24 novembre 2006
Élection présidentielle au Venezuela
Bien que cela semble être un lieu commun, il est bon de rappeler de temps en temps que les élections sont le moment central de la démocratie. Avec elles et un bout de papier, on peut décider du passé et du futur d'un territoire ou d'une nation. C'est pourquoi, même dans des régimes de semi tyrannie comme le vénézuélien de Chávez, nombreux sont ceux qui regardent avec espoir celles qui se tiendront le 3 décembre prochain. Des événements comme la marche de 26 kilomètres - en référence aux 26 millions de Vénézuéliens qui soutiendraient le rival de Chávez, Manuel Rosales - qui s'est déroulée dans les rues de Caracas le 4 novembre dernier font que beaucoup commencent à évoquer la « marche de la joie », le symbole de la défaite dans les urnes de la dictature de Pinochet en 1988. Au Venezuela, on commence même à fredonner la chanson des partisans chiliens du non : La joie arrive enfin.
Le désistement annoncé de Benjamín Rausseo rend officiel ce que tout le monde savait déjà : les élections présidentielles vénézueliennes se joueront à deux. L'opposition continue de battre le pavé à travers le pays, faisant connaître ses propositions aux citoyens, tandis que Chávez installé dans sa voiture de fonction emploie à fond les médias publics pour sa campagne électorale, essayant de faire oublier par ses proclamations démagogiques la dure réalité que décrivent les statistiques de son propre gouvernement : un pays chaque fois moins sûr qui connaît plus de pauvres et de sans-emploi qu'à son arrivée au pouvoir.
À cette heure, ce sont les indécis qui retiennent l'attention. Parmi ceux-ci, l'opposition molle représenterait 21% de la population et le chavisme mou concernerait 30%. Les premiers commencent à croire à la candidature de Manuel Rosales et, bien qu'ils continuent de craindre la disparition du secret du vote que représentent les machines qui recueillent les empreintes digitales, pourraient bien finir par se déplacer au bureau de vote. Les seconds, par contre, commencent à se fatiguer des polémiques politiques de Chávez et sont mécontents de sa gestion néfaste en ce qui concerne la distribution des richesse et pourraient décider de rester à la maison.
Bien entendu, la guerre des sondages fait rage depuis que, depuis quelques semaines, les résultats sont chaque fois plus serrés. Bien que vaincre l'appareil gouvernemental mis en branle, comme à l'occasion du référendum révocatoire, par Chávez est loin d'être facile, l'opposition est en tête dans les grandes villes et Chávez conserve un certain avantage seulement à Aragua, Lara ou Bolívar. Depuis le début de la campagne, tous les sondages montrent une tendance qui indique que Rosales gagne 3 points par semaine, une progression qui, si elle devait se poursuivre, signifierait un retournement électoral complet. Sans doute l'élément déterminant de la journée du 3 décembre se trouvera dans la conviction que la victoire de l'opposition est possible. Car le plus difficile est de faire remonter et de canaliser le désir de changement qui imprègne la société vénézuélienne corsetée par un régime chaque fois plus totalitaire et militarisé. C'est seulement si la candidature de Rosales arrive à transmettre aux Vénézuéliens que « c'est possible », que ce qui il y a deux mois encore relevait du miracle pourra devenir réalité : que le Venezuela reprenne le chemin de la normalité démocratique.
12:30 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Venezuela, Élections présidentielles, Manuel Rosales



Commentaires
"évoquer la « marche de la joie », le symbole de la défaite dans les urnes de la dictature de Pinochet en 1988."
Finalement y a que les dictatures de Gôche qui se terminent en bain de sang.
Ecrit par : L'ami du laissez-faire | 24 novembre 2006
Tiens, en parlant de bain de sang, dans quel but Chavez avait-il acheté pour plusieurs millions d'armes diverses (dont 100 000 Kalashnikov) ? Pour "défendre la patrie" comme il dit (Vaterland, une fois traduit en Allemand) ?
Ecrit par : Jesrad | 24 novembre 2006
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