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14 décembre 2006
La prochaine vague de mondialisation
La mondialisation pourrait faire progresser les revenus moyens dans le monde à un rythme plus rapide dans les 25 années à venir qu'au cours des 25 dernières années, indique la Banque mondiale dans son nouveau rapport « Global economic prospects 2007 : managing the next wave of globalization », et les pays en développement joueront un rôle central à cet égard. En effet, ces pays atteindront cette année un niveau de croissance quasi record de 7 %. Et bien qu'il faille s'attendre à ralentissement en 2007 et 2008, cette croissance restera probablement supérieure à 6 %, soit plus du double de celle des pays à revenu élevé, laquelle devrait s'établir à 2,6 %. Considérant l'incidence qu'aura la mondialisation sur les perspectives des 25 prochaines années, le rapport de la Banque trace un scénario de base qui verra l'économie mondiale progresser de 35.000 milliards de dollars en 2005 à 72.000 milliards en 2030.
Cela n'est jamais qu'une légère accélération de la croissance mondiale comparé aux 25 dernières années, mais les solides performances des pays en développement en sont plus que jamais l'élément moteur.
A tenu à souligner Richard Newfarmer, principal auteur du rapport et conseiller économique au Département du commerce de la Banque.
Et s'il est vrai que les chiffres exacts finiront sans aucun doute par être différents, les tendances sous-jacentes sont relativement hermétiques à tous les chocs, si ce n'est les plus sévères ou perturbateurs d'entre eux.
Le commerce mondial des produits et services pourrait plus que tripler pour représenter, en 2030, 27.000 milliards de dollars, et la part des échanges dans l'économie mondiale passera du quart aujourd'hui à plus du tiers - une progression qui devrait être pour moitié environ le fait des pays en développement. Ces pays qui, voilà une vingtaine d'années seulement, fournissaient 14% des importations de produits manufacturés des pays riches en assurent aujourd'hui 40%, et en fourniront probablement plus de 65% à l'horizon 2030. Dans le même temps, la demande des pays en développement en matière d'importations s'impose peu à peu comme un élément moteur de l'économie mondiale.
La période d'expansion soutenue et généralisée ainsi envisagée pour les pays en développement aurait un effet significatif sur la pauvreté mondiale, comme le fait observer François Bourguignon, économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale pour l'économie du développement :
Le nombre de personnes ayant moins de 1 dollar par jour pour vivre pourrait être réduit de moitié, de 1,1 milliard actuellement à 550 millions en 2030. Mais certaines régions, notamment l'Afrique, courent le risque de rester à la traîne.
Pour les auteurs du rapport, un aspect particulièrement délicat sera de parvenir à ce que l'Afrique subsaharienne profite de la prochaine vague de mondialisation. Ses économies ont beau avoir vu leurs résultats s'améliorer ces dernières années, avec une croissance de 5,3 % en 2006 et une baisse escomptée de l'incidence de la pauvreté, les progrès d'ensemble restent trop lents. L'accroissement rapide de leur population et le gonflement du nombre des jeunes signifient, selon le rapport, que ces pays pourraient voir le nombre absolu d'individus vivant dans un état de pauvreté extrême rester à peu près constant. La pauvreté deviendra alors plus que jamais un problème propre à l'Afrique subsaharienne : selon les projections, la part des populations les plus déshéritées du globe qui vivent dans cette région doublerait d'ici à 2030. D'un autre côté, note le rapport, l'Afrique subsaharienne est aussi la région qui aurait potentiellement le plus à gagner d'une intégration économique, car elle pourrait tirer parti des technologies et des écarts de salaires pour parvenir durablement à un niveau de croissance plus élevé. Mais pour cela, ajoutent ses auteurs, des réformes d'imposent afin de renforcer le climat des investissements dans la région, ainsi qu'un surcroît d'aide pour ses infrastructures.
Il faut s'attendre à ce que beaucoup tirent avantage de la mondialisation car les fruits de cette croissance devraient être largement répartis : à l'horizon 2030, la Banque estime à 1,2 milliard le nombre d'habitants des pays en développement - 15% de la population du globe - qui feront partie de ce qu'elle appelle la « classe moyenne planétaire », contre 400 millions aujourd'hui. Les personnes dans cette catégorie disposeront d'un pouvoir d'achat de 4.000 à 17.000 dollars par tête et seront à même d'effectuer des voyages à l'étranger, d'acheter des voitures et autres biens de consommation haut de gamme, d'atteindre un degré d'instruction de niveau international et de contribuer de façon majeure à façonner les politiques et les institutions dans leur propre pays et au niveau de l'économie mondiale. Ainsi, l'incidence de l'extrême pauvreté sera ramenée d'environ 25 % aujourd'hui à moins de 8 %.
14:45 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, International, Économie, Banque mondiale, Global economic prospects 2007



