20 novembre 2006
Le capitalisme sauve les forêts
Une étude réalisée par une équipe de chercheurs de l'Université d'Helsinki, en Finlande, conduite par le professeur Pekka Kauppi fait le point sur l'évolution des forêts dans le monde. (Pour l'étude complète : « Returning forests analyzed with the forest identity ».) Grâce à une meilleure méthodologie en ce qui concerne les mesures, il semble bien que l'on puisse être optimiste, car on arriverait à un point d'inflexion de la déforestation. Comme le rapporte la BBC :
A new technique for measuring the state of the world's forests shows the future may not be as bad as previously feared.
An international team of researchers say its Forest Identity study suggests the world could be approaching a "turning point" from deforestation.
The study measures timber volumes, biomass and captured carbon - not just land areas covered by trees.
The findings are being published in the US journal Proceedings of the National Academy of Sciences.
"The trend is better than previously thought," said Pekka Kauppi, one of the paper's co-authors.
"We see prospects for an end to deforestation; we do not make a forecast but it is possible."
Cette méthodologie s'appelle Forest Identity. Et, selon Kauppi, lorsqu'on observe les changements dans l'aire couverte de la biomasse, on peut obtenir une image plus complète des écosystèmes. Tous, nous savons, parce que nous regardons la télévision, écoutons la radio et même lisons des journaux, que l'arbre est un concept en voie de disparition, appelé à rejoindre les livres d'histoire naturelle, à cause du capitalisme, qui conduirait inexorablement à la déforestation. Mais, il semble que cela ne soit pas si évident :
The report also showed a correlation between a nation's economic growth and "forest transition", in other words, a shift from deforestation to net gains in tree cover.
De fait,
The researchers found that when Gross Domestic Product (GDP) per capita reached $4,600 (£2,400), many nations experienced forest transition and saw an increase in forestry growing stock (volume of useable timber).
Et pourquoi cela se passe-t-il ainsi ?
Professor Kauppi said no nation intentionally destroyed forests, people did it out of necessity.
"Rural populations, which are poor and growing, have to convert new land to agriculture and subsistence farming," he observed.
"So the pressures on the forests ease if people have other job sources. We are not saying that people, because they are wealthier, do not destroy forests but it is a sign that societies have good law enforcement and rural policies."
C'est plus que cela. Aux États-Unis, seuls 2% du sol cultivable sont nécessaires pour nourrir la population, parce que les méthodes de cultures sont très capitalistes, c'est-à-dire, très productives. Grâce à cela, ce sont des espaces entiers, avant destinés à l'agriculture, qui reviennent à la nature. En clair, ce sont les pays les plus développés qui connaissent une récupération de leurs forêts. Contrairement à ce que prêchent les écologistes. Nous savions déjà que le capitalisme sauve la faune sauvage. Nous voyons qu'il en est de même pour les forêts.
13:50 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Écologie, Capitalisme, Déforestation, Pekka Kauppi



Commentaires
Intéressant.
Ceci dit une chose me gène : l'emploi que tu fais du terme capitalisme, car il peut couvrir des notions assez variées.
J'aurai plutôt dit que c'est le progrès scientifique et technologique qui est responsable de ça, et si tu veux le capitalisme qui oriente le capital vers le travail et la production, mais en aucun cas le capitalisme financier qui recherche le gain max à court terme voire à très court terme. Le capitalisme financier va même à l'encontre de ces progrès scientifiques et tecnologiques car ils sont considérés uniquement d'un point de vue comptable, c'est à dire des charges qui doivent être réduites à leur minimum.
Ecrit par : pierre p | 20 novembre 2006
C'est très précisément le développement économique qui est corrélé avec la reforestation dans l'étude, avec un seuil mesuré en $ de PIB / habitant. Et, autant que je sache, le développement (industriel, technologique, etc.) par la croissance économique, c'est le capitalisme.
Ecrit par : Jesrad | 20 novembre 2006
Lisez l'étude, et les autres (celle-ci n'est qu'un maillon d'une longue chaine), le "capitalisme" à lui seul ne sauve pas les forêts.
Il s'agit aussi de législations dans les domaines sylvicultural, foncier, agricole, énergétique, de politiques d'investissements publics dans des zones qui n'intéressent pas les investisseurs privés, bref, d'un développement économique et technologique bien accompagné et orienté par des politiques efficaces.
Des politiques comme la réforme agraire en Corée du Sud dans les années 60': redistribution des terres aux petits paysans, avec des fonds publics importants pour le développement de leur savoir-faire agricole. Avec en prime une grande mobilisation nationaliste pour planter des arbres pendant ses temps libres, et un développement industriel massif lui aussi poussé par des investissements publics, qui diminua la main d'oeuvre rurale. En Chine, les politiques "Grain for Green": le gouvernement accorde de la nourriture aux fermiers des zones montagneuses, en échange de quoi ils cessent de cultiver leurs terres de pentes et les reboisent. Au Vietnam, l'allocation des terres forestières: ces terres sont distribuées aux ménages, ils peuvent les exploiter et en tirer un revenu, mais à condition de laisser ou de planter de la forêt dessus. Juste pour donner quelques exemples de politiques qui, souvent, ne sont effectivement possibles que parce que le libéralisme apporte la croissance économique nécessaire pour les financer, mais sans lesquelles le libéralisme et le capitalisme n'auraient pas suffit pour renverser la courbe des forêts.
Ecrit par : un patrick | 21 novembre 2006
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