14 novembre 2006
La malédiction du pétrole
Pourquoi les économies des pays en voie de développement disposant de moins de ressources naturelles ont connus de meilleurs résultats que celles de pays en disposant en abondance, comme le pétrole ? Telle est la terrible leçon des incitants. En effet, les importantes ressources fiscales qu'obtiennent les gouvernements des pays riches en pétrole sont une des principales causes de l'absence de réformes structurelles destinées à stimuler la productivité. Or sans ces réformes, la croissance économique bute contre un obstacle infranchissable. La raison en est très claire et elle est exposée par Richard M. Auty, professeur de géographie économique à l'Université de Lancaster, dans son livre Resource Abundance and Economic Development : les pays disposant d'abondantes ressources naturelles ont tendance à développer des États hypertrophiés aux vastes intérêts dont l'objectif est de capturer les rentes découlant de ces ressources, aux dépens de la cohérence dans la formulation et l'application de politiques publiques.
Apparaît là la nocivité des incitants pervers : l'abondance naturelle génère des grands groupes de pouvoir et de pression - les chasseurs de rentes - qui deviennent le principal obstacle aux réformes qui pourraient augmenter la productivité, justement parce que ces réformes mettent en danger l'appropriation de ces rentes exorbitantes. En revanche, les pays en voie de développement pauvres en ressources naturelles - pétrole, cuivre, charbon, terres fertiles, entre autres - sont fortement incités à faire les réformes qui tiennent compte de l'intérêt des majorités pauvres ; il existe une forte pression sociale pour générer la richesse au travers d'améliorations substantielles de la productivité.
Ces deux trajectoires opposées - des pays en voie de développement avec des riches ressources naturelles qui connaissent régulièrement des crises de la balance des paiements et qui éludent les réformes structurelles contre des pays en voie de développement pauvres en ressources qui font des réformes et soutiennent des politiques fiscales et monétaires responsables et prudentes - sont reprises dans un article d'Auty sur les cas du Kazakhstan et de l'Ouzbékistan.
The IMF model of the economic transition stresses the role of macro policy reform. It concludes that rapid reform to a market economy is preferable to slow reform because late reformers experience very steep transition recessions and severe contractions in government revenues. However, the predictive power of the IMF model has weakened through the late-1990s. This is because it under-estimates the role of initial conditions that include the natural resource endowment as well as institutional capital and the legacy of produced capital. This paper demonstrates how the predictive power of the IMF model can be improved by taking account of the impact of natural resource abundance for the transition. Resource-abundance can feed corruption and diminish the urgency of reform, thereby intensifying the adverse effect of a retarded transition. It can also amplify the contraction of the non-booming tradeable sector due to Dutch disease effects. These adverse features are likely to be more severe where the resource endowment creates point source socio-economic linkages, as in mining, as opposed to the diffuse linkages associated with crop production by yeoman farmers. The detrimental effects of resource abundance are also likely to be more severe where institutional capital is deficient. Consistent with such a resource constrained variant of the IMF model; resource-abundant Kazakstan and Uzbekistan both delayed their reforms and both exhibit high levels of corruption relative to the transition economies as a whole. Also, economic recovery in Kazakstan is slower than the original IMF model predicts because investment in minerals strengthened the exchange rate and retarded economic diversification. In the case of Uzbekistan, a natural resource endowment that yielded especially buoyant crop revenues (that eased the foreign exchange constraint) helps to explain why the growth collapse is less than the unadjusted IMF model predicts for such a slow reformer. This explanation is still too simple, however. Uzbekistan also benefits from robust social capital and limited obsolete industry because they retard the decline in government revenue. Finally, the extended IMF model suggests that the Uzbek policy of gradual reform represses exports and intensifies economic distortions. This will lock the economy into a staple trap and lead to a growth collapse, as the experience of many resource-abundant developing market economies testifies.
13:45 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Économie, Richard Auty, Ressources naturelles, Abondance, Pays en voie de développement



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