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16 décembre 2006
Le cerveau cannibale des autistes
Une nouvelle hypothèse pourrait aider à mieux comprendre les troubles autistiques. Une équipe de l’Université du Wisconsin, dirigée par Richard Davidson, a observé via IRM le cerveau de 28 garçons autistes âgés de 8 à 25 ans, en se concentrant en particulier sur la taille de leur amygdale. L'amygdale est une zone cérébrale en forme d'amande (d’où elle tire son nom) située au pôle antérieur du lobe temporal et appartenant au système limbique. L’amygdale est notamment impliquée dans la peur et l'agressivité. L’expérience a consisté à mesurer le mouvement des yeux des participants - le fait d’éviter le regard d’autrui étant un symptôme fréquent de l’autisme - qui devaient regarder des photographies montrant des visages expressifs, puis à analyser le lien entre évitement (sévérité) et amygdale.
Les résultats de l’étude ont ainsi établi une corrélation entre taille de l’amygdale et sévérité du trouble autistique. Les chercheurs ont aussi souligné la façon dont l’autisme évolue avec l’âge : les plus jeunes malades possédant des amygdales de dimension plus importante que les plus âgés. Selon Davidson, ces résultats concordent avec l’hypothèse selon laquelle l’autisme serait en partie causé par une hyperexcitabilité de l’amygdale, causant la mort prématurée des cellules de cette zone neurale et donc sa dégénérescence progressive. De telles observations ont aussi été menées sur des dépressifs sévères montrant que le cerveau peut ainsi « s’auto-consommer » afin de tenter de répondre au trouble dont il est victime, un peu de la même manière qu’un animal enchaîné peut se manger la patte.
On serait tenté d’extrapoler, à titre d’hypothèses tout à fait gratuites, à des domaines plus positifs. Le cerveau des grands mathématiciens, dont on sait qu’ils ont souvent leur pic de productivité entre 15 et 30 ans, obéirait-il par exemple à une « consumation neuronale » de ce genre, une puissante ébullition créative qui se dissipe par la suite ? Quoiqu’il en soit, le temps est bel et bien une dimension clé de la vie neuronale, aussi bien sur les durées très brèves de synchronisation des signaux électriques que sur les durées très longues de notre développement.
08:00 Publié dans Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : Autisme, Cerveau, Amygdale, Richard Davidson
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