car, dans La femme au portrait, c'est par une de ces femmes à la beauté banale et périphrastique de night-club et de concours de beauté - qui sont celles qui entraînent le cerveau des hommes - qu'Edward G. Robinson fut conquis.
01:00 Publié dans At the Bandy | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
28 octobre 2006
Allocation universelle, redistribution classique
Régulièrement, lorsqu'on évoque l'avenir de nos systèmes de protection sociale, il est fait mention de l'allocation universelle, dont le principe est de verser, sans condition, à tous les citoyens, un revenu de base cumulable avec tout autre type de revenu. Défendue sous des appellations et pour des motifs divers par des universitaires et des militants, des hommes d'affaires et des syndicalistes, des formations politiques de droite et de gauche, des mouvements sociaux et des organisations non gouvernementales, l'allocation universelle se base sur une dangereuse argumentation qui a son meilleur défenseur en la personne de Philippe Van Parijs, co-auteur de L'allocation universelle. Pour Van Parijs, la liberté réelle exigerait que soit réparti de manière égale tout ce qui nous est donné, y compris les biens que nous obtenons, tout au long de notre existence.
La thèse sur laquelle repose l'allocation universelle est que la liberté ne se comprend pas de manière négative, comme absence de coaction, mais comme possibilité d'action. Cela conduit les défenseurs de cette proposition à confondre liberté et opportunité. Une personne qui, pour quelque raison que se soit, ne dispose pas de l'argent nécessaire pour se payer une entrée au cinéma serait-elle moins libre ? Par contre, un détenu qui est logé et nourri gratuitement, serait-il plus libre ? Tout ceci est, évidemment, absurde.
La première étape, pour le liberticide, est de corrompre le langage. La gauche est experte en ce domaine. Hier, elle appelait le socialisme soviétique « démocratie réelle » ; aujourd'hui, elle appelle l'interventionnisme étouffant « liberté réelle ». Avec la même absence de vergogne, les fondateurs de la Basic Income Earth Network déclarent que beaucoup de défenseurs du socialisme placent la supériorité de cette mesure dans l'« abolition de l'exploitation capitaliste ». Mais, l'idée est d'augmenter la coaction étatique. Malgré tous les discours ronflants sur l'allocation universelle qui assure que celle-ci serait accordée indépendamment du niveau de revenus, cette mesure augmentera la pression sur les classes les plus productives, ce qui implique bien la destruction de la liberté.
Si l'on se penche sur le coût que supposerait la mise en pratique d'une telle mesure - pour abandonner l'enfer de la nécessité et entrer directement dans le royaume de la liberté -, il apparaît que certains de ses partisans l'estiment à 40% du PIB, concrètement l'ensemble des dépenses sociales de la plupart des États occiedentaux. Malgré tout, il faut reconnaître que si cette mesure éliminerait toutes les dépenses sociales, il faudrait l'applaudir car elle mettrait un frein au paternalisme étatique. Chaque citoyen disposerait d'un seul subside, et il faudrait privatiser les hôpitaux, les écoles et renvoyer la plupart des fonctionnaires. Pour la majorité de la population, ce serait vraiment un monde meilleur.
Malheureusement, même si certains passages du pamphlet de Yannick Vanderborght et de Philippe Van Parijs laissent entrevoir cette possibilité au lecteur sensé, rapidement apparaissent les défense de l'État nourrice qui assurent que l'allocation universelle devrait être complétée par des formes conditionnelles d'assistance et de système de sécurité sociale. Disparue l'illusion, nous nous trouvons donc devant une proposition de création d'un nouvel impôt et d'augmentation de ceux existants, comme la TVA et d'autres qu'ils n'osent mentionner : celui des sociétés ou sur le revenu, c'est-à-dire la réduction nette des salaires.
D'un autre côté, les partisans de l'allocation universelle ignorent la décapitalisation qui suivrait l'introduction d'un « salaire à vie », déclenchant une crise en cascade. D'abord, viendrait la hausse des taux d'intérêts, des hypothèques, dans un tourbillon d'inflation des prix qui provoquerait fermetures d'entreprises et licenciements massifs. Le rêve de ces excentriques ne s'achèverait pas, comme le suggère Vanderborght et Van Parijs, en une « évidence pour tous », mais bien en un terrible délire, fruit d'une des maladies les plus dangereuses du monde, la stupidité. Derrière le masque de ce plan contre la pauvreté, le « marxisme analytique » de Vanderborght et de Van Parijs cache, sous une prose affreusement ennuyeuse et confuse, un programme létal. Sa justification est encore plus terrible que les effets que provoquerait un tel plan maximaliste, parce que la liberté n'a nul besoin d'adjectif, comme Vanderborght et de Van Parijs en usent pour la liquider. La liberté, c'est simplement ce « Do not tread to me » qu'arborèrent les Américains dans leur lutte contre les Britanniques.
08:00 Publié dans Livres | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Allocation universelle, Yannick Vanderborght, Philippe Van Parijs, Liberté
27 octobre 2006
Nous sommes tous des hérétiques
En relation avec un post antérieur sur la demande, faite par certains écologistes fanatiques, de création de tribunaux pour juger les personnes sceptiques quant à la réalité du « réchauffement climatique global », où à tout le moins quant à ses causes, Ronald Bailey revient, dans Reason, sur le rôle de l'hérésie en science :
Basically what climate avengers and DDT defenders propose to do is try their opponents for heresy. Heresies are any opinions or doctrines at variance with the official or orthodox position. There are no heresies in science—there are theories that have wide assent among experts but all theories are perpetually open to criticism and revision. So instead of heresy trials, let's stick to scientific free speech and let scientists and policy types argue out the meaning of data, experiments and proposed programs in public. Scientific understanding advances through the application of what Brookings Institution fellow, Jonathan Rauch calls the Liberal Principle: Checking of each by each through public criticism is the only legitimate way to decide who is right.
Dans le même temps, Claude Allègre répond dans Le Monde à la campagne de lynchage menée contre lui :
[...] Alors pourquoi ces réactions violentes face à mes doutes et mes questions ? Ces mêmes attaques que la médecine développait contre le chimiste Pasteur, ou que les géologues développaient contre le climatologue Wegener !
La raison de tout ce tintamarre est la peur. Car plus les recherches climatologiques avancent, plus la vérité officielle apparaît fragile. L'eau est le principal agent de l'effet de serre, 80 fois plus abondant que le CO2 dans l'atmosphère, or on arrive difficilement à modéliser le cycle de l'eau, notamment parce qu'il est difficile de modéliser les nuages, de déterminer la proportion de cirrus (qui contribuent à réchauffer) et celle de stratus (qui refroidissent). Le rôle des poussières naturelles, industrielles et agricoles est également mal compris, notamment dans la nucléation des nuages. De la même façon, on constate que les teneurs en composés soufrés dans l'atmosphère ont décru depuis trente ans, mais on connaît mal leur rôle, alors qu'ils sont des agents potentiels de refroidissement. Il apparaît aussi que le rôle du Soleil a été sous-estimé. Sans parler des effets possibles du rayonnement cosmique galactique, comme viennent de le proposer, avec expériences à l'appui, des scientifiques danois.
Mon collègue Le Treut lui-même soulignait dans son discours devant les cinq Académies (Le Monde du 25 octobre) combien les modèles étaient entachés d'incertitudes. Ce qui est positif dans tout cela, c'est que l'Académie des sciences va organiser un débat contradictoire sur le sujet. Pour la première fois, il sera possible de comparer les opinions des uns et des autres. Ce débat entre scientifiques, et devant les autres membres de l'Académie, permettra dans la sérénité d'établir non pas la vérité, mais l'état des lieux. Ensuite, publication à l'appui, chacun pourra juger.
J'ai connu des combats semblables lorsque, avec quelques collègues, je défendais la théorie de la tectonique des plaques, en France, au début des années 1970, face à une communauté scientifique majoritairement hostile. Je fus calomnié, accusé par certains d'être un agent de la CIA chargé de propager une théorie américaine d'autant plus qu'en même temps j'incitais les Français à publier en anglais dans les revues internationales ! Plus tard, j'ai défendu le rôle indispensable des observatoires volcanologiques pour prévoir les éruptions, plutôt que le secours des "gourous". J'ai mené d'autres combats dans ma spécialité, souvent seul ou presque, critiqué un jour, honoré dix ans après. J'ai donc une certaine habitude de lutter contre les majorités et de m'opposer aux "consensus", et je sais qu'historiquement la science n'a fait de grand progrès qu'à travers de grands débats. Je sais aussi que je peux avoir tort, et je n'aurai dans ce cas aucune peine à changer d'avis, mais je suis sûr que le doute est par essence porteur de progrès.
[...]
Je revendique le droit de dire que j'émets des doutes sur le fait que le gaz carbonique est le principal responsable du changement climatique. Horreur, au pays de Descartes, je revendique le droit au doute !
14:45 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Science, Liberté, Hérésie, Ronald Bailey, Claude Allègre
Combien vaut un siège au Conseil de Sécurité de l'ONU ?
Une étude de Ilyana Kuziemko et de Eric Werker de l'Université Harvard, au titre significatif de « How Much Is a Seat on the Security Council Worth? Foreign Aid and Bribery at the United Nations », montre qu'il existe une corrélation positive et significative entre le fait d'occuper un des sièges rotatifs du Conseil de Sécurité des Nations Unies et celui de recevoir plus d'aides des États-Unis et de l'ONU elle-même. Dit sans circonlocutions, le travail de ces deux chercheurs montre qu'il existe un commerce entre votes stratégiques et aide extérieure quand il s'agit qu'un pays en voie de développement occupe un siège du Conseil de Sécurité, toute chose que l'on savait déjà empiriquement. Incidemment, en parlant de corruption, il convient de se rappeler des accusations qui pèse sur le Secrétaire général sortant, Kofi Annan, et des succulents bénéfices retirés par son fils dans le cadre du programme « Pétrole contre nourriture » de l'ONU en Irak.
Ten of the 15 seats on the U.N. Security Council are held by rotating members serving two-year terms. We find that a country’s U.S. aid increases by 59 percent and its U.N. aid by 8 percent when it rotates onto the council. This effect increases during years in which key diplomatic events take place (when members’ votes should be especially valuable), and the timing of the effect closely tracks a country’s election to, and exit from, the council. Finally, the U.N. results appear to be driven by UNICEF, an organization over which the United States has historically exerted great control.
Ce mois-ci se vote aux Nations Unies le renouvellement de cinq des dix sièges non permanents du Conseil de Sécurité. La semaine dernière quatre de ceux-ci furent attribués. Le siège restant, qui revient à l'Amérique latine et aux Caraïbes, est toujours disputé, bien que le 16 octobre dernier le Guatemala obtint plus de votes que le Venezuela pour occuper le siège, mais sans atteindre les deux tiers nécessaires du total des votes. Maintenant, le Venezuela, caractérisé par l'enflammée rhétorique anti-américaine de Chávez (bien que les États-Unis soient le premier acheteur du pétrole vénézuélien), déclare qu'il retirera sa candidature pour promouvoir celle de la Bolivie, dont le gouvernement « indigéniste » d'extrême gauche et conduit par Evo Morales.
La lecture habituelle de ces disputes faite par les médias est généralement polluée par des présupposés idéologiques. En l'occurrence, la lecture est simple : le Venezuela représente l'opposition aux États-Unis, alors que la candidature du Guatemala serait appuyée par les pays de la région alignés sur le gouvernement nord-américain. Le travail de Kuziemko et de Werker enlève le halo romantique de ces lectures et démontre avec la solidité scientifique que, dans beaucoup de cas, au-delà de la rhétorique, les politiciens - y compris au niveau international - luttent pour s'approprier de plus grandes rentes ou des portions plus larges de l'argent du contribuable.
10:05 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, International, ONU, Conseil de Sécurité, Corruption, Ilyana Kuziemko, Eric Werker
26 octobre 2006
Les 101 personnes les plus influentes... qui jamais n'existèrent
Difficile d'imaginer qu'un enfant ne connaisse pas Mickey. L'influence du Père Noël est indubitable lors des trois derniers mois de l'année. Et que dire de Barbie, Superman ou Saint Valentin. Ils n'ont pas existé, mais ils nous influencent, depuis notre façon d'agir jusqu'à ce que nous mangeons ou disons. Ils ont même contribué à modifier le cours de l'Histoire.
À la tête de la liste des 101 personnes les plus influentes qui ne vécurent jamais, un livre écrit par Allan Lazar, Dan Karlan et Jeremy Salter, on trouve l'homme de Marlboro, un cow-boy très mâle qui « est né » aux États-Unis dans les années '50 et qui contribua à booster les ventes de cigarettes de cette marque. Le numéro deux de la liste est Big Brother, du roman de George Orwell, 1984. Il est suivi par le roi Arthur qui, selon les auteurs, incarne nombre des idéaux de la monarchie et par le Père Noël, qui gouverne toute notre économie le dernier trimestre de l'année et sans qui les commerces déprimeraient.
Le top ten :
- L'homme Marlboro
- Big Brother
- Le roi Arthur
- Père Noël
- Hamlet
- Le monstre de Frankenstein
- Le prince Siegfried de la Chanson des Nibelungen
- Sherlock Holmes
- Roméo et Juliette
- Dr Jekyll et Mr Hyde
Parmi les personnages du 11e au 101e rang, on distingue : l'oncle Tom, Robin Hood, Oedipe, Lady Chatterley, Don Quichotte, Mickey Mouse, Robinson Crusoé, Cendrillon, le roi Midas, Dracula, Alice au Pays de Merveilles, Citizen Kane, Faust, Figaro, Godzilla, Don Juan, Bambi, Barbie, Vénus et Cupidon, Tarzan, Saint Valentin, Superman, Tom Sawyer, le vilain petit canard, James Bond, Peter Pan, Othello, King Kong, Icare, Hercule, Sinbad, Perry Mason, Pygmalion, Madame Butterfly, Betty Boop, Ivanhoé et le Gatsby le magnifique.
12:20 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Influence, Allan Lazar, Dan Karlan, Jeremy Salter, Marlboro, Big Brother
Le vote libertarien
On revient sur les élections législatives aux États-Unis - qui se tiendront en novembre prochain - avec un article de David Boaz et David Kirby, publié sur le site du Cato Institute, concernant le vote libertarien dans ce pays. On y apprend donc que les libertariens représenteraient actuellement 15% de l'électorat, assez pour changer le cours d'une élection. Que devraient donc faire les partisans de cette idéologie ? La même chose que la droite religieuse et les syndicats : s'organiser. Avant même que de choisir ses alliés.
Our new research finds that 15 percent of American voters are libertarian rather than liberal or conservative. People generally say that a liberal favors government intervention in the economy and protection of civil liberties, while a conservative is opposed to both economic intervention and the expansion of civil liberties. Libertarians oppose government intrusion into both the economy and personal freedoms.
The Economist, partant de l'étude à la base de l'article de David Boaz et de David Kirby, se penche également sur le poids électoral de ces électeurs négligés :
AMERICA may be the land of the free, but Americans who favour both economic and social freedom have no political home.
Électeurs négligés mais non pas insignifiants : selon les statistiques de Gallup enregistrées depuis 1993, ceux qui se définissent comme libertariens représentent de 17 à 24% de la population, légèrement au-dessus des populist et des pure liberal (c'est-à-dire les gauchistes pur porc), mais en dessous des conservateurs (pure conservative). Le pourcentage des électeurs est important, et en augmentation. De 9% en 1990 à 13% en 2004. Ils tirent le parti républicain, mais votent également démocrate : 75%-24% lors de l'affrontement Nixon-McGovern, 66%-18% entre Reagan et Carter (et 17% pour le républicain Anderson, principalement), 72%-20% lors des élections 2000 et 59%-38% pour les dernières.
Profil de ces électeurs : jeunes, mâles, aux revenus moyens ou plus élevés, vivant dans l'Ouest, moins religieux que les conservateurs et les populistes, mais plus que les gauchistes. Ils s'intéressent plus à l'actualité que la moyenne des gens et se considèrent bien informés. Ils se méfient plus que la majorité de la population de la Coalition Chrétienne et sont plus favorables envers les homosexuels que l'électeur moyen. Ils investissent plus en action que la moyenne. Ils affirment qu'aucun parti politique ne représente leur point de vue (ce qui est intéressant, puisqu'il existe bien un parti libertarien, avec une longue tradition). Bien qu'ils soient moins organisés que les autres électeurs, le fait d'être plus éduqués et informés les fait participer aux élections plus fréquemment que les autres groupes.
The Economist considère que :
Mr Boaz and Mr Kirby argue that wooing the libertarian vote could propel either party to electoral success. Yet with an election only weeks away, neither shows much sign of trying. Republicans are rallying their religious base with jeremiads about stem-cell research and gay marriage. Democrats, on the other hand, would put up taxes, block school choice and lead a witch-hunt against Wal-Mart.
et pointe une des raisons du peu de poids des électeurs libertariens :
Libertarians are ignored partly because they are hard to find, not least because they just want to be left alone. (There is a Libertarian Party, but it gets hardly any votes.) Politicians can reach social conservatives through churches or union members through their unions, but where do libertarians gather? Parties will always court the votes that are cheapest to court because, for once, they are spending their own money.
Dès lors se pose la question : comment devrait s'organiser les libertariens pour que cela devienne plus facile et tentant pour les partis de s'adresser à eux et de réclamer leur appui électoral. Comment sortir de la passivité et se faire entendre ? À propos de passivité, on ne peut s'empêcher de se rappeler les paroles d'Ayn Rand à propos de sa malheureuse terre natale :
D'une manière passive et indifférente, la majorité du peuple russe était avec l'Armée blanche ; ils n'étaient pas en faveur des Blancs, ils étaient simplement contre les Rouges ; ils craignaient les atrocités des Rouges. Je savais que l'atrocité la plus profonde des Rouges était intellectuelle, que ce qu'il fallait attaquer (et vaincre) était leurs idées. Mais personne ne les contestait. La passivité du pays se transforma en une apathie léthargique à mesure que les gens se rendaient. Les Rouges avaient un incitant, la promesse du pillage à l'échelle nationale ; ils avaient le leadership et la semi discipline d'une bande criminelle ; ils avaient un programme prétendument intellectuel et une justification prétendument morale. Les Blancs avaient des icônes. Les Rouges vainquirent.
Les libéraux sont une minorité, mais une minorité des meilleurs. Ils ne doivent pas se dire qu'ils sont minoritaires et répéter le Zeitgeist de l'auto élimination. Au contraire, ils doivent reconnaître qu'ils représentent le mouvement de pointe dans le désert intellectuel de notre époque. Ils ne doivent pas se laisser tromper par ceux qui assurent que leurs droits inaliénables ont été annulés par le vote de la majorité. Il n'est point besoin de majorité pour pouvoir jouir de ces droits. Le leadership moral d'une minorité peut appeler un chat par son nom. Tant de vertus ne peuvent, ne doivent pas rester oisives. Et il n'est pas suffisant de dire que ce n'est qu'une question de temps.
11:00 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Politique, États-Unis, Élections, Libertariens, David Boaz, David Kirby
25 octobre 2006
380 milliards de dollars
Un article de la BBC nous aide à comprendre beaucoup de choses ; principalement le fait qu'il y a bien autre chose que le fameux « héritage colonial » à la base des problèmes de l'Afrique :
More than $380bn has either been stolen or wasted by Nigerian governments since independence in 1960, the chief corruption fighter has said.
Nuhu Ribadu told the BBC that Nigeria has "nothing much" to show for the missing money.
He said the worst period for corruption was the 1980s and '90s, but currently two-thirds of governors are being investigated by Mr Ribadu's agency.
Nigeria is Africa's biggest oil exporter but most people are poor.
The country is regularly ranked as one of the most corrupt by graft watchdog Transparency International.
President Olusegun Obasanjo declared a state of emergency in Ekiti State on Thursday after the governor was found guilty of siphoning state funds into personal bank accounts and receiving kickbacks.
Akin commente longuement cette nouvelle dans son article « Authority Stealing in Nigeria » :
Strangely, none of the Nigerian blogs I visit daily seemed to have picked up on this issue that Nigerian leaders have ‘stolen’ $380 billion cumulatively since independence with the worst atrocities in the 80s and 90s.
This leaves me a bit uncomfortable because it would imply that this is no news or people are so inured to that fact that they cannot be bothered to express any outrage.
15:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Afrique, Nigéria
Élections aux États-Unis
Nombreux sont les commentateurs politiques qui prédisent un raz-de-marée démocrate lors des prochaines élections législatives aux États-Unis et la prise de contrôle de la Chambre des Représentants par le parti de l'âne. La raison de ce vote de sanction envers les républicains serait l'intervention américaine en Irak. Mais tout cela est-il bien sûr ? Pas pour Jeff A. Taylor. Dans un article publié dans Reason et intitulé « Dem Disappointment Developing? », celui-ci soutient qu'à ce sujet les démocrates n'ont pas de position foncièrement différente de celle des républicains :
Call it chronic suspicion of the conventional wisdom, or even petulant contrariness. Still, the rush to declare that the Democrats will rampage to control of Congress in two weeks seems a little shaky. There are too many uncertainties for anybody to accept uncritically predictions of 20-seat Democratic gains in the House and perhaps control of the Senate.
The biggest? If the midterm is a referendum on the Iraq war—and that is what the polls say—voting Democratic is not exactly an anti-war vote. In particular, Democratic House candidates are not within striking distance of GOP candidates on the strength of anti-war campaigns.
Writing in Counterpunch, John Walsh claims the "fix is already in." By that he means that Democratic Congressional Campaign Committee chief Rahm Emanuel has hand-picked a slate of pro-war Democrats to take on the most vulnerable House Republicans. Walsh claims that many Democratic candidates who are presumably headed for victory hold a position on the Iraq war that "is indistinguishable from that of George W. Bush."
09:00 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, États-Unis, Élections, Jeff A. Taylor
24 octobre 2006
Le mythe de la surpopulation
Notre population est si énorme que la Terre peut difficilement nous soutenir.
Nous sommes gravement à découvert sur le plan écologique : nous consommons les ressources plus vite que la Terre ne les régénère.
À votre avis, quelle est le point qui différencie ces deux affirmations péremptoires ? À première vue, aucune, direz-vous. Très juste. Si ce n'est la date : la première citation a été formulée à Carthage par Tertullien au 2e siècle, la seconde, deux millénaires plus tard par le directeur général du WWF, James Leape. Tertullien ajoutait également : « La faim, la guerre et les tremblements de terre représentent le remède qu'elle possède pour éliminer l'excès de population ». Or, à l'époque de Tertullien, la population mondiale n'atteignait pas les 200 millions d'habitants. Mais, déjà avant lui, Platon, Aristote ou Confucius avaient exprimé les mêmes terreurs. Aujourd'hui, le WWF, dans son rapport Living Planet 2006, nous assure que l'Humanité consommerait en 2050 l'équivalent des ressources annuelles de deux planètes comme la Terre et que la destruction de l'environnement atteindrait un rythme jamais vu auparavant.
David Osterfeld, professeur de science politique, démontait déjà, il y a plus de dix ans, le mythe de la surpopulation destructrice de la Terre en rappelant que les catastrophistes prédisent la fin de la Terre depuis des siècles. Leur arrogance intellectuelle est telle que, puisqu'ils n'ont pas trouvé le remède, personne ne pourra trouver de solution à la « surpopulation ». La population humaine a été multipliée par 6 les 200 dernières années. Une véritable explosion. Mais on a également observé une explosion de la productivité, des ressources, des aliments, de l'information, des communications, de la science, de la médecine, etc. La surpopulation est un terme relatif, nullement absolu. En effet, celle-ci doit être mesurée en relation avec les facteurs comme les aliments, les ressources ou l'espace physique. Or la production des aliments a augmenté plus que la population et nombre d'experts estiment que nous avons la capacité de nourrir une population 8 à 10 fois plus nombreuse. Cela sans compter les progrès technologiques. Par ailleurs, les ressources sont chaque fois meilleur marché en comparaison avec les salaires. Mais surtout, les ressources résident dans l'esprit humain. Certes, l'espace est fini, mais moins d'1% de la surface terrestre est utilisée pour les établissements humains. De plus, les taux de fécondité ont baissé de 4,5 en 1970 à 3,3 en 1990. Face aux antiennes catastrophiques que les éco-alarmistes nous serinent depuis l'Empire romain, il est bon de se rappeler du pari que gagna Julian Simon.
Julian Simon est célèbre notamment à cause d'une gageure qu'il a prise avec Paul Ehrlich, auteur du best-seller The Population Bomb. Dans son livre, Ehrlich reprenait la thèse malthusienne (tout comme le WWF aujourd'hui) et prédisait que des millions de gens mourraient de faim aux États-Unis et ailleurs dans les années 1980 parce que nous aurions atteint les limites de la capacité de la terre à produire de la nourriture. Évidemment, cette terrible famine n'est jamais survenue. En 1980, Simon demanda donc à Ehrlich de prendre cinq métaux présumés « rares » de son choix et paria avec lui que dix ans plus tard, leurs prix auraient baissé. Ehrlich croyait évidemment que ces métaux deviendraient de plus en plus rares et que leurs prix allaient au contraire monter. Or, en 1990, il s'avéra que les prix des cinq métaux avaient effectivement baissé, dans des proportions allant de 3,5% à 72%, car de nouvelles découvertes avaient augmenté les réserves disponibles de ces métaux, des améliorations technologiques avaient fait en sorte qu'on en utilisait moins pour arriver à un même résultat et des substituts plus efficaces avaient été développés. Ehrlich dut payer.
12:30 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : Politique, WWF, Living Planet 2006, Environnement, Écologisme, Terre, Julian Simon


