17 novembre 2006

Milton Friedman (1912-2006)

Hier, est mort, âgé de 94 ans, un des plus grands économistes de tous les temps, Milton Friedman, professeur à l'Université de Chicago de 1946 à 1976, chercheur au National Bureau of Economic Research, président de l'American Economic Association, cofondateur et président de 1970 à 1972 de la Société du Mont-Pèlerin et Prix Nobel d'Économie 1976 « pour ses résultats dans les domaines de l'analyse de la consommation, de l'histoire et de la théorie monétaire et pour sa démonstration de la complexité et la politique de stabilisation ».

Ce courageux défenseur de la liberté individuelle et du libre marché est né à Brooklyn, de parents juifs immigrés. Il obtint son diplôme d'économie à 20 ans à l'Université de Rutgers, son master à Chicago en 1933 et son doctorat à Columbia en 1940. Dès sa jeunesse, il commença à réfuter la « sagesse » conventionnelle ; dans sa thèse de doctorat, il accusa les membres de l'Association médicale américaine de pratiques monopolistiques et d'obtenir ainsi des revenus très au-dessus de leur niveau de compétitivité. C'est alors qu'il publia son livre Income from Independent Professional Practice - le premiers d'une série de 32 ouvrages extraordinaires -, où il critiquait les restrictions imposées à l'exercice de la profession permettant de facturer plus pour les services, critique qui sera rapidement élargie à tout type d'activité, comme électricien, plombier, coiffeur, cosmétologue et une multitude d'autres groupes qui parviennent à ce que la bureaucratie leur assigne des tâches exclusives, restreignant la concurrence.

Dans Théorie quantitative de la monnaie (1956), Friedman démolit la théorie keynésienne en montrant que l'augmentation de l'argent en circulation augmente les prix sans arriver à augmenter à long terme la production de biens et de services. En 1957, avec son livre A Theory of Consumption Function, il dégonfla la baudruche keynésienne qui voulait que les dépenses personnelles et familiales reflétaient les revenus actuels, alors qu'en réalité ils se basent plus sur les expectatives de revenus pour le reste de la vie. Friedman expliqua que la solution pour combattre l'inflation consistait pour la banque centrale à ne pas augmenter l'argent en circulation au-dessus de du PIB. En 1963, avec Anna Schwartz, il publia l'Histoire monétaire des États-Unis, où il expliquait que la Grande Dépression fut le résultat de l'instrumentation de politiques erronées de la Réserve fédérale. À la fin des années '60, Friedman et Edmund Phelps (qui vient de recevoir le Prix Nobel d'économie cette année) discréditèrent la courbe de Phillips, une supposée relation inversée entre inflation et chômage, enterrant définitivement le mythe entretenu par les étatistes de tous les partis qui voulait qu'en gonflant la masse monétaire on réduisait le chômage. Chose qui sera définitivement prouvé dans les années '70, quand les pays occidentaux souffrirent de la stagflation, terrible combinaison de l'inflation et de la récession économique, chose pourtant impossible selon la vulgate keynésienne.

Mais, ce n'est pas seulement sa vision de la monnaie qui octroya à Friedman sa renommée mondiale. Il disait d'ailleurs à son ami Hayek qu'un économiste qui ne s'occupait que d'économie était un mauvais économiste. C'est ainsi que dans Capitalisme et liberté (1962), il énonça nombre de ses principales idées, comme son opposition au service militaire obligatoire avec pour corollaire l'instauration d'une armée de professionnels volontaires, le change flottant des monnaies, l'impôt négatif sur le revenu qui est une aide aux plus pauvres et les chèques scolaires. Milton Friedman a sans doute été l'intellectuel le plus important, avec Friedrich Hayek, à répandre les idées libérales au 20e siècle. Non seulement avec Capitalisme et liberté, mais aussi entre 1966 et 1983 en faisant montre de sa capacité théorique et de sa clarté d'exposition en offrant aux lecteurs de Newsweek une vision de leurs problèmes quotidiens à partir d'une perspective libérale. En 1980, il publia son célébrissime Liberté de choisir, un excellent opus qui résumait une série de télévision dans laquelle Friedman donna cours à des millions d'Américains, face à la caméra, montrant clairement pourquoi la liberté est supérieure à la coaction de l'État pour que nos désirs deviennent réalité. Car, si Adam Smith immortalisa la métaphore de la « main invisible » pour expliquer comment de multiples actions menées en vue de l'intérêt propre se concluent, sur le marché, par le bien commun, Friedman, lui, expliqua que les activités étatiques étaient habituellement guidées par un « pied invisible » qui écrasait les citoyens et détruisait leurs rêves.

On a bien critiqué Friedman pour s'être rendu au Chili au temps de la dictature militaire pour y donner quelques conférences où il expliqua comment le libre marché aidait à décentraliser le pouvoir politique. Cependant, personne ne pipa mot lorsqu'il fit la même chose en 1975 en recommandant aux dirigeants de la dictature chinoise de faire exactement le contraire de ce qu'ils avaient fait jusqu'alors. Ce qui est certain, c'est que plusieurs de ses disciples réussirent à appliquer ses idées au Chili, avec le succès que l'on sait. Plus tard, il inspira les politiques libérales de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher qui redonnèrent une vigueur nouvelle et irrésistible à l'économie de leur pays respectifs, influençant au-delà tous les pays occidentaux.

Sans doute un des plus beaux hommages lui a été rendu cette année par Mat Laar, le Premier Ministre estonien qui révolutionna l'économie de son pays - celle qui a connu le plus grand succès parmi les pays qui se libérèrent de la tyrannie socialiste au début des années '90 - en appliquant les théories de Friedman. En recevant le prix qui porte le nom de l'économiste, Laar reconnut qu'en arrivant au pouvoir en 1992 l'unique livre d'économie qu'il avait lu était La liberté de choisir, et que ce qu'il y était dit relevait du sens commun. Les économistes de son pays l'avertirent bien que réformer l'Estonie en éliminant les barrières douanières, imposer un impôt au taux unique (flat tax) et privatiser toutes les entreprises publiques était tout aussi impossible que marcher sur les eaux. Laar ne les écouta pas, pour le plus grand bien des Estoniens.

Milton Friedman était, en définitive, un passionné de la liberté individuelle pour qui les marchés étaient la meilleure manière de coordonner les hommes libres pour qu'ils prospèrent. Une vision que tous les libéraux partagent. Mais surtout, il était un optimiste, comme l'indiquent les derniers mots de Capitalisme et liberté :

Notre structure basique des idées et le réseau entremêlé d'institutions libres prévaudront en grande mesure. J'ai la conviction que nous serons capables de préserver et d'élargir la liberté malgré la taille des programmes militaires et malgré les pouvoirs économiques concentrés à Washington. Mais nous serons capables de le faire seulement si nous sommes conscients de la menace à laquelle nous devons faire face ; seulement si nous persuadons nos semblables de ce que les institutions libres offrent une route plus sûre, même si parfois plus lente, que le pouvoir coercitif de l'État vers les objectifs auxquels nous aspirons. Et les étincelles de changement qui apparaissent dans le climat intellectuel sont un augure d'espoir.

 

(Sur le blog de son fils David - autre grand économiste et libertarien -, il est possible de laisser un message de condoléances. Et Glenn Reynolds, d'Instapundit, propose toute une série de liens.)

Trackbacks

Milton Friedman, de la théorie aux résultats

Je ne me lancerai pas dans un long hommage à Milton Friedman, car d'autres bloggueurs plus cultivés et talentueux que moi s'en chargeront fort bien, et j'ai au plus 1/4 d'heure devant moi. Mais je ne puis m'empêcher de réagir avec un mél...

Trackback par : Objectif Liberté | 17 novembre 2006

Commentaires

>Adam Smith immortalisa la métaphore de la « main invisible » pour expliquer
>comment de multiples actions menées en vue de l'intérêt propre se concluent,
>sur le marché, par le bien commun

Non, Lucilio, ça n'est pas une explication, c'est un coup de baguette magique.

>Ce qui est certain, c'est que plusieurs de ses disciples réussirent à appliquer
>ses idées au Chili, avec le succès que l'on sait ...

... pour les financiers de Wall street. La privatisation des retraites chiliennes par Pinochet se révèle être aujourd'hui une belle arnaque pour le plus grand profit de ces messieurs les financiers privés. Tu vois Lucilio, y'a pas que les états qui oppriment les peuples.

>Friedman expliqua que la solution pour combattre l'inflation consistait pour la >banque centrale à ne pas augmenter l'argent en circulation au-dessus de du PIB

Alors les monétaristes sont en train de devenir fous. Car ça n'est pas du tout ça qu'ils sont en train de faire. Depuis quelques années la hausse de la masse monétaire est aux alentours de 7 à 8% par an (pour le dollar et l'euro), donc beaucoup plus que l'augmentation du PIB.

Je trouve ça très rigolo, moi, de voir ces monétaristes faire la leçon aux autres sur la rigueur de la politique monétaire, alors qu'ils ne le font même pas eux-même. Pourquoi ? Parce qu'ils y sont contraints à cause d'un risque systémique élevé depuis la faillite du LTCM en 98 (qui n'est que la partie émergée de l'iceberg).

Donc plutôt que d'admettre que le monétarisme est inéfficient dans des circonstances comme la crise financière actuelle, on fait marcher la planche à billet et surtout on fait un minimum de vagues sur l'existence de la crise financière, sinon cela impliquerai une remise en cause des sacro saints dogmes du monétarisme. Résultat : on va se prendre un mur à cause de l'incompétence et l'irresponsabilité de ces idiots.

Ecrit par : pierre p | 17 novembre 2006

"...c'est un coup de baguette magique."

Peut-être, mais cela marche.


"La privatisation des retraites chiliennes par Pinochet se révèle être aujourd'hui une belle arnaque pour le plus grand profit de ces messieurs les financiers privés."

Rien de plus faux. Après un quart de siècle d'existence, le système fonctionne très bien : la couverture sociale est supérieure (près de 70% des travailleurs cotisent pour leur pension) ; l'immense majorité a opté pour le modèle privé ; la pension moyenne est de 638$ par mois, une somme appréciable pour l'Amérique latine (ceux qui restèrent dans le système public ne reçoivent que 270$) ; quand ils prendront leur retraite, 72% des travailleurs peuvent déjà compter sur une pension supérieure à la pension minima ; on calcule qu'une rentabilité de 4% des fonds privés - la rentabilité moyenne des fonds privés de pension ayant été au Chili de 10% durant 25 ans - permet de garantir aux travailleurs ayant cotisé durant toute leur carrière une pension égale à 70% de leur salaire ; et une augmentation de 1% de la rentabilité des fonds se traduit par une augmentation de 30% des pensions. Cette expérience pionnière est à l'origine d'une révolution mondiale dans le secteur des pensions, a inspiré les réformes entreprises par plus de 25 pays à travers le monde et a permis à plus de 100 millions de travailleurs d'être propriétaire de leur compte d'épargne-pension. Par ailleurs, chaque fois plus de pays dans le monde passe à ce système, depuis l'Argentine à la Suède (!) en passant par l'Inde.

http://www.fiap.cl/mapamundi_eng/mapa_eng.html


"Alors les monétaristes sont en train de devenir fous."

Pas les monétaristes, mais les socialistes de tous les partis qui ruinent l'économie.


"...on fait marcher la planche à billet..."

Ce qui va très précisément à l'encontre des recommandations de Friedman.

Ecrit par : Lucilio | 17 novembre 2006

>"...c'est un coup de baguette magique."
>Peut-être, mais cela marche.

C'est fascinant comme les libéraux peuvent se contenter d'explications aussi courtes. Je crois que je vais t'appeler Merlin maintenant ;-)

Pour le Chili on a pas du tout les même chiffres.

>"Alors les monétaristes sont en train de devenir fous."
>Pas les monétaristes, mais les socialistes de tous les partis qui ruinent l'économie.

Alors Alan Greenspan est un socialiste ...
On en apprend de belles ici.

>"...on fait marcher la planche à billet..."
>Ce qui va très précisément à l'encontre des recommandations de Friedman.

Oui, mais par des évangélistes adulés du monétarisme comme Greenspan, je trouve que ça fait un peu désordre dans la maison du monétarisme.

Ecrit par : pierre p | 17 novembre 2006

"C'est fascinant comme les libéraux peuvent se contenter d'explications aussi courtes."

À l'aune de leurs réfutations ;-)


"Pour le Chili on a pas du tout les même chiffres."

Un indice qui devrait te convaincre que les miens sont les bons : aucun gouvernement chilien depuis la fin de la dictature (tous de gauche) n'a remis en question le système privé des pensions, aucun parti chilien n'a dans son programme un retour à un système public de pension par répartition en lieu et place du système privé actuel par capitalisation.


"Alors Alan Greenspan est un socialiste ..."

Greenspan n'est pas Friedman.

Ecrit par : Lucilio | 17 novembre 2006

Je reviens sur le système de retraites chiliens :

- 15 à 20% de comissions sur les cotisations (beau pactole !)

- l'état chilien alloue 7% du PIB pour les allocations retraites pour palier aux insuffisances du système privé, ce qui en fait un système mixte et non pas privé. Le privé se réservant la partie rentable du marché des retraites, et l'état récupère le reste,i.e. la partie non rentable et même extrêment déficitaire. A ce compte là évidement les retraites versées par les organismes privés peuvent être correctes.

- le système a été jugé tellement mauvais qu'en octobre 2004 rapport de la banque mondiale prone son élimination graduelle.

Voilà pourquoi je disais que c'était une belle arnaque.

> Greenspan n'est pas Friedman.

Quand je disias que les libéraux se satisfont d'explications très courtes ... ;-)

Ecrit par : pierre p | 17 novembre 2006

Puisque notre "ami" Pierre vit avec de oeillères et des lunettes de soleil, le temps est venu de l'éclairer ...

Parlons d'un pays plus proche de nous, le France et souvenez-vous de la politique des socialistes en 81 ... Politique économique d'inspiration Keynesienne s'il en est et qui a démontré par l'histoire l'ampleur de son échec et de sa médiocrité !

Quant à Greenspan, faut tout de même bien reconnaitre que depuis qu'il est là (ou qu'il était là), la croissance U.S. a été fabuleuse ... Ces magnifiques résultats ont été semés dès les années 80 avec l'un des plus grand Président américain ... R. Reagan !

Souvenez-vous de l'impact hyper positif de Greenspan en 87 en pleine crise financière il a drastiquement diminué les taux afin de relancer la machine américaine ! un vrai succès ...

Je signalerai également que depuis 92 l'inflation européenne tourne autour des 2% depuis que la bq centrale européenne mène la politique monétaire. Et depuis 92 je n'ai pas l'impression d'avoir connu de crises majeures ...

Ce ne sont là que qq exemples, évidement on peut continuer à soutenir d'autres politiques suicidaires. Mais si on regarde ces dernières années les pays affichant la plus belle réussite sont ceux où le libéralisme a largement supplanté le socialo-communisme interventioniste !

Merci pour cet article, dès ce soir il sera affiché ds mon "local politique".

Ecrit par : G. | 17 novembre 2006

G., Qu'est ce qui vous dit que je suis keynésien ? Vous tombez mal je ne le suis pas. Comme s'il n'y avait que le monétarisme et le keynésianisme ! Je vous donne une piste : le système américain d'Alexander Hamilton, l'économie physique de Leibniz.

>Quant à Greenspan, faut tout de même bien reconnaitre >que depuis qu'il est là (ou qu'il était là), la croissance U.S. a >été fabuleuse

Vous qui parliez d'oeillères ...

>Souvenez-vous de l'impact hyper positif de Greenspan en >87 en pleine crise financière il a drastiquement diminué les >taux afin de relancer la machine américaine ! un vrai >succès ...

La méthode de Greenspan est très simple : gonfler une bulle plus grosse que la précédente quand elle éclate (creuser un trou plus gros pour en boucher un autre), en 87 sa "brillante trouvaille" fut de nous proposer les produits dérivés. Aujourd'hui il y a plus de 2 millions de milliards de dollars de produits dérivés, soit des dixaines de fois le PIB mondial ! Je me demandent si les idiots qui jouent avec ça ne relèvent pas tout simplement de la psychiatrie. Quand à la bulle immobilière, une jolie trouvaille, ça ressemble étrangement à un système pyramidal, qui comme chacun sait n'a pas d'autre destin que de s'effondrer. Il fallait vraiment être aux abois pour trouver une solution aussi suicidaire que celle là, mais qu'importe tout les moyens sont bons pour faire croire que le sytème est "solide" et une bonne équipe de marketeux a fait avaler ça à tout le monde, et beaucoup n'ont pas cherché plus loin : après moi le déluge !

>Et depuis 92 je n'ai pas l'impression d'avoir connu de crises >majeures ...

Y'en a une belle juste devant votre nez.

>Mais si on regarde ces dernières années les pays affichant >la plus belle réussite sont ceux où le libéralisme a >largement supplanté le socialo-communisme >interventioniste !

Non, par exmple la Chine avec sa politique d'investissement public massif dans l'économie physique. Le fait d'être supplanté par une dictature comme la Chine montre à quel point nous sommes tombés bien bas.

Ecrit par : pierre p | 17 novembre 2006

Tiens, voilà que refait surface "le système américain d'Alexander Hamilton". N'est-ce pas vous, Pierre P, qui il y a quelques mois prétendiez que l'économie américaine était de type planifié, conformément à ce que Hamilton aurait préconisé en son temps? Assertion étonnante! Et restée inexpliquée malgré les demandes que vous ont adressées quelques lecteurs incrédules. Puisque vous remettez ça, peut-être allez-vous cette fois-ci nous gratifier d'une explication?

Ecrit par : Ostrogods | 17 novembre 2006

;-)
@Ostrogods, Historiquement le système d'économie politique américain est un système planifié et anti libre échange, mais l'économie américaine actuelle n'a plus grand chose à voir avec ce système (l'idéologie post-industrielle est passée par là). Il y a quelques temps je vous ai résumé ce système qui s'inspire directement des réflexions de Leibniz sur l'économie physique, et j'ai donné toutes les références nécessaires, on peut notament trés facilement trouver les rapports au congres d'Alexander Hamilton sur le net. Alors que ça ne soit toujours pas expliqué ... voilà qui est inexplicable, ou bien vous n'avez tout simplement pas cherché.

L'un d'entre vous m'a affirmé un jour que la première banque centrale américaine datait des années 1910, alors qu'elle date en réalité du début des années 1790. C'est l'actuelle fed qui date effectivement des années 1910 (1913 je crois). C'est clair qu'avec ce genre de méconnaissance il soit assez difficile de comprendre qu'on puisse dire que le système américain est un système planifié, à supposer que la personne en question comprenne l'importance primordiale d'une banque centrale nationale dans une économie planifié.

Ecrit par : pierre p | 17 novembre 2006

Pierre, otez vos lunettes et nous parlerons p-ê sérieusement ...

Après Alexander Hamilton le retour, re-voici le "Ni-ni". Ni keynes, ni friedman ou alors ni-droite, ni-gauche. Comme d'autres vous allez nous baratiner avec la 3ième voie, celle de Jospin ou celle de Schroeder ?

A moins de vivre sur une autre planète, comment peut-on prétendre que l'économie US ne connait pas une extraordinaire période de croisssance depuis 20 ans ?? il y a un moyen de le contester, appliquer comme vous le faite la théorie du "complot" mais financier cette fois. Ainsi donc Greenspan aurait fait gonfler les marchés pour créer une bulle, il est vrai que les propos de "exhubérence irrationnelle des marchés" ça ne vient pas de lui, ce n'est pas lui non plus qui s'est inquiété de la hausse sur-faite des valeurs technos début des années 2000 ... Et comme ce type en plus d'être malhonête est con, il n'a jamais investit 1$ en action alors qu'il crée lui même un marché "truqué". Y a pas à dire votre logisue est limpide ! Quant à la problématique des produits dérivés, tout le monde sait que ce sont les bq centrales qui créent ce type de produit. D'ailleurs bientôt vous allez nous dire que les problèmes que petercam a connu il y aqq mois ds une filialle "prod. dérivés" c'est à cause de la bq centrale européenne ... Tout ça est très logique, mais je ne vous jette pas la pierre, Pierre ! ...

Vos dénonciations du système actuel tiennent de la caricature communiste ! Que le marché immobilier ricain connaisse des faiblesses actuellement je vous l'accorde mais qui parle de bulle prête à éclater ? De nouveau, un discours typique de gauche où l'on agite un épouventail au peuple afin de l'effrayer ... Peuple, rassure toi, le parti te protègera !

Comparez les prix de l'immobilier à Bxl et à Paris ... vous verrez les écarts, bxl n'atteint même pas les prix au m² d'une ville comme Montpellier.

Si le systèmes est à ce point perverti comme vous l'entendez, comment expliquez-vous que 1 bef investit sur le BEL-20 en 1959 soit devenu aujourd'hui 80 (contre 13 pour l'inflation) ? Y a longtemps que ça aurait du pêter ... Mais visiblement vous êtes un apôtre, voir un disciple du célèbre gourou financier belge (ex-BBL), Roland Leuschel ! Y a 25 qu'il programe le crash général. En 25 ans il a eu raison 3 mois en 87 ! depuis tout le monde se marre qd il parle ...

En fin votre dernière qualité est celle de voyant puisque la crise serait devant nous ... alors soyez gentil, donnez nous votre estimation de la baisse de la bourse pour les prochains mois, car même ds un marché baissier il y a moyen de gaganer de l'argent via des options émises par ...

Je veux bien partager avec vous, et je connais plein de gens qui après 6 ans en bourse viennent juste de retrouver leurs "mises" de départ. ils aimeraient que les gains continuent ...

Ecrit par : G. | 17 novembre 2006

>mais qui parle de bulle prête à éclater ?

Même les revues fiancières comme le financial times ou the economist évoquent depuis un certain temps d'important risques systémiques, les risques énormes que les hedges funds font peser sur le système monétaire, etc ...
Certains articles sont plus qu'alarmistes.

Faut t'instruire un peu plus que ça G. !

Ecrit par : pierre p | 17 novembre 2006

>mais qui parle de bulle prête à éclater ?

Mais toi Camarade Pierre ...

Tu nous annonces être capable de prédire l'avenir mais tu es incapable de te souvenir de ce qu tu as écrit. Cohérence ??

>Et depuis 92 je n'ai pas l'impression d'avoir connu de crises majeures ...

"Y'en a une belle juste devant votre nez."

Ah oui si le F. Times et l'economist l'écrivent alors c'est surement vrai ... Puisqu'il te manque des notions de "marché", sache que qd qq'un décide d'achter une action c'est parce qu'il pense qu'elle a un potentiel de hausse. A ce même moment le vendeur du même titre pense excactement le contraire ! Ca s'appelle la rencontre de l'offre et de la demande ! Heureusement donc que le F.T. pense une chose et les marchés une autre, c'est justement ça le marché qui doit trouver son équilibre ! Si tout le monde pensait la même chose on serait ds une économie planifiée, une vraie !

Ces vrais certains articles sont "alarmistes" mais pour un alarmiste il y en a 10 positifs. Prends l'echo et chaque jour il y a des avis divergents sur l'orientation des marchés ! Pas la peine de gargariser son côté intello de gauche en prennant des revues anglaises. Peut-être comprendrais tu mieux les choses si tu les lisais en fçais ...

Là ou je suis d'accord c'est qu'il faut régementer en partie les hedge funds. Dans un seul but : celui de prévenir l'investisseur ou il met les pieds ! Car ces fonds à la mode ne sont pas sans risques pour l'investisseur. Une meilleure communication pour plus de transparence, je suis d'accord mais pas au-delà !

A propos des USA qui serait une économie planifiée, franchement continue comme ça et tu auras bientôt le premier prix à Rochefort ! D'ailleurs suffit d'observer les opposants aux states : Chavez, Noriega, Castro, José Bovidé, Kim Il Sung, ... ils réclament tous aux usa de devenir une économie plus libérale et de quitter le système de planification. Aux states on nationalise le pétrole et au Vénézuela on le libéralise ... C'est évident, transparent comme de l'eau de roche !

Ecrit par : G. | 18 novembre 2006

"...15 à 20% de comissions sur les cotisations (beau pactole !)"

Les commissions perçues par les fonds de pensions privés chiliens se montent à 1,45% du salaire imposable du travailleur cotisant et représentent 0,63% des fonds administrés. Par ailleurs, les fonds de pensions privés coûtent moins chers aux travailleurs chiliens (12,3% du salaire brut contre 19% pour le système public de pension par répartition). Mais surtout, les fonds de pensions privés paient une pension moyenne de 638$ par mois, contre 270$ pour ceux qui restent dans le système public.


"...l'état chilien alloue 7% du PIB pour les allocations retraites pour palier aux insuffisances du système privé, ce qui en fait un système mixte et non pas privé."

Faux, l'État chilien alloue cet argent (le 7%, il faudra me trouver une source) au système public qui subsiste encore très minoritairement. C'est tout. Sinon, on pourrait dire également que le système privé alloue 70% du PIB pour pallier aux "insuffisances du système" public. Par ailleurs, les "insuffisances du système privé" ne doivent pas effrayer outre mesure les chiliens puisqu'ils sont chaque fois plus nombreux à le choisir : de 1980 où 51,6% de la population qui cotisait à une pension publique, à 2003 où 2,8% cotisent aux fonds publics et 63,8% aux fonds privés.


"...le système a été jugé tellement mauvais..."
Voilà ce que disait du système des pensions privés chilien le précédent Ricardo Lagos, socialiste, le mois de juin dernier : "Nous nous réunissons pour célébrer un système qui fonctionne avec succès, et que nous allons perfectionner car nous allons avoir maintenant 5 fonds".


"... qu'en octobre 2004 rapport de la banque mondiale prone son élimination graduelle."

Pourtant, aucun parti chilien, même de gauche, ne pense revenir à un système public généralisé de pension par répartition. Et chaque fois plus de pays décident de passer par ce système privé de pension par capitalisation. Y compris la Suède. Étonnant, non ?

Ecrit par : Lucilio | 20 novembre 2006

@G.
> A propos des USA qui serait une économie planifiée ...

C'est à peu près le contraire de ce que j'ai dit car j'ai bien distingué le modèle actuel de l'économie US avec le système d'économie politique américain, mais quand on lit pas ...

D'autre part tu confond plus haut des citations que j'ai tiré de ton post, avec mon propre texte, alors tu peux dire que c'est moi qui déraille si tu veux, mais moi je pense que c'est toi qui n'est pas très sérieux.

@Lucilio
On a décidement vraiment pas les mêmes chiffres.

Ecrit par : pierre p | 20 novembre 2006

"On a décidement vraiment pas les mêmes chiffres."

Même remarque que précédemment : si la gauche chilienne n'a nullement l'intention de revenir à un système public généralisé de pension par répartition, si l'ancien président chilien vantait par contre le système privée des pensions chiliens il y a moins de six mois, il faut croire que mes chiffres se rapprochent plus de la réalité que les tiens.

Pour plus d'informations sur les systèmes privés de pension à travers le monde :

http://www.fiap.cl/p4_fiap_eng/site/edic/base/port/front_cover.html

Ecrit par : Lucilio | 20 novembre 2006

@ Camarade Pierre

Il semblerait que tu aies des désaccord avec bien du monde ...

Je sais très bien que j'ai repris tes et mes posts, je reprenais mes remarques et tes réponses ! mais c'est pas grave ...

As tu suivi mes conseils d'achat de l'Echo ? Ds celui de ce lundi il y a une analyse du Bel-20 avec chaque fois pour les 20 actions, l'objectif de cours le plus haut et le plus bas ...

Evidemment on peut caricaturer en prétendant que TOUS les analystes ont des visons baissières ... Mais tu rsiquerais de ne pas être d'accord ...

Ecrit par : G. | 20 novembre 2006

@Lucilio
> si la gauche chilienne n'a nullement l'intention de revenir à > un système public généralisé de pension par répartition ...

Je crois qu'il y a un biais dont tu devrai tenir compte : la dernière fois qu'un gouvernement chilien a projeté de faire des nationalisations, cela s'est fini en coup d'état militaire et en bain de sang. C'est un traumatisme dont les chiliens ne se sont pas encore remis, et cela a encore des conséquences sur la politique d'aujourd'hui.

@G.
Il n'a jamais été question des estimations sur tel ou tel cours de bourse mais de risque systémique. Tu vois tu ne suis encore pas.

Pourquoi le directeur de la BaFin en allemangne, dont j'ai oublié le nom, a t il dit que l'effondrement du système n'était pas une question de 'si' mais une question de 'quand' ?

S'il n'y a pas de rique systémique alors pourquoi Alan Greenspan a t-il dit qu'en cas de problème on peut faire tourner la plancher à billet autant que l'on veut? Pourquoi Ben Bernanke a dit qu'on pouvait même aller jusqu'à distribuer de l'argent en le largant par hélicoptère? Les imbéciles !

Sûr ! Si on nous dit ça c'est pas du tout parce qu'ils sont en train de gravement paniquer. Non non tout va très bien madame la marquise.

Ecrit par : pierre p | 20 novembre 2006

Je vois que notre ami Pierre est un lecteur assidu de "Solidarité et progrès" (http://www.solidariteetprogres.org/spip/sp_article.php3?id_article=1331).
J'aimerais qu'il nous trouve le fameux rapport 2004 de la banque mondiale et nous en donne le lien.
J'ai fouillé consciencieusement le site (http://www.banquemondiale.org/) mais je n'ai rien trouvé sinon des articles et interviews élogieuses concernant le système de retraite chilien.

Ecrit par : Rocou | 20 novembre 2006

"Je crois qu'il y a un biais dont tu devrai tenir compte : la dernière fois qu'un gouvernement chilien a projeté de faire des nationalisations, cela s'est fini en coup d'état militaire et en bain de sang. C'est un traumatisme dont les chiliens ne se sont pas encore remis, et cela a encore des conséquences sur la politique d'aujourd'hui."

Allons, tu ne crois même pas toi-même à cette explication fantaisiste.

Par ailleurs, et pour mémoire, le coup d'État qui renversa le gouvernement Allende n'a strictement rien à voir avec les nationalisations opérées, mais répondait à l'appel du parlement chilien pour mettre un terme aux agissements illégaux et anticonstitutionnels d'un gouvernement décidé à instaurer une dictature socialmiste au Chili.

Ecrit par : Lucilio | 21 novembre 2006

Nostradamus le retour ...

Franchement comment est-il possible de propager de telles âneries si ce n'est en les ayant pêchées ds des revues dont l'impartialité nous aveugle ...

Si de tel propos avait vraiment été tenus alors je crois que le marché se serait déjà effondré puisque je te rappelle que le marché est censé être efficient. Dès lors si un des "pontes" tenaient ces propos, le marché aurait réagi !

Mais après tout les raéliens cropient que l'homme a été déposé sur terre par des extra-terrestres, probablement les mêmes que ceux qui éditent tes lectures !

La caricature tue l'esprit critique et l'analyse rationelle ...

Ecrit par : G | 21 novembre 2006

G. tu ne connais pas le petit nom de Ben Bernanke ? Devine ! C'est "Helicopter Ben" :

http://www.merkfund.com/merk-perspective/insights/2005-11-21.html

Fais donc une recherche sur "Helicopter Ben" sur Google, tu va être épaté.

Alors, il est toujours efficient ton marché ?!

Déjà que Bush a dit peu après sa réélection que le dollar ne vallait plus rien. Effectivement c'est bien surprenant que le marché ne réagisse pas plus que cela. Les mauvaises langues disent que plus personne n'écoute ce que dit Bush parce que tout le monde sait que c'est un idiot. Eh bien il y en a un aussi à la fed.

Ecrit par : pierre p | 21 novembre 2006

Est-il besoin de rappeler que le "prix nobel d'économie" n'existe pas ?

Ecrit par : Athalide | 30 novembre 2006

"...le "prix nobel d'économie" n'existe pas..."

Certes, pas officiellement, mais cette terminologie est passé dans la pratique.

Ecrit par : Lucilio | 30 novembre 2006

Ce n'est pas parce que tout le monde dit n'importe quoi qu'il faut se croire obliger de le répéter non ?

Ecrit par : Athalide | 30 novembre 2006

La pratique est admise. C'est tout.

Définition donné par Wikipedia :

"Le Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel (en suédois : Sveriges Riksbanks pris i ekonomisk vetenskap till Alfred Nobels minne), dit « Prix Nobel d'économie »..."

Et Google donne 165.000 pages en français et 292.000 en anglais. Alors, j'adopte également l'usage admis, plutôt que de me taper "Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel". Par aiileurs, ce prix est également géré par la Fondation Nobel comme les autres.

Qu'est-ce qui a Athalide, tu veux nous la jouer Académie de la langue française ?

Ecrit par : Lucilio | 30 novembre 2006

Non mais comme tu as l'air à cheval sur la terminologie autant l'être jusqu'au bout... n'est-il pas ?

Ecrit par : Athalide | 30 novembre 2006

Le Chili, la chine : décidément ce Milton avait de bonnes fréquentations.
Le libéralisme ne s'exporterait-il bien que dans les dictatures ?

Ecrit par : Athalide | 30 novembre 2006

"Le Chili, la chine : décidément ce Milton avait de bonnes fréquentations."

Le Chili, grâce aux conseils prodigés par Friedman aux Chicago's Boys, est le pays le plus libre et prospère d'Amérique latine. De même, les dirigeants chinois en l'écoutant ont commencé à appliquer les réformes qui ont rendu les Chinois, si seulement un peu moins soumis à la tyrannie, au moins beaucoup plus prospères. De fait, Fridman a été un bienfaiteur pour des centaines de millions de personnes dans le monde.

Ecrit par : Lucilio | 30 novembre 2006

Diantre ! ce n'est plus un économiste, c'est le Christ en personne !
Sauf qu'on entend toujours les bottes brunes ou rouge derrière et le silence des opposants jeté en prison est assourdissant !
Les chinois pauvres doivent être heureux de savoir qu'ils vivent dans un pays en plein boum économique.
Sûr que le gars Milton si il avait pu il aurait bien donné un coup de main à Hitler, Staline et consorts... mais bon ça ne s'est pas fait...
Le libéralisme doit être comme les belles plantes : il ne s'épanouit que dans le fumier !
Qu'importe l'odeur du sang pourvu qu'on ait l'ivresse !

Ecrit par : Athalide | 30 novembre 2006

"Sauf qu'on entend toujours les bottes brunes ou rouge derrière et le silence des opposants jeté en prison est assourdissant !"

Qu'a donc à voir Friedman là-dedans ? Rien.


"Les chinois pauvres doivent être heureux de savoir qu'ils vivent dans un pays en plein boum économique."

C'est sûr qu'ils étaient plus heureux lorqsqu'ils mourraient de faim pas dizaines de millions sous Mao, lors du "Grand bond en avant".


"Le libéralisme doit être comme les belles plantes : il ne s'épanouit que dans le fumier !"

Rappelons que ce fumier fut souvent à l'origine une merde 100% socialiste.

Ecrit par : Lucilio | 30 novembre 2006

Ecrire un commentaire