08 décembre 2006

Le mythe de l'« Eurabie »

Dans un article publié dans le New York Post, intitulé « The 'Eurabia' myth », Ralph Peters relance la polémique en avançant la thèse qu'il n'existe aucun risque pour que les musulmans finissent par dominer l'Europe. Selon lui, quand les Européens se sentiront trop menacés, non seulement ceux-ci réagiront, mais ils le feront avec férocité. Et les musulmans auront de la chance s'ils sont seulement renvoyés.

The notion that continental Europeans, who are world-champion haters, will let the impoverished Muslim immigrants they confine to ghettos take over their societies and extend the caliphate from the Amalfi Coast to Amsterdam has it exactly wrong.

The endangered species isn't the "peace loving" European lolling in his or her welfare state, but the continent's Muslims immigrants - and their multi-generation descendents - who were foolish enough to imagine that Europeans would share their toys.

[...]

Don't let Europe's current round of playing pacifist dress-up fool you: This is the continent that perfected genocide and ethnic cleansing, the happy-go-lucky slice of humanity that brought us such recent hits as the Holocaust and Srebrenica.

THE historical patterns are clear: When Europeans feel sufficiently threatened - even when the threat's concocted nonsense - they don't just react, they over-react with stunning ferocity. One of their more-humane (and frequently employed) techniques has been ethnic cleansing.

 

Pour appuyer sa thèse, Peters se base sur quelques arguments historico-politiques :

  • l'expulsion des Juifs d'Espagne en 1492 suivi par celle des Morisques, après des siècles de présence ;
  • l'expulsion des Huguenots de France ;
  • l'Holocauste ;
  • le nettoyage ethnique effectué dans les républiques de l'ex-Yougoslavie ;
  • le poids électoral d'un parti comme celui de Le Pen en France.

Bien entendu, il n'y a aucune manière de savoir comment pourraient réagir les Européens. Tout pronostic ne peut être qu'aventureux et les parallélismes historiques sont toujours délicats à manipuler. Mais on ne peut s'empêcher de trouver un fond de vérité dans ce que rappelle Peters. Surtout lorsqu'on sait que le racisme, la xénophobie et l'intolérance religieuse sont vraiment loin d'être des phénomènes marginaux dans les pays d'Europe centrale et orientale, au contraire ces penchants y étaient soigneusement cultivés par les dictatures socialistes.

N.B. : au sujet des musulmans en Europe, à lire ou relire le dossier réalisé par The Economist en juin dernier.

Commentaires

Malheureusement, je pense que cette théorie n'est pas correcte.

La grande différence entre la culture musulmane et la culture occidentale contemporaine est la foi et le combat au nom de celle-ci.

Les musulmans ont un désir d'imposer leurs points de vue et leurs règles à l'ensemble de la société. Lorsqu'ils sont suffisamment nombreux, ils y arrivent. Ils sont prêts à se battre pour cela. Soit violemment (une minorité), soit non violemment mais fermement. Le mode de vie social des musulmans renforcent cette combativité. La pression sociale joue également un rôle important.

Face à cela, il y a le mode de vie occidental : individualiste et plus libéral. Moralement, il est peu acceptable d'imposer son point de vue aux autres et de contraindre autrui. Et l'individualisme mène à ne pas s'intéresser à l'autre et à le laisser faire ce qu'il veut. Le respect de la différence mène beaucoup d'occidentaux à se laisser faire...

Evidemment, les deux positions ne sont pas toujours tenables. Mais celui qui est prêt à se battre pour sa foi aura un avantage indéniable.

Donc, même sans être majoritaires, les musulmans ont une capacité d'influence supérieure à leur représentativité.

Et comparer l'Europe d'aujourd'hui, laïque et individualiste à l'Europe du moyen-âge ou même du début du XXème Siècle n'a pas beaucoup de sens. Les mentatlités ont fortement évolué ces dernières décennies.

Donc, petit à petit, la présence musulmane en Europe étend son influence. Il suffit de regarder autour de soi. Les filles osent moins s'habiller court qu'il y a 20 ans. De plus en plus de femmes voilées partou. L'autocensure pour ne pas "vexer" les musulmans (cfr caricatures). Certains politiciens qui carressent les musulmans dans le sens du poil (cfr Onkelinx à Schaerbeek) etc.

Écrit par : libergold | 08 décembre 2006

"Mais celui qui est prêt à se battre..."

Tel est bien le propos de Ralph Peters : il ne faut pas sous-estimer la capacité de violence qui réside dans les populations européennes, mais aujourd'hui. Et pour rappel, l'Europe, ce n'est pas que la France ou la Belgique, mais aussi la Pologne, la Slovaquie ou la Roumanie, où la xénophobie et le racisme sont des traits quotidiennement constatés.


"Et comparer l'Europe d'aujourd'hui, laïque et individualiste à l'Europe du moyen-âge ou même du début du XXème Siècle..."

Pas seulement, on mentionne bien l'Holocauste commis par un régime athée ou les nettoyages ethniques en Yougoslavie.

Écrit par : Lucilio | 08 décembre 2006

Il est clair que face à une minorité musulmane prête à s'imposer, on trouvera relativement facilement une minorité autochtone prête à se battre contre.

Dans les pays ouvertement conservateurs et/ou xénophobes d'Europe Centrale et Orientale mais aussi dans nos "belles contrées".

Il suffit de voir un Le Pen en France, un VB en Belgique ou la radicalisation d'une partie des Pays-Bas.

Généralement, face à 15 % de la population d'origine étrangère, on voit un pourcentage similaire d'extrémistes. Et comme les 70 % restant sont passifs, le clash est possible.

C'est un des problèmes de la démocratie : les plus actifs sont surreprésentés par rapport aux non-actifs. Quand un Le Pen récolte 18% des voix, il s'agit des voix des votants et non 18 % de l'ensemble de la population.

Mais je reste toutefois convaincu qu'une violence barbare contre une minorité n'est plus possible dans l'Union Européenne. D'une part par les engagements internationaux liants les pays entre eux, d'autre part par le fait que la majorité 'non-active' peut devenir active lorsque certaines limites seront franchies.

Malgré tout, le souvenir de la Shoah est encore très présent dans la mémoire collective du noyau dur européen...

Mais il ne faut jamais dire jamais

Écrit par : libergold | 08 décembre 2006

"Moralement, il est peu acceptable d'imposer son point de vue aux autres et de contraindre autrui"

Bah oui, exactement. Et contre les agresseurs qui voudraient leur imposer leur immoralité intolérante, ils réagissent comme le citoyen libre face à un gangster armé: il sort son flingue et tire.

La tolérance ne peut pas tolérer l'intolérance (thème récurrent des livres de Iain M. Banks), la liberté, c'est aussi le droit de se défendre violemment contre la violence.

Écrit par : Jesrad | 08 décembre 2006

Je serais plutot du cote des pessimistes. ceux qui entrevoit a long terme une espece d'Eurabia. Pour les raisons demographiques. Face a des europeens vieillissants et diminuants les masses musulmanes qui nous entourent sont en majorite dans le "fighting age" 19-29 ans, l'age conquerant, et en plein developpement demographique.

Écrit par : mispe | 09 décembre 2006

Franchement, Lucilio, je n'imaginais pas lire chez toi le petit couplet sur les vilains barbares européens versus les pauvres musulmans parqués dans des ghettos.
Affligeant.
quant au NY Post, c'est une réféence douteuse, qui a en son temps versé dans une islamophobie punie par la loi en France.

Écrit par : phiconvers | 09 décembre 2006

"...le petit couplet sur les vilains barbares européens versus les pauvres musulmans parqués dans des ghettos."

Tu caricatures mon post et l'article auquel il fait référence. Relis bien, sans préjugés.

"...qui a en son temps versé dans une islamophobie punie par la loi en France..."

Tout d'abord, on se fiche des législations liberticides françaises. Ensuite, l'article auquel il est fait référence est tout sauf islamophobe. Très précisément le contraire.

Écrit par : Lucilio | 09 décembre 2006

Lucilio, je ne considère pas faire partie d'une génération ni d'une civilisation championne du monde la haine.
Le souhait de contenir l'islam en Europe n'a par ailleurs rien de haineux.
Et le NY Post, je le redis, n'a pas de leçon de tolérance à donner à qui que ce soit.

Écrit par : phiconvers | 09 décembre 2006

"...je ne considère pas faire partie [...] d'une civilisation championne du monde la haine."

L'histoire du 20e siècle européen est pourtant assez éclairante.


"Le souhait de contenir l'islam en Europe..."

Contenir l'Islam en Europe ? Qu'est-ce à dire ?


"Et le NY Post..."

Ce n'est pas le New York Post qui a écrit l'article mais Ralph Peters. Que celui-ci soit publié dans ce journal n'enlève, ni n'ajoute, rien à la pertinence de son article.

Écrit par : Lucilio | 10 décembre 2006

Oui, il y a un problème avec l'islam, lié à l'absurde aveuglement de nos gouvernants et au peu de capacité d'anticipation des patrons avides de main d'oeuvre des trante glorieuses en France.

Le NY Post n'est pas qualifié pour appeler au dialogue des civilisations, je maintiens.

Enfin, je préfère ma civilisation que celle des Saoudiens ou des Afghans.

Écrit par : phiconvers | 11 décembre 2006

"Oui, il y a un problème avec l'islam..."

Lequel ? En quoi nous concerne-t-il ?


"Le NY Post n'est pas qualifié..."

Vraiment curieuse cette fixation sur le support d'un texte plutôt que sur le contenu.


"...je préfère ma civilisation que celle des Saoudiens ou des Afghans."

Sois rassuré : la probabilité pour que la civilisation saoudienne ou afghane s'implante en Europe dans les 200 prochaines années est de 0,001%.

Écrit par : Lucilio | 11 décembre 2006

phiconvers : Oui, il y a un problème avec l'islam..."

Lucilio : Lequel ?

Naibed : Celui-ci : l'islam est une théocratie totalitaire épouvantable, raciste et génocidaire envers les non-musulmans, le Coran est, en pire, le Mein Kamp des musulmans, plus de 95% des attentats terroristes dans le monde sont le fait de musulmans, les juifs ont quitté en grand nombre les pays musulmasn (plus de 900 000: il ne reste plus que quelques milliers), les chrétiens sont persécutés en terre d'islam, et les musulmans "modérés" (je ne parle pas des "modérément musulmans" ne sont que l'autre face des musulmans "immodérés" : les uns pratiquent le terrorisme tout court (djihad), les autres, le terrorisme intellectuel (taqqiyya), aidés en cela par tout ce que le monde occidental compte de gauchistes, de lopettes, de de multiculturalistes, de relativistes culturels, et autres idiots utiles, voire compagnons de route de cet obscurantisme.

En résumé:
L'islam est dans ces textes, un appel au terrorisme
Et dans son application courante, du terrorisme

(mais, bien sûr, vous pouvez toujours tortiller du cul en nous ressortant cette vieille rengaine de l'islam pacifique, cette licorne que nul n'a jamais vue, mais dont tout le monde admet l'existence).


Lucilio : En quoi nous concerne-t-il ?

Ca concerne tous ceux qui sont honnâtes, épris de liberté, et qui ne pratiquent pas la taqqiyya ou le déni de réalité à propos de la dangerosité de l'islam. Et qui placent la légitime défense des non-musulmans comme impératif moral catégorique, au-dessus de tous les autres.

Sauf à faire une inversion entre les bourreaux et les victimes, en qualifiant ces dernières, lorsqu'elles sont islamolucides, d' « islamophobie » ou de racisme (inversé) parce qu'elles cherchent à se défendre.

Écrit par : Naibed | 08 janvier 2009

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